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Rockwool : le bilan de la concertation

Les dirigeant de Rockwool sont allés à la rencontre de la population pour expliquer leur projet et échanger avec les habitants. 300 personnes ont pris part aux cinq réunions publiques.

Le groupe Rockwool, producteur de laine de roche pour l’isolation, prendra sa décision définitive de construire une usine de fabrication sur la zone du Plateau Ploisy-Courmelles à l’été 2019. Toutes les études détaillées et les demandes d’autorisations seront alors déposées avant enquête publique début 2020. L’heure n’est en effet qu’aux études de faisabilité, mais le groupe a pris l’initiative de proposer une concertation préalable de cinq réunions publiques, conduites par un garant neutre de la commission nationale du débat public. « Cette concertation volontaire a pour but d’informer la population sur le projet et de répondre à toutes les questions, explique Maurice Laboue, le directeur du projet soissonnais de Rockwool. Mais aussi de recueillir les avis et d’entendre les suggestions pour enrichir le projet, puis nous le ferons évoluer en fonction de ces échanges avant de poursuivre les études. »

Les dirigeants du groupe Rockwool ont échangé avec la population, ici à la réunion de clôture à Cuffies.

LE PROJET

Rockwool est un groupe d’origine danoise fondé en 1937, leader mondial de la laine de roche. Il représente 11 000 salariés sur 45 usines dans 39 pays. Il fabrique des panneaux isolants à partir de roches éruptives, de minéraux, de matières premières et secondaires.

Une filiale française a été créée en 1978 à Saint-Eloy-les-Mines en Auvergne. La genèse du projet soissonnais est née avec la volonté de Rockwool de créer une nouvelle usine en France. D’un côté, les développements successifs de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines ne permettent plus d’augmenter sa capacité de production. De l’autre, le groupe voit des perspectives de développement sur le marché français et en région parisienne plus particulièrement, mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

De fait, les dirigeants de Rockwool se sont positionnés sur une possible implantation dans le Soissonnais pour plusieurs raisons : « La proximité des marchés pour limiter les distances de transport ; le terrain prédisposé à recevoir un équipement industriel sur la ZAC du Plateau ; un grand espace disponible de 39 hectares permettant d’envisager de futurs développements ; une desserte routière de qualité avec la RN2 ; l’accueil favorable des collectivités. »

L’usine serait organisée ainsi : un site de réception et de stockage des matières premières ; des bâtiments dédiés à la production de laine de roche avec un four fonctionnant à l’électrique ; un espace logistique pour l’expédition des produits finis ; un bâtiment dédié aux services administratifs et aux salariés.

Un premier projet d'usine défini par Rockwool, attention cette vue des bâtiments n'est pas définitive.

Selon les caractéristiques de l’usine, le groupe prévoit de produire 110 000 tonnes de laine de roche par an, correspondant à l’isolation complète d’environ 80 000 maisons individuelles. L’usine sera construite avec trois cheminées dont la principale est à l’étude pour ne pas dépasser 50 mètres, et ainsi conserver l’aérodrome de Soissons – Courmelles sur son actuel terrain. Elle génèrera un trafic d’environ 100 camions par jour sur la zone du Plateau (200 allers -retours) sauf le week-end. A savoir que le trafic actuel sur la RN2 est supérieur à 19 000 véhicules par jour en semaine. Il est également annoncé 130 à 150 emplois directs et 300 à 400 emplois indirects.

L’emploi et les retombées économiques

Le groupe Rockwool annonce que son projet sera créateur d’emplois. Pendant la construction de l’usine d’une part, avec 80 personnes mobilisées en moyenne pendant 18 mois, et des pics à 300 personnes. Et surtout en phase d’activité, avec 130 à 150 emplois directs créés. Ces emplois concernent des personnes diplômées du CAP au BAC + 5 pour des postes de caristes, ouvriers qualifiés, responsables de ligne, personnel administratif et ingénieurs. Rockwool affiche une volonté de recruter localement et prend exemple sur son usine de Saint-Eloy-les-Mines dont 90 % des employés habitent à moins de 30 km.

Le groupe reproduira également la même politique salariale, selon la convention collective « carrières et matériaux » : 97 % des salariés ont un contrat CDI ; primes de postes, 13e mois, primes vacances, primes d’ancienneté ; une participation versée chaque année et qui peut représenter jusqu’à deux mois de salaire…

En terme de développement économique, Rockwool voit un projet vecteur de 300 à 400 emplois indirects. Il seront mobilisés dans plusieurs secteurs :

  • Logistique (pour les matières premières et les produits finis) : de 6 à 7 millions d’euros par an en travaillant avec plusieurs transporteurs régionaux.
  • Gardiennage, nettoyage, blanchisserie et entretien des espaces verts.
  • Achat de matières premières locales : palettes en bois, films plastiques, dolomie, laitier de fonderie…
  • Maintenance : de 3 à 4 millions d’euros par an de dépenses externes estimées.

D’autres retombées sur le territoire sont évoquées : l’hébergement (surtout pendant la phase de construction), la restauration, les transports publics, la mobilisation des centres de formation ou le développement commercial.

Les déchets

Rockwool atteste une production très réduite de déchets. Patrice Foury, le responsable sécurité, environnement, qualité et développement durable précise que « les déchets de laine de roche représentent la majorité des déchets, et ils seront recyclés à 100 % dans le four électrique. Les autres déchets sont les plastiques et les palettes qui seront recyclés ou valorisés, et les activités de maintenance, traitées en filière adaptée. De plus, la ferraille obtenue au cours de la fusion est revendue à des aciéries. »

L’eau

La consommation d’eau pour le projet soissonnais est évaluée à 10 m3/ h maximum, soit 80 000 m3/ an, ce qui représente la consommation d’eau annuelle de 700 ménages. Elle est utilisée pour la dilution du liant, le refroidissement et le lavage des équipements.

L’eau proviendra de la récupération des eaux de pluie (entre 5 et 30 % selon la pluviométrie) et du réseau d’alimentation en eau potable, mais aucune station de pompage n’est prévue. En revanche, un traitement et une réutilisation en interne des eaux industrielles sont programmées. Les rejets dans le réseau des eaux usées proviendront des sanitaires et du traitement pour l’adoucissement de l’eau.

Les rejets atmosphériques

L’usine Rockwool sur la ZAC du Plateau fonctionnera avec un four électrique. Pour Patrice Foury, le responsable sécurité – environnement : « Ce processus de fusion divise par 7 la quantité de CO2 par rapport à un four fonctionnant au coke (NDLR : à charbon). Nous mettrons de plus en œuvre les meilleurs techniques disponibles en terme de filtres, brûleurs et abattement. »

A la sortie des cheminées d’une usine de laine de roche, on retrouve ces rejets : dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, poussières, ammoniac, phénol, formaldéhyde et COV (composés organiques volatils).

A l’occasion des réunions de concertation préalable, les dirigeants du groupe ont présenté les mesures des rejets de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines en comparaison avec les valeurs limites. A savoir toutefois que Saint-Eloy ne présente pas du tout les mêmes caractéristiques que le projet soissonnais puisque l’usine auvergnate est située dans une cuvette en cœur de ville, elle fonctionne avec trois lignes de production dont deux fours à coke et produit 240 000 tonnes de laine de roche. Pour rappel, l’usine soissonnaise se situeraient en hauteur sur le plateau de Ploisy-Courmelles, elle fonctionnerait avec une seule ligne de production électrique pour produire 110 000 tonnes de laine de roche.

En 2018, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air en France) a étudié la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines et a publié ses conclusions.

Dioxyde d’azote : « Les niveaux de dioxyde d’azote, polluant essentiellement lié à la circulation automobile, peuvent être considérés comme faibles. »

Particules fines (PM10) : « Les relevés de particules en suspension PM10 sont conformes à ceux habituellement enregistrés dans la région, avec une réelle homogénéité spatiale. »

Dioxyde de soufre : « Les niveaux de dioxydes de soufre sont très faibles, les plus faibles enregistrés depuis la mise en place des campagnes de suivi sur la commune. »

Phénol, formaldéhyde et ammoniac : « les niveaux sont homogènes et ne révèlent aucun impact réellement quantifiable en provenance de l’usine. […] Les valeurs sont très en deçà des seuils préconisés par les organismes de référence […] »

De fait, les dirigeants de Rockwool se targuent d’avoir « un impact très faible sur la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines » et voient à Soissons des rejets moindres du fait de l’utilisation de l’électrique et non de l’énergie fossile et d’une production dans tous les cas bien inférieure. Ils précisent cependant que les concentrations et les volumes de rejets sur le projet soissonnais seront déterminés précisément dans l’étude d’impact à venir, réalisée en vue de l’enquête publique.

La gestion des nuisances

Tout au long des réunions publiques, Matthieu Biens, le directeur marketing et développement de Rockwool, et le directeur du projet Maurice Laboue ont rappelé qu’avant l’implantation de l’usine, le groupe doit nécessairement suivre un processus d’autorisation qui passe par la réalisation d’un dossier d’étude d’impact dans plusieurs domaines (eau, rejets, faune/flore, trafic, bruit, luminosité, odeurs, santé…), un dossier d’étude de dangers, puis l’instruction du dossier par les services de l’Etat et l’Agence Régional Santé, suivie de l’enquête publique et enfin la délivrance d’un arrêté préfectoral avec ses exigences environnementales.

Le bruit

Les sources de bruit de l’usine seront liées au procédé de fabrication (turbines, extracteurs…) et aux convoyeurs ; aux flux logistiques des camions et chariots élévateurs. Par rapport à sa situation sur la ZAC du Plateau, Rockwool précise que « les habitations les plus proches sont à 800 mètres et que la zone bénéficie d’un écran de verdure permettant d’atténuer la propagation du bruit ». De plus, le groupe entend utiliser ses produits « pour renforcer les protections sonores, des silencieux sur les équipements les plus bruyants et des équipements conçus pour cantonner les sources de bruit à l’intérieur des bâtiments. » En ce qui concerne les flux logistiques, les horaires de livraisons, de chargements et d’expéditions se feront en journée et en semaine.

Les poussières / lumières / odeurs

Selon Rockwool : « Toutes les origines possibles de poussières sont captées et/ou filtrées ». Les sources de poussières sur le site – hors rejets des cheminées – proviennent des matières premières (roches) et des produits finis (fibres), sachant que les stations de déchargement des matières premières seront couvertes.

Pour ce qui est de la pollution lumineuse, le groupe annonce que « l’activité principale est concentrée à l’intérieur des bâtiments quand l’éclairage extérieur est limité à l’éclairage de sécurité et la mise en stock des produits. Des mesures de réductions seront tout de même envisagées avec un éclairage dirigé vers le sol, l’extinction automatique et l’éclairage LED ».

A propos des odeurs, les dirigeants assurent : « Autour des sites Rockwool, aucune odeur n’est perceptible. Les sources d’odeurs potentielles pourraient provenir du four à coke mais ce ne sera pas la cas ici du fait de l’utilisation de l’électrique. »

L’électricité

L’usine aura un besoin électrique de 30 MW au maximum, dont 20 MW pour le four électrique. Un raccordement sera donc nécessaire au réseau à haute tension exploité par RTE. Une procédure de raccordement est en cours. A ce stade, il est envisagé de réaliser une liaison souterraine directe entre le poste RTE de Soissons-Notre-Dame et le poste électrique Rockwool à créer dans la parcelle. Les câbles seront enterrés à 1,50 m de profondeur et invisibles après travaux.

Le paysage

Dans son projet sur la ZAC du Plateau, Rockwool prévoit le bâtiment de fusion électrique à une hauteur de 30 m environ avec d’autres bâtiments à une hauteur maximum de 15 m. Pour les trois cheminées : le groupe travaille pour que la cheminée « fibrage » ne dépasse pas les 48/50 m avec un diamètre d’environ 3,5 m. La cheminée « fusion » : 35 à 40 m avec un diamètre inférieur à 1 m. La cheminée « cuisson / refroidissement » : environ 30 m et un diamètre de près de 2 m. En sortie de cheminée, un panache sera visible sur la cheminée « fibrage » selon les conditions météorologiques.

Pour favoriser l’intégration de l’usine dans le paysage, le groupe a envisagé des mesures : « Un travail architectural à mener dans le cadre de la réalisation des dossiers de demande d’autorisation environnementale et de permis de construire ; une intégration paysagère des cheminées qui doit tenir compte des impératifs de sécurité aérienne ; la volonté de mettre en œuvre des aménagements paysagers complémentaires. »

Les questions de la population à Rockwool

A l’occasion de la réunion de clôture du 5 février, le garant de la concertation préalable, François Desmazière, a établi que 300 personnes au total ont participé aux cinq réunions successives à Courmelles, Belleu, Soissons, Chaudun et Cuffies. Durant les échanges au cours desquels le public a pu s’exprimer et poser ses questions sur le projet, le garant a comptabilisé 130 interventions. A celles-ci s’ajoutent trois contributions : celles du collectif de riverains de Berzy-le-Sec, Chaudun, Courmelles, Missy-aux-Bois, Soissons et Vauxbuin, du collectif de riverains de Dommiers et du Réseau de transport d’électricité (RTE). Il est à noter que seulement 405 visiteurs sont allés sur le site internet de la concertation préalable ouvert depuis le 18 décembre. François Desmazière n’y a reçu que 5 questions et 4 avis.

Le public est beaucoup intervenu durant la concertation, comme ici à Chaudun.

La concertation a bien sûr eu le mérite de débattre sur plusieurs points et préoccupations. En voici les principales interventions :

L’usine sera-t-elle classée Seveso ?

Maurice Laboue (directeur du projet) : « L’usine ne sera pas classée Seveso car elle ne fabriquera pas son liant, au contraire du site de Saint-Éloy-les-Mines. »

La toxicité du liant est-elle importante et quelles sont les conditions de sécurité nécessaires au stockage ?

Maurice Laboue : « Le liant sera stocké en silos, avec des bassins de rétention qui renforceront la sécurité. Concernant le liant, sa base est le formol, produit qui nécessite effectivement quelques précautions. Toutefois, les risques principaux d’exposition de la population vis-à-vis du formol sont à l’intérieur de chaque habitation. »

Les rejets vont-ils se rendre dans la vallée et densifier le brouillard ?

Bernard Combel, membre des Ailes Soissonnaises : « Lorsqu’une perturbation cyclonique arrive de l’ouest, en provenance de l’Atlantique, elle fait monter les fumées. En cas d’anticyclone, elles vont se rabattre vers le sol. Or, en cas d’anticyclone, les vents sont en provenance du nord-est ou de l’est et se dirigent vers l’ouest, ce qui éloignera les fumées de Soissons. Dans les deux cas de figure donc, il n’y aura pas de conséquences. »

Quelles sont les conséquences de l’ammoniac et du phénol sur les cultures comme le blé ou le colza ?

Patrice Foury, responsable environnement : « Dans le cas du phénol, l’impact au sol et dans l’atmosphère est si faible qu’il n’est pas mesurable. Concernant l’ammoniac, la dispersion est forte et l’ammoniac est un élément déjà présent dans l’atmosphère puisqu’il est généré par la décomposition des matériaux végétaux, les digestions animales, les engrais, les activités organiques. L’impact précis de l’usine Rockwool sera évalué au cours des études à venir. »

La température des rejets issus de la cheminée est-elle élevée ?

Maurice Laboue : « L’air rejeté est globalement chaud, environ 50 degrés, et humide. La visibilité de la fumée est tributaire de la température extérieure : si l’air est frais, la fumée est visible ; à température moyenne, elle n’est quasiment pas visible. »

Quel serait l’impact de l’usine en projet sur les cultures bio aux alentours ?

Jean-Marie Carré, président de GrandSoissons Agglomération : « J’ai fait des recherches et de nombreuses productions bio sont en activité dans la région de Saint-Éloy-les-Mines. Aucun frein à leur activité n’a été engendré par l’usine Rockwool. »

Dans le cas d’une cheminée à 50 mètres inférieure à Saint-Eloy-les-Mines, l’aérodrome ne risque-t-il pas d’être déplacé et la hauteur de la cheminée augmentée sur le long terme ?

Maurice Laboue : « A Saint-Éloy-les-Mines, la cheminée est d’une hauteur de 85 mètres car l’usine est implantée en pleine ville. Dans le Soissonnais, la contrainte vis-à-vis de l’aérodrome est de ne pas dépasser 202 mètres d’altitudes : la cheminée ne doit pas donc pas aller au-delà de 47,5 mètres pour permettre une cohabitation. Compte-tenu de la configuration du site, des vents, et des études sur l’air chaud qui a été menée, le premier modèle de dispersion est satisfaisant. La décision sur la cohabitation avec l’aérodrome revient à la Direction Générale de l’Aviation Civile. »

Quel sera le coût du raccordement électrique et qui va payer ?

Aurélien Lespinasse (RTE) : Le coût n’a pas encore été arrêté mais il sera assumé par le client, à savoir Rockwool.

D’où viennent les matières premières ?

Maurice Laboue : « Pour l’heure, ce paramètre n’a pas encore été fixé. A priori, la roche volcanique proviendra de l’Est de la France, des Vosges ou des Ardennes. Le laitier proviendra probablement du nord de la France. Si de la dolomie est utilisée, des sites se trouvent dans le bassin parisien. Concernant la bauxite, utilisée en très petite quantité, Rockwool s’approvisionnera surement en Sardaigne ou en Grèce. »

Est-il envisagé d’utiliser des transports du Soissonnais ?

Maurice Laboue : « Dans la mesure du possible, Rockwool fera appel à des transporteurs locaux qui sont plus pertinents à effectuer cette mission. »

Quelles sont les ambitions de développement de Rockwool ?

Maurice Laboue : « Une deuxième ligne de production n’est pas prévue par Rockwool. Toutefois, le développement sur la parcelle peut s’orienter vers un atelier de transformation visant à fabriquer des produits dérivés. »

Le calendrier prévisionnel

Le directeur du projet Maurice Laboue a annoncé que Rockwool prendra sa décision finale pour s’implanter sur la ZAC du Plateau au milieu de cette année 2019. L’enquête publique se déroulera durant les 1er et 2nd trimestres 2020. Puis en fonction des autorisations préfectorales, les travaux de construction de l’usine pourraient débuter dès la mi-2020 pendant 1 an et demi, avec l’objectif de démarrer la production au début de l’année 2022.

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La première pierre à la mosquée de Soissons

La première pierre de la nouvelle mosquée a été posée vendredi 22 février, avenue Raymonde Fiolet à Soissons. Futur centre culturel et islamique, il sera en mesure d’accueillir 350 personnes en salles de prière mais aussi dans des salles d’apprentissage et une bibliothèque.

L’association culturelle islamique de Soissons a invité la communauté musulmane, de même que la municipalité et la préfecture de l’Aisne à poser ensemble la première pierre de la nouvelle mosquée de la cité du Vase. « Au fil des années, la communauté musulmane soissonnaise s’agrandit (NDLR : 1 270 fidèles), explique Mohamed Aouladzian, le secrétaire général de l’association. Et naturellement les locaux actuels de l’avenue de Pasly sont devenus trop petits et ne répondent plus à nos besoins. Les vendredis ainsi que les jours de fêtes, de nombreux frères prient dans la cour de la mosquée et dans la rue. De plus, en raison du manque de places, nous ne pouvons pas assurer des cours dans de bonnes conditions pour les enfants du Soissonnais. »De ce fait, l’association s’est engagée dans la réalisation d’un nouvel équipement, « un lieu digne pour les musulmans de Soissons et des alentours » ajoute Mohamed Aouladzian. Elle a acquis le terrain avenue Raymonde Fiolet dans le quartier de Chevreux et a obtenu le permis de construire en juin 2016, dans l’attente de réunir les fonds privés pour débuter le chantier. Les travaux ont donc commencé et sont programmés sur deux à trois ans en fonction justement de l’avancée des financements.

Le coût global du projet est estimé à 3 186 000 € pour une surface construite sur 1 518 m2 et une surface de stationnement de 2 190 m2 (avec le sous-sol).

Le centre culturel et islamique sera composé d’une partie cultuelle qui comprend :

  • Une grande salle de prière pour les hommes de 402 m2
  • Une grande salle de prière pour les femmes de 170 m2
  • Une salle d’ablutions pour les hommes de 50 m2
  • Une salle d’ablutions pour les femmes de 30 m2
  • Deux bureaux pour la direction de 14 et 12,5 m2
  • Un bureau pour l’imam de 25 m2

La partie culturelle comprend :

  • Cinq grandes salles de classe de 40 m2 chacune
  • Une grande salle de conférence de 67,70 m2
  • Un bureau pour les enseignants de 19,8 m2
  • Une bibliothèque de 38 m2
  • Le parking disposera de plus de 100 places
L’entrée de la future mosquée vue de l’avenue Raymonde Fiolet.

Le maire : « Un projet 100 % privé »

Invité à poser la première pierre, le maire Alain Crémont souligne que le projet voit le jour dans le quartier de Chevreux, « le seul quartier de Soissons dans lequel il n’y avait pas encore de lieu de culte ». Il s’est toutefois montré attentif au parti pris architectural : « S’il devait nécessairement répondre à certains symboles de la religion musulmane, le futur équipement devait néanmoins avoir une architecture moderne, pleinement intégrée au quartier et à son environnement. Je crois que nous sommes arrivés à un bon compromis. »

Alain Crémont rappelle par ailleurs que la construction de la nouvelle mosquée est « un projet 100 % privé, porté par l’association culturelle et islamique de Soissons ». Il précise bien que « le projet exclut tout financement public », tout en demandant à l’association « la plus grande transparence quant à l’origine des fonds qui vont en permettre la bonne réalisation. »

Se positionnant comme un républicain laïc, le maire veut aussi partager sa vision que « la religion est et doit rester une affaire privée, ceci en est la condition du vivre-ensemble ». Vision que ne renie pas l’imam de Soissons Ahmed Fares, puisqu’il exprime à son tour que « le centre culturel islamique sera le lieu qui permettra d’éduquer la communauté musulmane dans le sens du vivre-ensemble ». Il conclut : « Les musulmans sont une composante de la société française et ce lieu a pour but de s’épanouir dans cette société française. »

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La maison « à pas de moineaux » en péril

La maison « à pas de moineaux » du quai Saint-Waast, située au bord de l’Aisne et à proximité de la passerelle des Anglais, fait partie depuis toujours du paysage des Soissonnais. Suite au récent effondrement d’un étage, il se pourrait qu’elle en disparaisse à jamais.

La bâtisse à l’architecture typique du Soissonnais avait résisté à tout depuis le XVIIIe siècle. En cette période contemporaine, elle aura connu la construction puis la destruction des silos à ses fenêtres. Et malgré la construction de la nouvelle résidence des Berges des 3 Roys autour d’elle, la maison aura été préservée du fait de son intérêt patrimonial. Mieux encore, elle a été intégrée au programme du promoteur et nouveau propriétaire, Quadrance Immobilier. Le projet étant d’y installer un restaurateur mais aucun exploitant n’a été trouvé pour la réhabiliter.
La maison « à pas de moineaux » est donc restée vide face aux caprices du temps… jusqu’à ce qu’elle se rappelle elle-même à notre attention. Le mardi 26 février : une poutre a cédé à l’intérieur et a causé l’effondrement d’un étage.

Pour Denis Rolland, président de la Société Historique de Soissons, spécialiste du patrimoine ancien, mais aussi ingénieur ETP spécialisé dans le bâtiment : « Ce qui devait arriver est arrivé. Une poutre maîtresse du plancher du premier étage s’est rompue entraînant dans sa chute une partie du plancher et affaiblissant l’ensemble de la structure et la charpente. Il faut le rappeler, dans ces maisons du XVIIIe siècle les planchers participent à la stabilité d’ensemble de l’édifice. C’est pourquoi les ancres de fer sont visibles sur les façades. » Denis Rolland concède : « Dans sa situation actuelle la maison est devenue un danger et il sera très délicat et probablement impossible de la restaurer. L’effondrement du plancher du deuxième étage également a formé un amoncellement de poutres et de gravats difficile à déblayer sans ébranler une structure fragilisée. »
Le président de la SHS avait pourtant averti la société Quadrance Immobilier de la situation. Celle-ci lui avait répondu qu’elle avait prévu une mise en sécurité de la construction en la protégeant par une bâche enveloppante. « En fait, il s’agit d’un emplâtre sur une jambe de bois, explique Denis Rolland. Aucun étaiement n’étant prévu, cette solution risquait d’être un pis-aller puisque la bâche repose sur une charpente fragilisée. De plus, on sait aussi qu’un tel dispositif nécessite une surveillance constante qui n’a pas été prévue. »

Indépendamment de ces considérations techniques, il s’interroge finalement sur les causes de la situation actuelle : « Restaurer la maison supposait que le promoteur se conduise en bon père de famille. Il aurait dû stabiliser les désordres et protéger la maison pour que ces désordres ne s’accentuent pas. Au lieu de cela, rien n’a été fait. La couverture a même été rapidement supprimée, laissant la maison à tout vent et accélérant sa dégradation. » Denis Rolland n’hésite pas en tirer sa conclusion : « À bien regarder, il n’y a que deux possibilités. Soit elle est le résultat d’un laxisme coupable de l’entreprise. Soit, on ose l’imaginer, le résultat d’un choix délibéré afin d’accélérer la dégradation et éviter une restauration coûteuse… »

Dans tous les cas, ce passionné du patrimoine s’attriste : « Au final, la ville de Soissons va perdre un nouveau témoin de son patrimoine ancien », sa maison « à pas de moineaux » du bord de l’Aisne.

La maison « à pas de moineaux » attenante aux résidences des Berges des 3 Roys.

Procédure de péril imminent

Une semaine après l’effondrement d’un étage de la maison « à pas de moineaux », le maire de Soissons Alain Crémont a lancé une procédure de péril imminent qui est la procédure d’urgence en cas d’habitat menaçant ruine. Dans ce cadre, le maire doit avertir par courrier le propriétaire qu’une procédure de péril va être prise à son encontre. Puis il doit saisir le tribunal administratif afin qu’il désigne un expert chargé dans les 24 heures de constater ou non le péril imminent. À L’issue de ce constat, le rapport conclut soit à l’existence d’un péril imminent, soit à l’existence d’un péril non imminent.

Si le rapport conclut à l’existence d’un péril imminent, le maire doit prendre un arrêté de péril imminent mettant en demeure le propriétaire d’effectuer les travaux d’urgence dans un délai qu’il fixe. Cet arrêté doit préciser que la non exécution des travaux entraîne le paiement d’une astreinte d’un montant maximum de 1 000 € par jour de retard.

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BSL : la reconquête

L’arrivée du nouvel actionnaire Spicery Capital et du nouveau président, Sébastien Leclerc, donnent un nouvel élan à l’entreprise BSL.

Créée en 1946, BSL est l’une des industries soissonnaises historiques. Le fabricant de tubes pour le marché mondial a connu son âge d’or dans les années 80, avec son millier de salariés dans la manufacture, route de Reims à Billy-sur-Aisne. Mais l’embellie économique sera stoppée par les politiques pour le moins contestables de ses acquéreurs successifs et la crise de 2008 n’aura qu’accentué le déclin de l’entreprise. Ce sont bien sûr les salariés qui en ont payé le prix fort : BSL ne comptait plus que 70 employés en 2018.

Mais BSL n’est pas mort, et mieux encore : l’optimisme renaît dans l’entreprise avec l’arrivée de son nouvel actionnaire. Le groupe Spicery Capital a en effet racheté l’usine le 23 novembre 2018. Cette société d’investissement allemande a choisi Sébastien Leclerc comme nouveau président de BSL Pipes & Fittings : « Il est important de préciser que la société est composée d’une famille d’entrepreneurs qui investissent dans l’économie et l’industrie traditionnelles en Europe, souligne-t-il. A savoir que leur vision industrielle et leur stratégie n’est pas d’acheter puis de vendre à profit comme pouvaient le faire nos prédécesseurs, mais de développer leurs usines. »

Sébastien Leclerc, le nouveau président de BSL Pipes & Fittings.

Objectif : 90 salariés fin 2019

Preuve de la volonté du nouvel actionnaire : l’entreprise est déjà passée de 70 à 85 personnes en trois mois. « Nous pensons atteindre les 90 salariés en fin d’année, confirme Sébastien Leclerc, et nous recherchons d’ailleurs des chaudronniers-soudeurs, des manutentionnaires, un responsable planning et un administrateur des ventes. » Dans le même temps, le président veut aussi « mettre de la matière grise dans l’entreprise, cela passe par l’embauche d’ingénieurs pour améliorer les performances de l’usine ».

Car BSL est bien décidé à reconquérir le marché et le groupe est prêt pour cela « à réinvestir dans l’outil de production et dans les hommes ». Sébastien Leclerc peut déjà s’appuyer sur l’historique de BSL : « L’entreprise a une vraie renommée mondiale sur le marché, celui des tubes et raccords en acier et alliages spéciaux pour le pétrole, le gaz ou la pétrochimie. Malgré tout, les choix de nos prédécesseurs ont déçu le marché. Nous devons donc le reconquérir, en sachant qu’il y a une vraie attente de voir revenir BSL dans le coup. »

A l’heure de repartir à la reconquête, le nouveau président de BSL sait aussi qu’il peut compter sur ses troupes : « En arrivant ici, je savais que la société était en difficulté et j’avais des craintes qu’elle ait perdu ses principales compétences. Mais à l’inverse, j’ai découvert une équipe en place avec de vraies qualités et connaissances, un vrai savoir-faire qui est resté et un vrai sentiment d’appartenance à l’entreprise BSL. De leur côté, je crois que les salariés sont rassurés de voir un groupe qui connaît son travail et qu’il y a enfin quelqu’un au pilotage de l’usine BSL. »

Il apparaît que le nouvel élan du nouvel actionnaire suscite une véritable excitation, sur le marché international comme chez les salariés. Bref, tout le monde a plaisir à voir BSL de retour.

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P U B L I C I T É
LA MARMITE D’EDDIE – Corporate – 09-2018

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