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Rockwool : le bilan de la concertation

Les dirigeant de Rockwool sont allés à la rencontre de la population pour expliquer leur projet et échanger avec les habitants. 300 personnes ont pris part aux cinq réunions publiques.

Le groupe Rockwool, producteur de laine de roche pour l’isolation, prendra sa décision définitive de construire une usine de fabrication sur la zone du Plateau Ploisy-Courmelles à l’été 2019. Toutes les études détaillées et les demandes d’autorisations seront alors déposées avant enquête publique début 2020. L’heure n’est en effet qu’aux études de faisabilité, mais le groupe a pris l’initiative de proposer une concertation préalable de cinq réunions publiques, conduites par un garant neutre de la commission nationale du débat public. « Cette concertation volontaire a pour but d’informer la population sur le projet et de répondre à toutes les questions, explique Maurice Laboue, le directeur du projet soissonnais de Rockwool. Mais aussi de recueillir les avis et d’entendre les suggestions pour enrichir le projet, puis nous le ferons évoluer en fonction de ces échanges avant de poursuivre les études. »

Les dirigeants du groupe Rockwool ont échangé avec la population, ici à la réunion de clôture à Cuffies.

LE PROJET

Rockwool est un groupe d’origine danoise fondé en 1937, leader mondial de la laine de roche. Il représente 11 000 salariés sur 45 usines dans 39 pays. Il fabrique des panneaux isolants à partir de roches éruptives, de minéraux, de matières premières et secondaires.

Une filiale française a été créée en 1978 à Saint-Eloy-les-Mines en Auvergne. La genèse du projet soissonnais est née avec la volonté de Rockwool de créer une nouvelle usine en France. D’un côté, les développements successifs de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines ne permettent plus d’augmenter sa capacité de production. De l’autre, le groupe voit des perspectives de développement sur le marché français et en région parisienne plus particulièrement, mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

De fait, les dirigeants de Rockwool se sont positionnés sur une possible implantation dans le Soissonnais pour plusieurs raisons : « La proximité des marchés pour limiter les distances de transport ; le terrain prédisposé à recevoir un équipement industriel sur la ZAC du Plateau ; un grand espace disponible de 39 hectares permettant d’envisager de futurs développements ; une desserte routière de qualité avec la RN2 ; l’accueil favorable des collectivités. »

L’usine serait organisée ainsi : un site de réception et de stockage des matières premières ; des bâtiments dédiés à la production de laine de roche avec un four fonctionnant à l’électrique ; un espace logistique pour l’expédition des produits finis ; un bâtiment dédié aux services administratifs et aux salariés.

Un premier projet d'usine défini par Rockwool, attention cette vue des bâtiments n'est pas définitive.

Selon les caractéristiques de l’usine, le groupe prévoit de produire 110 000 tonnes de laine de roche par an, correspondant à l’isolation complète d’environ 80 000 maisons individuelles. L’usine sera construite avec trois cheminées dont la principale est à l’étude pour ne pas dépasser 50 mètres, et ainsi conserver l’aérodrome de Soissons – Courmelles sur son actuel terrain. Elle génèrera un trafic d’environ 100 camions par jour sur la zone du Plateau (200 allers -retours) sauf le week-end. A savoir que le trafic actuel sur la RN2 est supérieur à 19 000 véhicules par jour en semaine. Il est également annoncé 130 à 150 emplois directs et 300 à 400 emplois indirects.

L’emploi et les retombées économiques

Le groupe Rockwool annonce que son projet sera créateur d’emplois. Pendant la construction de l’usine d’une part, avec 80 personnes mobilisées en moyenne pendant 18 mois, et des pics à 300 personnes. Et surtout en phase d’activité, avec 130 à 150 emplois directs créés. Ces emplois concernent des personnes diplômées du CAP au BAC + 5 pour des postes de caristes, ouvriers qualifiés, responsables de ligne, personnel administratif et ingénieurs. Rockwool affiche une volonté de recruter localement et prend exemple sur son usine de Saint-Eloy-les-Mines dont 90 % des employés habitent à moins de 30 km.

Le groupe reproduira également la même politique salariale, selon la convention collective « carrières et matériaux » : 97 % des salariés ont un contrat CDI ; primes de postes, 13e mois, primes vacances, primes d’ancienneté ; une participation versée chaque année et qui peut représenter jusqu’à deux mois de salaire…

En terme de développement économique, Rockwool voit un projet vecteur de 300 à 400 emplois indirects. Il seront mobilisés dans plusieurs secteurs :

  • Logistique (pour les matières premières et les produits finis) : de 6 à 7 millions d’euros par an en travaillant avec plusieurs transporteurs régionaux.
  • Gardiennage, nettoyage, blanchisserie et entretien des espaces verts.
  • Achat de matières premières locales : palettes en bois, films plastiques, dolomie, laitier de fonderie…
  • Maintenance : de 3 à 4 millions d’euros par an de dépenses externes estimées.

D’autres retombées sur le territoire sont évoquées : l’hébergement (surtout pendant la phase de construction), la restauration, les transports publics, la mobilisation des centres de formation ou le développement commercial.

Les déchets

Rockwool atteste une production très réduite de déchets. Patrice Foury, le responsable sécurité, environnement, qualité et développement durable précise que « les déchets de laine de roche représentent la majorité des déchets, et ils seront recyclés à 100 % dans le four électrique. Les autres déchets sont les plastiques et les palettes qui seront recyclés ou valorisés, et les activités de maintenance, traitées en filière adaptée. De plus, la ferraille obtenue au cours de la fusion est revendue à des aciéries. »

L’eau

La consommation d’eau pour le projet soissonnais est évaluée à 10 m3/ h maximum, soit 80 000 m3/ an, ce qui représente la consommation d’eau annuelle de 700 ménages. Elle est utilisée pour la dilution du liant, le refroidissement et le lavage des équipements.

L’eau proviendra de la récupération des eaux de pluie (entre 5 et 30 % selon la pluviométrie) et du réseau d’alimentation en eau potable, mais aucune station de pompage n’est prévue. En revanche, un traitement et une réutilisation en interne des eaux industrielles sont programmées. Les rejets dans le réseau des eaux usées proviendront des sanitaires et du traitement pour l’adoucissement de l’eau.

Les rejets atmosphériques

L’usine Rockwool sur la ZAC du Plateau fonctionnera avec un four électrique. Pour Patrice Foury, le responsable sécurité – environnement : « Ce processus de fusion divise par 7 la quantité de CO2 par rapport à un four fonctionnant au coke (NDLR : à charbon). Nous mettrons de plus en œuvre les meilleurs techniques disponibles en terme de filtres, brûleurs et abattement. »

A la sortie des cheminées d’une usine de laine de roche, on retrouve ces rejets : dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, poussières, ammoniac, phénol, formaldéhyde et COV (composés organiques volatils).

A l’occasion des réunions de concertation préalable, les dirigeants du groupe ont présenté les mesures des rejets de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines en comparaison avec les valeurs limites. A savoir toutefois que Saint-Eloy ne présente pas du tout les mêmes caractéristiques que le projet soissonnais puisque l’usine auvergnate est située dans une cuvette en cœur de ville, elle fonctionne avec trois lignes de production dont deux fours à coke et produit 240 000 tonnes de laine de roche. Pour rappel, l’usine soissonnaise se situeraient en hauteur sur le plateau de Ploisy-Courmelles, elle fonctionnerait avec une seule ligne de production électrique pour produire 110 000 tonnes de laine de roche.

En 2018, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air en France) a étudié la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines et a publié ses conclusions.

Dioxyde d’azote : « Les niveaux de dioxyde d’azote, polluant essentiellement lié à la circulation automobile, peuvent être considérés comme faibles. »

Particules fines (PM10) : « Les relevés de particules en suspension PM10 sont conformes à ceux habituellement enregistrés dans la région, avec une réelle homogénéité spatiale. »

Dioxyde de soufre : « Les niveaux de dioxydes de soufre sont très faibles, les plus faibles enregistrés depuis la mise en place des campagnes de suivi sur la commune. »

Phénol, formaldéhyde et ammoniac : « les niveaux sont homogènes et ne révèlent aucun impact réellement quantifiable en provenance de l’usine. […] Les valeurs sont très en deçà des seuils préconisés par les organismes de référence […] »

De fait, les dirigeants de Rockwool se targuent d’avoir « un impact très faible sur la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines » et voient à Soissons des rejets moindres du fait de l’utilisation de l’électrique et non de l’énergie fossile et d’une production dans tous les cas bien inférieure. Ils précisent cependant que les concentrations et les volumes de rejets sur le projet soissonnais seront déterminés précisément dans l’étude d’impact à venir, réalisée en vue de l’enquête publique.

La gestion des nuisances

Tout au long des réunions publiques, Matthieu Biens, le directeur marketing et développement de Rockwool, et le directeur du projet Maurice Laboue ont rappelé qu’avant l’implantation de l’usine, le groupe doit nécessairement suivre un processus d’autorisation qui passe par la réalisation d’un dossier d’étude d’impact dans plusieurs domaines (eau, rejets, faune/flore, trafic, bruit, luminosité, odeurs, santé…), un dossier d’étude de dangers, puis l’instruction du dossier par les services de l’Etat et l’Agence Régional Santé, suivie de l’enquête publique et enfin la délivrance d’un arrêté préfectoral avec ses exigences environnementales.

Le bruit

Les sources de bruit de l’usine seront liées au procédé de fabrication (turbines, extracteurs…) et aux convoyeurs ; aux flux logistiques des camions et chariots élévateurs. Par rapport à sa situation sur la ZAC du Plateau, Rockwool précise que « les habitations les plus proches sont à 800 mètres et que la zone bénéficie d’un écran de verdure permettant d’atténuer la propagation du bruit ». De plus, le groupe entend utiliser ses produits « pour renforcer les protections sonores, des silencieux sur les équipements les plus bruyants et des équipements conçus pour cantonner les sources de bruit à l’intérieur des bâtiments. » En ce qui concerne les flux logistiques, les horaires de livraisons, de chargements et d’expéditions se feront en journée et en semaine.

Les poussières / lumières / odeurs

Selon Rockwool : « Toutes les origines possibles de poussières sont captées et/ou filtrées ». Les sources de poussières sur le site – hors rejets des cheminées – proviennent des matières premières (roches) et des produits finis (fibres), sachant que les stations de déchargement des matières premières seront couvertes.

Pour ce qui est de la pollution lumineuse, le groupe annonce que « l’activité principale est concentrée à l’intérieur des bâtiments quand l’éclairage extérieur est limité à l’éclairage de sécurité et la mise en stock des produits. Des mesures de réductions seront tout de même envisagées avec un éclairage dirigé vers le sol, l’extinction automatique et l’éclairage LED ».

A propos des odeurs, les dirigeants assurent : « Autour des sites Rockwool, aucune odeur n’est perceptible. Les sources d’odeurs potentielles pourraient provenir du four à coke mais ce ne sera pas la cas ici du fait de l’utilisation de l’électrique. »

L’électricité

L’usine aura un besoin électrique de 30 MW au maximum, dont 20 MW pour le four électrique. Un raccordement sera donc nécessaire au réseau à haute tension exploité par RTE. Une procédure de raccordement est en cours. A ce stade, il est envisagé de réaliser une liaison souterraine directe entre le poste RTE de Soissons-Notre-Dame et le poste électrique Rockwool à créer dans la parcelle. Les câbles seront enterrés à 1,50 m de profondeur et invisibles après travaux.

Le paysage

Dans son projet sur la ZAC du Plateau, Rockwool prévoit le bâtiment de fusion électrique à une hauteur de 30 m environ avec d’autres bâtiments à une hauteur maximum de 15 m. Pour les trois cheminées : le groupe travaille pour que la cheminée « fibrage » ne dépasse pas les 48/50 m avec un diamètre d’environ 3,5 m. La cheminée « fusion » : 35 à 40 m avec un diamètre inférieur à 1 m. La cheminée « cuisson / refroidissement » : environ 30 m et un diamètre de près de 2 m. En sortie de cheminée, un panache sera visible sur la cheminée « fibrage » selon les conditions météorologiques.

Pour favoriser l’intégration de l’usine dans le paysage, le groupe a envisagé des mesures : « Un travail architectural à mener dans le cadre de la réalisation des dossiers de demande d’autorisation environnementale et de permis de construire ; une intégration paysagère des cheminées qui doit tenir compte des impératifs de sécurité aérienne ; la volonté de mettre en œuvre des aménagements paysagers complémentaires. »

Les questions de la population à Rockwool

A l’occasion de la réunion de clôture du 5 février, le garant de la concertation préalable, François Desmazière, a établi que 300 personnes au total ont participé aux cinq réunions successives à Courmelles, Belleu, Soissons, Chaudun et Cuffies. Durant les échanges au cours desquels le public a pu s’exprimer et poser ses questions sur le projet, le garant a comptabilisé 130 interventions. A celles-ci s’ajoutent trois contributions : celles du collectif de riverains de Berzy-le-Sec, Chaudun, Courmelles, Missy-aux-Bois, Soissons et Vauxbuin, du collectif de riverains de Dommiers et du Réseau de transport d’électricité (RTE). Il est à noter que seulement 405 visiteurs sont allés sur le site internet de la concertation préalable ouvert depuis le 18 décembre. François Desmazière n’y a reçu que 5 questions et 4 avis.

Le public est beaucoup intervenu durant la concertation, comme ici à Chaudun.

La concertation a bien sûr eu le mérite de débattre sur plusieurs points et préoccupations. En voici les principales interventions :

L’usine sera-t-elle classée Seveso ?

Maurice Laboue (directeur du projet) : « L’usine ne sera pas classée Seveso car elle ne fabriquera pas son liant, au contraire du site de Saint-Éloy-les-Mines. »

La toxicité du liant est-elle importante et quelles sont les conditions de sécurité nécessaires au stockage ?

Maurice Laboue : « Le liant sera stocké en silos, avec des bassins de rétention qui renforceront la sécurité. Concernant le liant, sa base est le formol, produit qui nécessite effectivement quelques précautions. Toutefois, les risques principaux d’exposition de la population vis-à-vis du formol sont à l’intérieur de chaque habitation. »

Les rejets vont-ils se rendre dans la vallée et densifier le brouillard ?

Bernard Combel, membre des Ailes Soissonnaises : « Lorsqu’une perturbation cyclonique arrive de l’ouest, en provenance de l’Atlantique, elle fait monter les fumées. En cas d’anticyclone, elles vont se rabattre vers le sol. Or, en cas d’anticyclone, les vents sont en provenance du nord-est ou de l’est et se dirigent vers l’ouest, ce qui éloignera les fumées de Soissons. Dans les deux cas de figure donc, il n’y aura pas de conséquences. »

Quelles sont les conséquences de l’ammoniac et du phénol sur les cultures comme le blé ou le colza ?

Patrice Foury, responsable environnement : « Dans le cas du phénol, l’impact au sol et dans l’atmosphère est si faible qu’il n’est pas mesurable. Concernant l’ammoniac, la dispersion est forte et l’ammoniac est un élément déjà présent dans l’atmosphère puisqu’il est généré par la décomposition des matériaux végétaux, les digestions animales, les engrais, les activités organiques. L’impact précis de l’usine Rockwool sera évalué au cours des études à venir. »

La température des rejets issus de la cheminée est-elle élevée ?

Maurice Laboue : « L’air rejeté est globalement chaud, environ 50 degrés, et humide. La visibilité de la fumée est tributaire de la température extérieure : si l’air est frais, la fumée est visible ; à température moyenne, elle n’est quasiment pas visible. »

Quel serait l’impact de l’usine en projet sur les cultures bio aux alentours ?

Jean-Marie Carré, président de GrandSoissons Agglomération : « J’ai fait des recherches et de nombreuses productions bio sont en activité dans la région de Saint-Éloy-les-Mines. Aucun frein à leur activité n’a été engendré par l’usine Rockwool. »

Dans le cas d’une cheminée à 50 mètres inférieure à Saint-Eloy-les-Mines, l’aérodrome ne risque-t-il pas d’être déplacé et la hauteur de la cheminée augmentée sur le long terme ?

Maurice Laboue : « A Saint-Éloy-les-Mines, la cheminée est d’une hauteur de 85 mètres car l’usine est implantée en pleine ville. Dans le Soissonnais, la contrainte vis-à-vis de l’aérodrome est de ne pas dépasser 202 mètres d’altitudes : la cheminée ne doit pas donc pas aller au-delà de 47,5 mètres pour permettre une cohabitation. Compte-tenu de la configuration du site, des vents, et des études sur l’air chaud qui a été menée, le premier modèle de dispersion est satisfaisant. La décision sur la cohabitation avec l’aérodrome revient à la Direction Générale de l’Aviation Civile. »

Quel sera le coût du raccordement électrique et qui va payer ?

Aurélien Lespinasse (RTE) : Le coût n’a pas encore été arrêté mais il sera assumé par le client, à savoir Rockwool.

D’où viennent les matières premières ?

Maurice Laboue : « Pour l’heure, ce paramètre n’a pas encore été fixé. A priori, la roche volcanique proviendra de l’Est de la France, des Vosges ou des Ardennes. Le laitier proviendra probablement du nord de la France. Si de la dolomie est utilisée, des sites se trouvent dans le bassin parisien. Concernant la bauxite, utilisée en très petite quantité, Rockwool s’approvisionnera surement en Sardaigne ou en Grèce. »

Est-il envisagé d’utiliser des transports du Soissonnais ?

Maurice Laboue : « Dans la mesure du possible, Rockwool fera appel à des transporteurs locaux qui sont plus pertinents à effectuer cette mission. »

Quelles sont les ambitions de développement de Rockwool ?

Maurice Laboue : « Une deuxième ligne de production n’est pas prévue par Rockwool. Toutefois, le développement sur la parcelle peut s’orienter vers un atelier de transformation visant à fabriquer des produits dérivés. »

Le calendrier prévisionnel

Le directeur du projet Maurice Laboue a annoncé que Rockwool prendra sa décision finale pour s’implanter sur la ZAC du Plateau au milieu de cette année 2019. L’enquête publique se déroulera durant les 1er et 2nd trimestres 2020. Puis en fonction des autorisations préfectorales, les travaux de construction de l’usine pourraient débuter dès la mi-2020 pendant 1 an et demi, avec l’objectif de démarrer la production au début de l’année 2022.

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RN2 : un axe tout neuf entre Soissons et Villers-Cotterêts

Les services de l’Etat de la DIR Nord (Direction Interdépartementale des Routes) viennent de rénover 7 km de chaussée sur la RN2, de Saint-Pierre-Aigle à Villers-Cotterêts dans le sens Soissons – Paris.

Nicolas Basselier (préfet de l’Aisne), Olivier Nouhen (directeur de projet de la SIR Est) et Xavier Matykowski (directeur adjoint de la DIR Nord) étudient l’avancée des travaux au bord de la RN2.

Il devenait urgent pour les 15 000 véhicules qui empruntent chaque jour la RN2, dans les deux sens entre Soissons et Villers-Cotterêts, que la route soit rénovée. C’est désormais chose faite entre Saint-Pierre-Aigle et Villers-Cotterêts, du moins dans le sens Soissons – Paris. La rénovation dans le sens inverse est quant à elle programmée l’année prochaine.

Après un mois et demi de travaux, 7 km de route ont été refaits à neuf. Cela représente plus précisément 61 000 m2 de chaussées traitées avec 15 400 tonnes d’enrobés, pour un coût total de 2 270 000 € TTC. La réhabilitation a été effectuée par l’entreprise Eiffage et les accotements ont été réalisés en interne par la DIR Nord. « Cet aménagement entre dans un plan d’amélioration de l’entretien des chaussées et de l’assainissement de la RN2, expose Nicolas Basselier, le préfet de l’Aisne. 43 M€ y seront consacrés sur 8 ans entre 2017 et 2024, dont 37,54 M€ pour la seule partie axonaise. »

Pour l’année 2019, environ 6,5 M€ ont été engagés pour la rénovation de la RN2 sur le territoire. A savoir ce secteur de la forêt de Retz et Villers-Cotterêts (2,2 M€), puis à partir de cet hiver le secteur de Soissons – Belleu, la côte de Crouy et le carrefour de la champignonnière (3,85 M€), et enfin le secteur d’Urcel et Chavignon (0,53 M€). En 2020, sont programmés les secteurs de la forêt de Retz et Villers-Cotterêts dans l’autre sens (3 M€) et de Villeneuve-Saint-Germain (0,6 M€). A noter également que le secteur de Belleu a déjà été réalisé en 2017/18 (2,8 M€). Par ailleurs, le préfet annonce qu’un autre budget de 17 M€ est attendu dans les trois années à venir pour sécuriser et améliorer la fluidité du trafic entre Laon et Avesnes-sur-Helpe.

La 2×2 voies depuis Paris

Au-delà des travaux d’amélioration de la chaussée et ici pour la partie axonaise, l’aménagement s’inscrit dans un plan plus global de la RN2 à 2×2 voies depuis Paris. Un investissement de 83,2 M€ a déjà été acté pour la réalisation de gros ouvrage. De 2015 à 2018, il comprend : la déviation de Vaumoise (27 M€) et la déviation de Gondreville (28 M€). A partir de 2020 : démarrage des travaux de la déviation Perroy-les-Gombries (26,2 M€) et construction de l’échangeur de Silly-le-Long (2 M€).

Pour argumenter son désaccord, le collectif prend en exemple les impacts possibles sur des lignes existantes : « Outre le RER B, et en ricochet le RER D, la ligne K et le TER Picardie, ce projet aura aussi de lourds impacts sur la circulation des trains de la ligne P venant de Meaux, La Ferté-Milon ou Château-Thierry, voire du RER E du fait de l’utilisation de la gare de l’Est comme terminus, avec 3 voies, voire 4 en situation perturbée, dévolues au seul CDG Express, compromettant toutes possibilités de développement. Dénonçons également le passage en force du gouvernement qui lançait des travaux sur Mitry-Mory alors que la concertation était en cours. »

Pour l’association « Non au CDG Express », le projet est ni plus ni moins « une opération purement financière au service d’intérêts privés, au moment où l’Etat veut privatiser “Aéroports de paris” et que Vinci est sur les rangs pour se l’accaparer, une société qui bénéficie déjà des larges rentes des autoroutes dans une période où le scandale de leurs privatisations refait l’actualité avec la hausse des péages. »

L’Aisne maintenant prise en compte

La RN2 fait partie du réseau routier national qui relie Paris à la frontière belge. La DIR Nord gère les 191 km de la section située en Hauts-de-France, dont 125 km dans le seul département de l’Aisne. « Depuis 10 ans, de nombreux travaux d’investissement et de réhabilitation ont été entrepris », communique la DIR Nord, mais ceux-ci ont été priorisés en fonction du trafic, soit principalement dans l’Oise et le Nord. « La partie axonaise nécessite aujourd’hui une attention particulière au regard du vieillissement des chaussées qui la compose », précise la DIR Nord.
De ce fait, pour y remédier elle a élaboré en 2018 un programme d’amélioration de la RN2 avec une accentuation des travaux dans l’Aisne. La DIR Nord ajoute : « Depuis 2017, la zone de Soissons dont une partie de la déviation est composée de la conjonction de deux axes structurants, la RN2 et la RN31, fait également l’objet d’un plan d’amélioration particulier sur 10 km. »

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Le Vase des Arts communicant

L'art de demander un avis

L'exotisme tout près : un lac du camping de Berny-Rivière

Le prochain sommaire du contenu du Vase des Arts, supplément en ligne du Vase Communicant, sortira le 2 septembre avec le numéro 278 de son grand frère.

L’entracte estival sert à chacun pour ralentir ou presser le pas, aller ailleurs ou rester sur place, réfléchir au lieu d’agir ou agir au lieu de cogiter, faire selon ses envies en mettant les obligations de côté. Bref, changer de rythme et ainsi de point de vue.

Ce serait le moment pour demander aux lecteurs de cette chronique d’y penser et, s’ils veulent bien, s’exprimer à son sujet, en écrivant à l’adresse denis.mahaffey@levase.fr, ou en mettant un message sur la page Facebook  du Vase des Arts.

– Qu’aimeriez-vous y voir de plus, ou en moins, ou d’autre ?
– La fréquence des articles vous convient-elle ?
– Préférez-vous les présentations d’événements (en amont) ou les comptes-rendus (en aval) ?
– Le niveau d’analyse des événements vous satisfait-il, ou aimeriez-vous une approche plus fouillée ? Ou moins fouillée ?
– Auriez-vous d’autres suggestions ?

Ces réactions éventuelles aideront à ajuster le ton et la démarche pour mieux poursuivre l’objectif : accompagner la vie des arts – dont « l’art de la vie » – autour de Soissons, à l’occasion plus loin. L’intention est de dépasser le niveau « information culturelle » en cherchant à percevoir la signification des sujets abordés.

Par ailleurs le Vase Communicant continuera à publier des articles du Vase des Arts, et ses « Etoiles » proposant un choix parmi les spectacles et événements à venir.

Que la pause d’été apporte des idées, de l’énergie, des envies pour accueillir activement la rentrée 

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Soissons partage ses terres en jardins potagers

La Ville de Soissons pense aux citadins soissonnais qui aiment avoir les mains dans la terre. Elle a inauguré plusieurs espaces de jardins partagés, avenue de Château-Thierry et dans le quartier de Presles.

Quatre parcelles sont prêtes à être ensemencées au 290 avenue de Château-Thierry. Sur le site, un cabanon de jardin, une serre, un puits et un espace de stationnement ont également été aménagés. « L’idée de créer ces jardins partagés s’inscrit dans notre volonté de reconnecter l’homme et la nature, explique Carole Deville-Cristante, adjointe à la vie des quartiers. Il s’agit du premier jardin de ce type à Soissons, il se veut être un lieu expérimental sur lequel nous souhaitons que les jardiniers pratiquent un jardinage biologique, convivial et respectueux. »

Quatre familles soissonnaises souhaitant participer au projet ont été invitées à couper le ruban des jardins partagés : « Vous avez la possibilité d’implanter des variétés potagères en privilégiant les rotations, les cultures complémentaires et des variétés adaptées à la région, leur a souligné Carole Deville-Cristante. Nous ne pouvons que vous engager vivement à favoriser la permaculture et la pratique du compostage afin de maintenir la terre en bon état de produire. »

Les jardins partagés de l’avenue de Château-Thierry ont été inaugurés par Carole Deville-Cristante, adjointe à la vie des quartiers de Soissons, et plusieurs familles soissonnaises.
Une petite serre a été installée au fond de la parcelle par Jardi Déco, l’entreprise qui a aménagé le site.

Un bac à compost a d’ailleurs été installé en fond de parcelle.

En revanche, il ne sera pas autorisé d’y implanter des cultures pérennes, si ce n’est les aromates comme le thym ou le romarin. La municipalité de Soissons veut aussi que ces jardins jouent un rôle éducatif, c’est pourquoi ils sont ouverts en premier lieu aux familles. Dès lors et en accord avec les services de la ville, les jardins partagés de l’avenue de Château-Thierry sont prêts à accueillir leurs futurs jardiniers.

Les jardins relancés à Presles

Dans le quartier de Presles, des jardins partagés avaient déjà été créés puis mis en sommeil ou plutôt en jachère depuis 5 ans. Mais l’idée n’avait pas été oubliée et a été relancée par Clésence, l’Opal, la ville de Soissons et l’association Réaliss Quartiers. Cette dernière porte d’ailleurs l’action et a embauché deux personnes en CDI : Elsa et Pauline comme conceptrices et animatrices des jardins.

« Les jardins du partage » ont même leurs locaux qui ont été mis à disposition par Clésence et qui viennent d’être inaugurés au 8 boulevard de Presles. Pour ce qui est des espaces potagers, ceux-ci ne sont plus laissés à l’abandon d’une part, et apportent au contraire de l’activité et de l’embellissement aux pieds des immeubles. Deux espaces sont déjà ouverts aux jardiniers qui souhaitent participer à l’action, au 16/18 rue Léon et Blum et à proximité du « terrain rouge », et deux autres sites sont en projet dans le quartier de Presles.

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P U B L I C I T É
LA MARMITE D’EDDIE – Corporate – 09-2018

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