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DOSSIER : Méthanisation à la Ferté-Milon

L’entreprise Endives du Valois a déposé en mars 2018 une demande de permis de construire une unité de méthanisation. Demande à laquelle le préfet a donné un avis favorable en date du 14 août dernier. Le projet prévoit une installation de 3 800 m2 au total, avec deux cuves aménagées à la sortie de l’usine. La coopérative investit 4,2 millions d’euros et espère sa mise en route à l’automne 2020.

Accord donné aux Endives du Valois

Les Endives du Valois ont été créées à La Ferté-Milon en 1983. Cette coopérative regroupant 15 adhérents emploie une soixantaine de salariés, avec un pic de 110 personnes pour la pleine saison d’octobre à mars. 40 tonnes d’endives y sont produites par jour durant cette période.

Michel Gille, l’actuel directeur, a pour sa part intégré l’entreprise en 1984. L’idée de la méthanisation, il l’a eue dès la première année, du fait même de l’activité de l’usine : « Dans le processus de production, les sous-produits d’endives que sont les racines et les épluchages sont stockés ou partent à 80 % dans les champs, explique Michel Gille. Ils se décomposent et dégagent du méthane dans l’atmosphère. Le gros avantage de la méthanisation est tout d’abord de supprimer les odeurs à 99 % car 30 tonnes de racines par jour pourraient aller directement dans le méthaniseur et produire du biogaz. Les racines seront en effet récupérées dans l’usine même, vidées et aussitôt mises dans la trémie d’insertion pour être broyées puis incorporées dans le premier digesteur. » L’objectif est ici d’alimenter le réseau GRDF de La Ferté-Milon et Villers-Cotterêts, avec une production de 80 m3 par heure de biométhane pendant l’hiver et 40 m3 par heure l’été.

Le directeur des Endives du Valois avance d’autres éléments générés par l’unité de méthanisation : « La récupération des éléments fertilisants naturels limitant les engrais chimiques pour les producteurs, la récupération de la chaleur des frigos de l’endiverie pour chauffer les cuves du méthaniseur, l’économie du transport des produits transformés pendant le process et la réduction des gaz à effet de serre. » Michel Gille ajoute encore : « Ce projet est réalisé sur le lieu de production des sous-produits et il permet de réutiliser une friche industrielle où 82 % du tonnage est déjà sur place. »

Michel Gille, directeur des Endives du Valois à La Ferté-Milon.

Les inquiétudes des opposants

Pour autant, le projet de méthanisation ne crée pas l’adhésion totale des habitants de La Ferté-Milon autour de lui, loin s’en faut. Des opposants au projet se sont fait entendre et envisagent même de porter un recours contre l’avis favorable du préfet (lire page suivante). Ils expriment leurs inquiétudes sur plusieurs points auxquels Michel Gille apporte ses réponses :

La proximité des habitations et de l’école
Cette proximité avec l’unité de méthanisation est la principale source d’inquiétude des opposants au projet en cas d’éventuelle explosion. Pour Michel Gille : « Un méthaniseur ne peut pas exploser quand il tourne normalement, il n’y a pas assez d’oxygène et pas de contact avec une flamme. De plus, les règlementations de sécurité sont très contraignantes, le gaz est analysé toutes les 10 à 15 mn par GRDF, la qualité de l’air est très contrôlée et les locaux techniques sont équipés de détecteurs de fumée et de gaz, asservis à des vannes de sécurité. L’incident qui a eu lieu en Bretagne par exemple est dû au fait qu’il y avait une personne qui faisait encore des travaux pendant la mise en route. S’il y avait une explosion, elle ne pourrait d’ailleurs se faire que pendant cette phase de mise en route. »
Le directeur de l’Endiverie s’interroge à son tour : « Dans cette unité de méthanisation, il y aura l’équivalent de 300 kg de gaz en permanence. Mais pourquoi la population ne s’inquiétait pas lorsqu’il y avait encore l’Intermarché avec sa bombonne de 15 tonnes de gaz encore plus proche des habitations ? »

Le trafic routier
Michel Gille assure qu’avec l’unité de méthanisation : « Il y aura tout simplement moins de trafic routier. Du fait que les racines d’endives sortent actuellement de l’usine et sont livrées à l’extérieur, cela représente précisément un nombre de 12,22 passages de camions et de tracteurs par jour. Avec la méthanisation où les racines serviront à alimenter l’unité sur place, ce sera 9,85 passages de camions et cela descend même à 7,31 passages journaliers avec le projet de filtration. »

Les odeurs
Selon le directeur : « Le procédé de méthanisation ne crée pas d’odeurs car il se déroule en milieu hermétique. Environ 98 à 99 % des odeurs disparaissent avec ce procédé, et c’est d’ailleurs pour cela que le projet prévoit une deuxième cuve car ce deuxième digesteur permettra d’être sûr qu’il n’y ait pas d’odeurs. Quant au stockage, les silos seront bâchés pour garder la qualité des matières premières. Il n’y aura aucun stockage à l’air libre de résidus après méthanisation, le digestat sera entreposé dans une cuve étanche gaz. De plus, les émanations de soufre seront filtrées par un système de filtre à charbon. »

L’agrandissement
Face à l’éventuelle idée que l’entreprise décide d’agrandir son unité de méthanisation à l’avenir, Michel Gille répond : “Notre production se fait sur nos 6 mois de grande activité. Il n’y aurait aucun intérêt à construire une plus grosse installation, ce ne serait juste pas rentable.

Les opposants envisagent un recours

Une deuxième réunion des opposants à la localisation du projet d’unité de méthanisation s’est déroulée à La Ferté-Milon, opposants regroupés pour un certain nombre dans l’association Mieux Vivre à La Ferté-Milon (MVFM).

Les porteurs du projet, Michel Gille (directeur de l’endiverie) et Charles Bellet (directeur de la coopérative), étaient présents afin de faire entendre leurs contre-arguments.

La secrétaire de MVFM se remémore : « Notre collectif a vu le jour après la réunion d’information à l’endiverie en octobre 2018, réunion qui nous a alertés plus que rassurés sur les problèmes qu’allaient rencontrer les riverains. » De plus, le fait qu’il n’y ait eu ni concertation en amont avec les Milonais (avant ou après le dépôt de la demande du permis de construire, en mars 2018) ni étude d’impact, en particulier sur le devenir dans dix ou vingt ans, a vraisemblablement créé un sentiment de malaise.

Un intervenant déplore : « On est dans l’incertitude, on nous dit différentes choses sur les risques, les odeurs incommodantes, le trafic des camions. » Les anti-projets affirment que le risque d’odeurs au quotidien est tout à fait possible et que, si les racines d’endives n’auront certes plus à sortir du site (NDLR : elles iront dans le méthaniseur sur place), le transport des citernes de digestat vers les zones d’épandage devrait occasionner le passage de douze camions de 44 tonnes par jour en plus.

Un autre intervenant met rapidement les pieds dans le plat : « Le risque d’explosion est minime, mais il est là. » En effet, de 1992 à 2017, 18 cas d’incendie et 15 cas d’explosion ont été recensés en France par le ministère de l’Environnement, c’est-à-dire à une époque où la méthanisation était encore réduite. Fin 2010, il existait une centaine de lieux, mais désormais beaucoup plus. Et selon MVFM, « si l’on se fie aux articles parus dans la presse, les cas ont été bien plus nombreux ». De plus, le ministère ne recense pas les accidents.

La proximité en question

L’une des craintes des Milonais présents est la proximité (moins de 50 mètres) du futur méthaniseur avec le seul point de captage d’eau potable à La Ferté-Milon. Un intervenant s’insurge sur le fait que « le captage est fragile, ce n’est pas seulement une question de distance ; s’il y a la moindre explosion, la voûte du captage s’effondrera et l’on sera tous à l’eau minérale pendant un an ». Néanmoins, la loi autorise la construction d’un méthaniseur s’il est à plus de 20 mètres d’un point d’eau potable.

Autres sujets très sensibles pour certains membres de l’assistance : « Les habitations les plus proches qui risquent de perdre de leur valeur ou même être invendables » ; « la proximité de l’école primaire à 500 mètres et du lycée technique, avec le risque que des parents ne viennent pas s’installer à La Ferté-Milon, d’où perte d’élèves potentiels » ; « le possible amalgame dans un récent bulletin municipal au sujet des emplois qui pourraient être menacés à l’endiverie si les opposants obtenaient gain de cause ». Le point d’orgue de la réunion est le témoignage de Patrick Bisbrouck, qui habite à 200 mètres du site de méthanisation d’Ussy-Sur-Marne : « Avec un problème de vent dominant, la méthanisation, ça sent mauvais quand on en est proche, à cause de la torchère et du soufre à l’intérieur de la cuve. J’ai même eu de mauvaises odeurs à seulement 3 degrés. Et une question que vous devez vous poser, c’est comment sera tenu le site : sur celui près de chez moi, il y a des écoulements d’eau mal gérés, ça sent mauvais. Je subis aussi le passage des camions, la poussière et la dérive qui a eu lieu, à savoir l’introduction du lisier comme intrant, ce qui n’était pas prévu ; cette dérive-là, personne à La Ferté-Milon ne l’intègre au projet au jour d’aujourd’hui. »

Les opposants au projet réunis à La Ferté-Milon le 24 mai dernier.

Plus beau village de France ?

une intervenante le dit de façon péremptoire aux porteurs du projet : « Des intrants végétaux du début, à l’envie de passer aux intrants faits de matières organiques, carnées, avec rotations supplémentaires de camions, qui nous garantit qu’un jour, vous n’allez pas introduire autre chose ? Nous n’avons aucune garantie. »

Michel Gille se défend : « Notre projet sera une petite boucle, une unité de taille moyenne presque quatre fois plus petite que celle d’Ussy, juste deux digesteurs ; tous les mois, on devra déclarer à la préfecture ce qu’on mettra, on ne peut pas mettre n’importe quoi. » À ceci, les opposants répliquent qu’il suffit d’une déclaration en préfecture pour changer les intrants.

Par ailleurs, une dame dans le public s’interroge : « pourquoi la mairie est d’accord avec la localisation du futur méthaniseur alors que d’autres mairies se sont mobilisées contre des projets identiques ».

De son côté, MVFM, qui a aussi déploré la passivité de la mairie pendant la période de consultation, a emmené le député Jacques Krabal voir l’emplacement du projet, entraînant son étonnement devant la proximité avec les maisons les plus proches. Il s’est engagé à transmettre une lettre au ministre concerné, en particulier pour faire évoluer la loi sur la distance minimale.
De plus, l’association ironise sur le fait que le méthaniseur sera visible du château de Louis d’ Orléans alors que la commune vient de participer au concours du plus beau village de France, et revendique comme seul et unique but que le méthaniseur, en raison du principe de précaution, soit construit à au moins 200 mètres de la première habitation (NDLR : elle est à 53 mètres pour le moment). En effet, comme le résume l’ancien conseiller municipal Jacques Damon lors de la réunion du 24 mai, « le seul débat, c’est la localisation ».

Quant à MVFM, la secrétaire expose où en est leur action : « Lors de notre rendez-vous avec le sous-préfet le 12 juin, où étaient aussi présents les représentants du projet, de la mairie et un médiateur, nous avons pu nous exprimer et nous espérons avoir été entendus. Puis, lors des deux réunions de groupes de concertation les 6 et 8 juillet, rassemblant des représentants de la mairie, du projet, de MVFM et des Milonais, nous avons survolé le dossier sans entrer dans les détails. Les thématiques ont été posées, mais nous espérons pouvoir les approfondir. »

Sans envisager de coup de force comme ce fut le cas à La Neuville-Lès-Dorengt le 8 juillet pour un autre projet d’unité de méthanisation, MVFM compte déposer des recours auprès du tribunal administratif étant donné que le préfet a rendu un avis favorable au projet le 14 août.

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Carnet de voyage en e-administration

Les rapports et les demandes auprès des administrations n’ont jamais été simples, toutes époques confondues. Aujourd’hui, une nouvelle donne entre en compte : l’e-administration ou la transformation numérique des services.

Celle-ci étant encore loin d’être opérationnelle, voici ce que peut être « la galère administrative » dans laquelle a vogué ici la Société Historique de Soissons pendant une année, avec pour ce qui la concerne les services de la région Hauts-de-France.

A savoir que l’association soissonnaise organise un colloque gratuit les 29 et 30 novembre à la Cité de la musique et de la danse de Soissons, nommé « A la conquête des ruines » sur la première reconstruction de 1918 à 1920. Le récit relaté pour nous par Denis Rolland, le président de la SHS, débute au :

31 janvier 2019, par le dépôt sur le site de la Région d’une demande de financement au titre du PRAC (NDLR : Projet à rayonnement artistique et culturel). La particularité du site est qu’il n’y a ni adresse, ni mail, ni numéro de téléphone pour se renseigner.

Début avril, sans nouvelle, et surtout sans le nom d’une personne référente, j’adresse un message à François Decoster, alors vice-président de la Région chargé de la culture.

11 avril, je reçois un message de L. L. m’invitant à répondre à un sondage.

12 avril, j’ai enfin un nom et une adresse, j’adresse donc un message à L. L. qui me répond : « Votre dossier est en cours d’instruction et a été traité pour l’instant par la gestionnaire V. T. que je mets en copie. Je vous demande de vous rapprocher de cet agent afin qu’elle puisse vous donner plus de précisions sur votre dossier. »

20 avril, V.T. me répond : « Je suis absente jusqu’au 6 janvier inclus. N’hésitez pas à prendre contact avec Mme O. pour demande d’information. »

23 avril, nouveau message de V.T. : « Votre dossier est suivi par R.C., vous pouvez prendre contact avec lui pour savoir où en est l’instruction. »

Dans les jours qui suivent, j’appelle le numéro donné, cela ne répond jamais et la boite vocale indique le nom d’une autre personne. Je finis par laisser un message en précisant qu’il est destiné à R. C. Pas de réponse.

Début mai, je me rends à l’antenne régionale de Gouraud, je rencontre M. F, après différents appels il finit par joindre R. C. qui lui dit : « Oui normalement le dossier est éligible mais il faut que je vois avec ma collègue Mme X, si c’est nous qui suivons ce dossier car nous ne savons pas s’il relève de la culture ou du patrimoine. »

Courant juin, je retourne voir M. F. qui me dit : « J’ai une info, votre dossier devrait passer en commission en juillet. »

Début septembre, je retourne voir M. F., il lance plusieurs appels tous sans réponse, laisse des messages avec mes coordonnées. Sans résultat.
11 octobre, nouvelle visite à M. F.. Il lance encore différents appels, sans réponse et finit par avoir quelqu’un qui lui dit : « R.C. ne s’occupe plus de cela, il faut contacter M.S. »

15 octobre, j’appelle M. S. qui est continuellement sur répondeur, je laisse deux messages.

18 octobre, je rappelle : toujours sur répondeur.

21 octobre, mail de M.S. : « Monsieur Rolland, votre dossier est inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée de novembre. » Sachant que notre demande a été déposée sur le site de la Région le 31 janvier 2019 dernier, c’est-à-dire il y a presque 10 mois, pour un colloque qui se déroulera fin novembre.

23 octobre : M. Engrand, conseiller régional de Soissons, m’appelle pour me dire que Christophe Coulon (vice-président de la Région) va m’adresser un mail pour me dire que nous n’aurons rien car, selon le directeur de la culture, notre colloque n’est pas éligible car trop scientifique.

Pourtant le message de la région du 21 octobre dit que notre dossier sera soumis à la commission de novembre. Or ne sont soumis à la commission que les dossiers éligibles. Notre dossier serait donc éligible ? J’entends déjà nous dire qu’une aide n’est pas une obligation. Je réponds que je le sais, mais en revanche une réponse dans un délai raisonnable est bien un dû. Si en juin nous avions eu une réponse négative, nous nous serions posés la question de la continuité de notre action. A un mois de cette manifestation, je me vois mal dire à tous les chercheurs qui ont préparé leurs interventions : « Circulez, il n’y a plus rien à voir ! » 15 jours avant ce colloque nous en sommes là : 10 mois de pleine incohérence.

Pas démobilisée, mais sans aides de la Région, la Société Historique de Soissons organisera bien son colloque « A la conquête des ruines » les vendredi 29 et samedi 30 novembre à la Cité de la musique et de la danse de Soissons.

Colloque :
« A la conquête des ruines »

Vendredi 29 & Samedi 30 novembre 2019

SOISSONS
Cité de la Musique
Parc Gouraud

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De Soissons à Kinshasa : la deuxième vie des livres

Des livres scolaires destinés à être jetés sont collectés par Education-solidaire.org et son président Thierry Birrer, pour qu’ils trouvent une seconde vie dans les mains d’écoliers congolais.

Journaliste « free-lance », Thierry Birrer réalise des reportages en France et à travers le monde. Il se rend par exemple régulièrement dans les Balkans pour témoigner du sort des réfugiés du Proche-Orient. Ce Soissonnais de 61 ans se définit lui-même comme « auteur – reporter ». A l’évidence, l’écriture et le livre font partie intégrante de sa vie, autant professionnelle que personnelle. Si ce n’est par pure générosité, rien d’étonnant alors à ce que Thierry s’engage dans une action humanitaire visant à fournir des livres et manuels scolaires aux élèves congolais.

L’étonnant réside en revanche dans la genèse du projet : « Je suis parti l’année dernière au Congo dans le cadre d’une coopération artistique entre les villes de Château-Thierry et Kinshasa, la capitale de la république démocratique du Congo, explique-t-il. J’ai été frappé par les difficultés de la vie quotidienne. J’ai d’emblée voulu développer un projet co-environnemental et c’est en découvrant la bibliothèque de l’école que l’idée de l’action s’est imposée d’elle-même : l’étagère pourtant nommée “bibliothèque” ne contenait en tout et pour tout que quatre livres pour 3 196 élèves ! (voir photo). Avec le nombre de livres et de manuels scolaires qui sont jetés chaque année en France, ceux-ci peuvent faire le bonheur des élèves congolais. »

Devant l’étagère « bibliothèque » : Jean-Albert Kananga, le directeur de l’enseignement primaire 1 à Mombele (un quartier de Kinshasa) qui compte 990 élèves. Mais la « bibliothèque » en question sert aussi pour l’EP2 (Enseignement primaire 2) et l’EP4 qui comptent respectivement 1126 et 1080 élèves. Cette étagère « bibliothèque » est tout ce qu’il y a comme livres pour 3196 élèves !
Saju (du Bangladesh) et Badal (du Pakistan), tous deux âgés de 18 ans et scolarisés en CAP au lycée des métiers le Corbusier à Soissons, aident Thierry Birrer dans sa collecte, ici dans les locaux de la PEEP à Longueau qui a offert des milliers d’ouvrages.

Le projet est engageant, faut-il encore le mettre sur pied. Qu’à cela ne tienne, Thierry Birrer a créé une structure type ONG nommée « Education-solidaire.org ». Il s’est très vite rapproché de plusieurs établissements scolaires soissonnais comme L’Enfant Jésus, Saint-Paul, Saint-Rémy, Saint-Just et l’école de Crouy pour collecter des livres. Parallèlement, France Info a eu vent de son action et en fait l’écho sur ses ondes, suivie dans la foulée par d’autres médias. L’information a alors circulé jusqu’à la ville de Fougères en Bretagne qui a tenu à participer à la collecte. De même, l’Académie d’Amiens a elle aussi fait appel à Thierry : « Elle change ses manuels scolaires suite à la réforme des programmes. 12 m3 partaient à la benne, souligne-t-il, avec certains livres qui n’ont même pas été ouverts, des calculettes neuves ou des flûtes. Cela aurait été de la pure perte d’argent public. »

L’objectif est de collecter 24 tonnes de livres pour remplir un container entier qui partira en cargo direction le Congo. Les ouvrages déjà collectés sont pour l’heure stockés dans des boxes prêtés par la société des Déménageurs Bretons. C’est pourquoi Education-solidaire.org est à la recherche d’un nouveau local de stockage, celui-ci devant être en terre-plein pour pouvoir décharger la cargaison dans le container qui arrivera à Soissons. Et pour la livraison jusqu’en Afrique ? Là-encore Thierry Birrer ne manque pas d’initiative : « L’idée est de voyager sur le cargo pour un 1 € symbolique, car je vais profiter de suivre le container pour en faire un reportage dans une revue spécialisée. »

L’opération devrait se dérouler en janvier, mais Thierry a déjà joué les éclaireurs il y a quelques semaines en présentant une centaine de livres dans une école de Kinshasa : « L’accueil a été grandiose, les élèves sont tombés en pâmoison devant les livres français si bien illustrés, à l’inverse de leurs quelques vieux livres déchirés. Le voyage m’a confirmé que les besoins sont énormes, à commencer par cette école dans la savane où j’avais aussi amené des livres. Mais l’école a brûlé, et les livres avec… »

Loin de se démobiliser, « l’auteur – reporter » soissonnais annonce d’ores et déjà que « l’histoire va durer 2 ans de plus, au moins jusqu’en octobre 2021, car nous récupèrerons les manuels de terminales dont les programme vont aussi changer. » Thierry Birrer renouvelle donc son appel aux dons de livres, même aux particuliers : « Plutôt que de les jeter, dit-il, un livre qui passe de main en main pour que l’apprentissage perdure, n’a pas de valeur. »

Appel aux bonnes volontés

Thierry Birrer a mis en place l’action d’Education-solidaire.org avec ses fils et sa fille. Cependant, elle nécessite aussi un engagement personnel. La tâche consiste à faire la collecte des livres, les conditionner et effectuer des petites réparations. Le manque de mains se fait donc sentir, c’est pourquoi l’association lance un appel pour que des bénévoles les rejoignent, « s’ils veulent participer à un projet coopératif, culturel et lié à l’éducation ».

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La 1ère classe orchestre en formation

Des écoliers de Soissons ont perçu avec bonheur un tout nouvel équipement : les instruments de musique qui les accompagneront pour le projet de classe orchestre dans le Soissonnais.

La première prise en main des nouveaux instruments avec leurs professeurs de la CMD.

A l’école Saint-Crépin de Soissons, les enfants de la classe de CE2 ont ressenti un avant-goût de Noël trois mois en avance. Impatients, les yeux écarquillés devant la mallette qui s’offrait à chacun d’entre eux, il leur tardait de découvrir et prendre en main « leur cadeau », à savoir des trombones, cors d’harmonie, euphoniums et cornets. Quatre types d’instruments à vent choisis par les élèves pour composer la section cuivres de la toute nouvelle classe orchestre. En guise ici de Père Noël et Mère Noël : GrandSoissons Agglomération et la Cité de la musique et de la danse.

Dans la continuité du dispositif DEMOS auparavant proposé dans des établissements scolaires du Soissonnais, les élus de l’agglomération ont en effet voulu mettre en place ce projet musical nommé « classe orchestre ». Dans un même temps, il enrichit le projet pédagogique et culturel de la Cité de la musique et de la danse dans sa mission d’éducation artistique.

« Un an de réflexion a été nécessaire pour trouver l’équipe pédagogique motivée à participer à cette action, souligne Benoît Wiart, le directeur de la CMD. C’est chose faite avec la classe de CE2 de l’école élémentaire Saint-Crépin, dont l’enseignante apprend d’ailleurs la pratique de son instrument en même temps que ses élèves. » La classe s’est ensuite essayée aux quatre instruments durant quatre semaines pour que chaque élève détermine l’instrument qu’il suivra et qui le suivra durant les trois années de l’action.

Car le projet se décompose en trois phases :

  • L’ouverture de la classe orchestre cuivres (CE2) en cette rentrée 2019.
  • La poursuite de la classe cuivres à Saint-Crépin (CE2 et CM1) et l’ouverture d’une classe orchestre instruments à bois dans une autre école (CE2) à la rentrée 2020.
  • L’ouverture d’une classe orchestre instruments à cordes dans une troisième école (CE2) à la rentrée 2021.

La finalité étant d’avoir les trois classes orchestres cuivres, bois et cordes (CE2, CM1 et CM2) dans les trois écoles à la rentrée 2023. Elles formeront alors un véritable orchestre symphonique composé de 240 écoliers du Soissonnais.

L’ambition affichée est d’ouvrir la culture aux enfants du Soissonnais, plus précisément la pratique instrumentale aidant à favoriser la réussite scolaire et personnelle, et cela pour un public pouvant en être éloigné. Le choix de la première classe orchestre à l’école Saint-Crépin située dans un quartier prioritaire de la politique de la ville en est l’application concrète. « L’action aura un impact sur les enfants et la vie du quartier, confirme Benoît Wiart. Au-delà de l’apprentissage de leur instrument, les élèves s’ouvriront ainsi à la musique et à l’extérieur avec plusieurs rencontres dès la première année. »

Premiers rendez-vous inscrits au programme de la classe : une rencontre avec la classe cuivres de Laon, une représentation en première partie d’un groupe de très haut niveau, Mnozil Brass le 6 juin à Soissons.

Classes bois et cordes : appel à candidatures

Avant de débuter ce projet, la Cité de la musique et de la danse, portée par GrandSoissons Agglomération, a travaillé en concertation avec les services jeunesse et éducation de la Ville de Soissons et l’Education Nationale. Le budget pour l’année 2019/2020 est d’environ 19 000 euros dont 16 000 euros d’investissement pour les instruments. Il sera moindre les années suivantes car le plus grand poste de dépense est l’achat des instruments.

Pour la suite du projet, la CMD le pilote directement en partenariat avec les écoles concernées. Si la première classe orchestre s’est ouverte à l’école Saint-Crépin de Soissons, la CMD n’a pas encore choisi les deux autres établissements pour les futures classes bois et cordes. Elle lance un appel à candidatures d’autres écoles intéressées et disposant avant tout de locaux adaptés à l’action. Il convient également de prévoir un lieu de stockage aménagé et sécurisé pour entreposer les instruments. Le dispositif se déroule durant le temps scolaire à raison d’au moins une heure par semaine. L’apprentissage est basé principalement sur l’oralité, l’utilisation du codage, ou le recours à une formule mixte.

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P U B L I C I T É
LA MARMITE D’EDDIE – Corporate – 09-2018

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