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Rockwool : le bilan de la concertation

Les dirigeant de Rockwool sont allés à la rencontre de la population pour expliquer leur projet et échanger avec les habitants. 300 personnes ont pris part aux cinq réunions publiques.

Alex DUPONT

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Le groupe Rockwool, producteur de laine de roche pour l’isolation, prendra sa décision définitive de construire une usine de fabrication sur la zone du Plateau Ploisy-Courmelles à l’été 2019. Toutes les études détaillées et les demandes d’autorisations seront alors déposées avant enquête publique début 2020. L’heure n’est en effet qu’aux études de faisabilité, mais le groupe a pris l’initiative de proposer une concertation préalable de cinq réunions publiques, conduites par un garant neutre de la commission nationale du débat public. « Cette concertation volontaire a pour but d’informer la population sur le projet et de répondre à toutes les questions, explique Maurice Laboue, le directeur du projet soissonnais de Rockwool. Mais aussi de recueillir les avis et d’entendre les suggestions pour enrichir le projet, puis nous le ferons évoluer en fonction de ces échanges avant de poursuivre les études. »

Les dirigeants du groupe Rockwool ont échangé avec la population, ici à la réunion de clôture à Cuffies.

LE PROJET

Rockwool est un groupe d’origine danoise fondé en 1937, leader mondial de la laine de roche. Il représente 11 000 salariés sur 45 usines dans 39 pays. Il fabrique des panneaux isolants à partir de roches éruptives, de minéraux, de matières premières et secondaires.

Une filiale française a été créée en 1978 à Saint-Eloy-les-Mines en Auvergne. La genèse du projet soissonnais est née avec la volonté de Rockwool de créer une nouvelle usine en France. D’un côté, les développements successifs de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines ne permettent plus d’augmenter sa capacité de production. De l’autre, le groupe voit des perspectives de développement sur le marché français et en région parisienne plus particulièrement, mais aussi en Belgique, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

De fait, les dirigeants de Rockwool se sont positionnés sur une possible implantation dans le Soissonnais pour plusieurs raisons : « La proximité des marchés pour limiter les distances de transport ; le terrain prédisposé à recevoir un équipement industriel sur la ZAC du Plateau ; un grand espace disponible de 39 hectares permettant d’envisager de futurs développements ; une desserte routière de qualité avec la RN2 ; l’accueil favorable des collectivités. »

L’usine serait organisée ainsi : un site de réception et de stockage des matières premières ; des bâtiments dédiés à la production de laine de roche avec un four fonctionnant à l’électrique ; un espace logistique pour l’expédition des produits finis ; un bâtiment dédié aux services administratifs et aux salariés.

Un premier projet d'usine défini par Rockwool, attention cette vue des bâtiments n'est pas définitive.

Selon les caractéristiques de l’usine, le groupe prévoit de produire 110 000 tonnes de laine de roche par an, correspondant à l’isolation complète d’environ 80 000 maisons individuelles. L’usine sera construite avec trois cheminées dont la principale est à l’étude pour ne pas dépasser 50 mètres, et ainsi conserver l’aérodrome de Soissons – Courmelles sur son actuel terrain. Elle génèrera un trafic d’environ 100 camions par jour sur la zone du Plateau (200 allers -retours) sauf le week-end. A savoir que le trafic actuel sur la RN2 est supérieur à 19 000 véhicules par jour en semaine. Il est également annoncé 130 à 150 emplois directs et 300 à 400 emplois indirects.

L’emploi et les retombées économiques

Le groupe Rockwool annonce que son projet sera créateur d’emplois. Pendant la construction de l’usine d’une part, avec 80 personnes mobilisées en moyenne pendant 18 mois, et des pics à 300 personnes. Et surtout en phase d’activité, avec 130 à 150 emplois directs créés. Ces emplois concernent des personnes diplômées du CAP au BAC + 5 pour des postes de caristes, ouvriers qualifiés, responsables de ligne, personnel administratif et ingénieurs. Rockwool affiche une volonté de recruter localement et prend exemple sur son usine de Saint-Eloy-les-Mines dont 90 % des employés habitent à moins de 30 km.

Le groupe reproduira également la même politique salariale, selon la convention collective « carrières et matériaux » : 97 % des salariés ont un contrat CDI ; primes de postes, 13e mois, primes vacances, primes d’ancienneté ; une participation versée chaque année et qui peut représenter jusqu’à deux mois de salaire…

En terme de développement économique, Rockwool voit un projet vecteur de 300 à 400 emplois indirects. Il seront mobilisés dans plusieurs secteurs :

  • Logistique (pour les matières premières et les produits finis) : de 6 à 7 millions d’euros par an en travaillant avec plusieurs transporteurs régionaux.
  • Gardiennage, nettoyage, blanchisserie et entretien des espaces verts.
  • Achat de matières premières locales : palettes en bois, films plastiques, dolomie, laitier de fonderie…
  • Maintenance : de 3 à 4 millions d’euros par an de dépenses externes estimées.

D’autres retombées sur le territoire sont évoquées : l’hébergement (surtout pendant la phase de construction), la restauration, les transports publics, la mobilisation des centres de formation ou le développement commercial.

Les déchets

Rockwool atteste une production très réduite de déchets. Patrice Foury, le responsable sécurité, environnement, qualité et développement durable précise que « les déchets de laine de roche représentent la majorité des déchets, et ils seront recyclés à 100 % dans le four électrique. Les autres déchets sont les plastiques et les palettes qui seront recyclés ou valorisés, et les activités de maintenance, traitées en filière adaptée. De plus, la ferraille obtenue au cours de la fusion est revendue à des aciéries. »

L’eau

La consommation d’eau pour le projet soissonnais est évaluée à 10 m3/ h maximum, soit 80 000 m3/ an, ce qui représente la consommation d’eau annuelle de 700 ménages. Elle est utilisée pour la dilution du liant, le refroidissement et le lavage des équipements.

L’eau proviendra de la récupération des eaux de pluie (entre 5 et 30 % selon la pluviométrie) et du réseau d’alimentation en eau potable, mais aucune station de pompage n’est prévue. En revanche, un traitement et une réutilisation en interne des eaux industrielles sont programmées. Les rejets dans le réseau des eaux usées proviendront des sanitaires et du traitement pour l’adoucissement de l’eau.

Les rejets atmosphériques

L’usine Rockwool sur la ZAC du Plateau fonctionnera avec un four électrique. Pour Patrice Foury, le responsable sécurité – environnement : « Ce processus de fusion divise par 7 la quantité de CO2 par rapport à un four fonctionnant au coke (NDLR : à charbon). Nous mettrons de plus en œuvre les meilleurs techniques disponibles en terme de filtres, brûleurs et abattement. »

A la sortie des cheminées d’une usine de laine de roche, on retrouve ces rejets : dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, poussières, ammoniac, phénol, formaldéhyde et COV (composés organiques volatils).

A l’occasion des réunions de concertation préalable, les dirigeants du groupe ont présenté les mesures des rejets de l’usine de Saint-Eloy-les-Mines en comparaison avec les valeurs limites. A savoir toutefois que Saint-Eloy ne présente pas du tout les mêmes caractéristiques que le projet soissonnais puisque l’usine auvergnate est située dans une cuvette en cœur de ville, elle fonctionne avec trois lignes de production dont deux fours à coke et produit 240 000 tonnes de laine de roche. Pour rappel, l’usine soissonnaise se situeraient en hauteur sur le plateau de Ploisy-Courmelles, elle fonctionnerait avec une seule ligne de production électrique pour produire 110 000 tonnes de laine de roche.

En 2018, Atmo Auvergne-Rhône-Alpes (la fédération des associations agréées de surveillance de la qualité de l’air en France) a étudié la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines et a publié ses conclusions.

Dioxyde d’azote : « Les niveaux de dioxyde d’azote, polluant essentiellement lié à la circulation automobile, peuvent être considérés comme faibles. »

Particules fines (PM10) : « Les relevés de particules en suspension PM10 sont conformes à ceux habituellement enregistrés dans la région, avec une réelle homogénéité spatiale. »

Dioxyde de soufre : « Les niveaux de dioxydes de soufre sont très faibles, les plus faibles enregistrés depuis la mise en place des campagnes de suivi sur la commune. »

Phénol, formaldéhyde et ammoniac : « les niveaux sont homogènes et ne révèlent aucun impact réellement quantifiable en provenance de l’usine. […] Les valeurs sont très en deçà des seuils préconisés par les organismes de référence […] »

De fait, les dirigeants de Rockwool se targuent d’avoir « un impact très faible sur la qualité de l’air à Saint-Eloy-les-Mines » et voient à Soissons des rejets moindres du fait de l’utilisation de l’électrique et non de l’énergie fossile et d’une production dans tous les cas bien inférieure. Ils précisent cependant que les concentrations et les volumes de rejets sur le projet soissonnais seront déterminés précisément dans l’étude d’impact à venir, réalisée en vue de l’enquête publique.

La gestion des nuisances

Tout au long des réunions publiques, Matthieu Biens, le directeur marketing et développement de Rockwool, et le directeur du projet Maurice Laboue ont rappelé qu’avant l’implantation de l’usine, le groupe doit nécessairement suivre un processus d’autorisation qui passe par la réalisation d’un dossier d’étude d’impact dans plusieurs domaines (eau, rejets, faune/flore, trafic, bruit, luminosité, odeurs, santé…), un dossier d’étude de dangers, puis l’instruction du dossier par les services de l’Etat et l’Agence Régional Santé, suivie de l’enquête publique et enfin la délivrance d’un arrêté préfectoral avec ses exigences environnementales.

Le bruit

Les sources de bruit de l’usine seront liées au procédé de fabrication (turbines, extracteurs…) et aux convoyeurs ; aux flux logistiques des camions et chariots élévateurs. Par rapport à sa situation sur la ZAC du Plateau, Rockwool précise que « les habitations les plus proches sont à 800 mètres et que la zone bénéficie d’un écran de verdure permettant d’atténuer la propagation du bruit ». De plus, le groupe entend utiliser ses produits « pour renforcer les protections sonores, des silencieux sur les équipements les plus bruyants et des équipements conçus pour cantonner les sources de bruit à l’intérieur des bâtiments. » En ce qui concerne les flux logistiques, les horaires de livraisons, de chargements et d’expéditions se feront en journée et en semaine.

Les poussières / lumières / odeurs

Selon Rockwool : « Toutes les origines possibles de poussières sont captées et/ou filtrées ». Les sources de poussières sur le site – hors rejets des cheminées – proviennent des matières premières (roches) et des produits finis (fibres), sachant que les stations de déchargement des matières premières seront couvertes.

Pour ce qui est de la pollution lumineuse, le groupe annonce que « l’activité principale est concentrée à l’intérieur des bâtiments quand l’éclairage extérieur est limité à l’éclairage de sécurité et la mise en stock des produits. Des mesures de réductions seront tout de même envisagées avec un éclairage dirigé vers le sol, l’extinction automatique et l’éclairage LED ».

A propos des odeurs, les dirigeants assurent : « Autour des sites Rockwool, aucune odeur n’est perceptible. Les sources d’odeurs potentielles pourraient provenir du four à coke mais ce ne sera pas la cas ici du fait de l’utilisation de l’électrique. »

L’électricité

L’usine aura un besoin électrique de 30 MW au maximum, dont 20 MW pour le four électrique. Un raccordement sera donc nécessaire au réseau à haute tension exploité par RTE. Une procédure de raccordement est en cours. A ce stade, il est envisagé de réaliser une liaison souterraine directe entre le poste RTE de Soissons-Notre-Dame et le poste électrique Rockwool à créer dans la parcelle. Les câbles seront enterrés à 1,50 m de profondeur et invisibles après travaux.

Le paysage

Dans son projet sur la ZAC du Plateau, Rockwool prévoit le bâtiment de fusion électrique à une hauteur de 30 m environ avec d’autres bâtiments à une hauteur maximum de 15 m. Pour les trois cheminées : le groupe travaille pour que la cheminée « fibrage » ne dépasse pas les 48/50 m avec un diamètre d’environ 3,5 m. La cheminée « fusion » : 35 à 40 m avec un diamètre inférieur à 1 m. La cheminée « cuisson / refroidissement » : environ 30 m et un diamètre de près de 2 m. En sortie de cheminée, un panache sera visible sur la cheminée « fibrage » selon les conditions météorologiques.

Pour favoriser l’intégration de l’usine dans le paysage, le groupe a envisagé des mesures : « Un travail architectural à mener dans le cadre de la réalisation des dossiers de demande d’autorisation environnementale et de permis de construire ; une intégration paysagère des cheminées qui doit tenir compte des impératifs de sécurité aérienne ; la volonté de mettre en œuvre des aménagements paysagers complémentaires. »

Les questions de la population à Rockwool

A l’occasion de la réunion de clôture du 5 février, le garant de la concertation préalable, François Desmazière, a établi que 300 personnes au total ont participé aux cinq réunions successives à Courmelles, Belleu, Soissons, Chaudun et Cuffies. Durant les échanges au cours desquels le public a pu s’exprimer et poser ses questions sur le projet, le garant a comptabilisé 130 interventions. A celles-ci s’ajoutent trois contributions : celles du collectif de riverains de Berzy-le-Sec, Chaudun, Courmelles, Missy-aux-Bois, Soissons et Vauxbuin, du collectif de riverains de Dommiers et du Réseau de transport d’électricité (RTE). Il est à noter que seulement 405 visiteurs sont allés sur le site internet de la concertation préalable ouvert depuis le 18 décembre. François Desmazière n’y a reçu que 5 questions et 4 avis.

Le public est beaucoup intervenu durant la concertation, comme ici à Chaudun.

La concertation a bien sûr eu le mérite de débattre sur plusieurs points et préoccupations. En voici les principales interventions :

L’usine sera-t-elle classée Seveso ?

Maurice Laboue (directeur du projet) : « L’usine ne sera pas classée Seveso car elle ne fabriquera pas son liant, au contraire du site de Saint-Éloy-les-Mines. »

La toxicité du liant est-elle importante et quelles sont les conditions de sécurité nécessaires au stockage ?

Maurice Laboue : « Le liant sera stocké en silos, avec des bassins de rétention qui renforceront la sécurité. Concernant le liant, sa base est le formol, produit qui nécessite effectivement quelques précautions. Toutefois, les risques principaux d’exposition de la population vis-à-vis du formol sont à l’intérieur de chaque habitation. »

Les rejets vont-ils se rendre dans la vallée et densifier le brouillard ?

Bernard Combel, membre des Ailes Soissonnaises : « Lorsqu’une perturbation cyclonique arrive de l’ouest, en provenance de l’Atlantique, elle fait monter les fumées. En cas d’anticyclone, elles vont se rabattre vers le sol. Or, en cas d’anticyclone, les vents sont en provenance du nord-est ou de l’est et se dirigent vers l’ouest, ce qui éloignera les fumées de Soissons. Dans les deux cas de figure donc, il n’y aura pas de conséquences. »

Quelles sont les conséquences de l’ammoniac et du phénol sur les cultures comme le blé ou le colza ?

Patrice Foury, responsable environnement : « Dans le cas du phénol, l’impact au sol et dans l’atmosphère est si faible qu’il n’est pas mesurable. Concernant l’ammoniac, la dispersion est forte et l’ammoniac est un élément déjà présent dans l’atmosphère puisqu’il est généré par la décomposition des matériaux végétaux, les digestions animales, les engrais, les activités organiques. L’impact précis de l’usine Rockwool sera évalué au cours des études à venir. »

La température des rejets issus de la cheminée est-elle élevée ?

Maurice Laboue : « L’air rejeté est globalement chaud, environ 50 degrés, et humide. La visibilité de la fumée est tributaire de la température extérieure : si l’air est frais, la fumée est visible ; à température moyenne, elle n’est quasiment pas visible. »

Quel serait l’impact de l’usine en projet sur les cultures bio aux alentours ?

Jean-Marie Carré, président de GrandSoissons Agglomération : « J’ai fait des recherches et de nombreuses productions bio sont en activité dans la région de Saint-Éloy-les-Mines. Aucun frein à leur activité n’a été engendré par l’usine Rockwool. »

Dans le cas d’une cheminée à 50 mètres inférieure à Saint-Eloy-les-Mines, l’aérodrome ne risque-t-il pas d’être déplacé et la hauteur de la cheminée augmentée sur le long terme ?

Maurice Laboue : « A Saint-Éloy-les-Mines, la cheminée est d’une hauteur de 85 mètres car l’usine est implantée en pleine ville. Dans le Soissonnais, la contrainte vis-à-vis de l’aérodrome est de ne pas dépasser 202 mètres d’altitudes : la cheminée ne doit pas donc pas aller au-delà de 47,5 mètres pour permettre une cohabitation. Compte-tenu de la configuration du site, des vents, et des études sur l’air chaud qui a été menée, le premier modèle de dispersion est satisfaisant. La décision sur la cohabitation avec l’aérodrome revient à la Direction Générale de l’Aviation Civile. »

Quel sera le coût du raccordement électrique et qui va payer ?

Aurélien Lespinasse (RTE) : Le coût n’a pas encore été arrêté mais il sera assumé par le client, à savoir Rockwool.

D’où viennent les matières premières ?

Maurice Laboue : « Pour l’heure, ce paramètre n’a pas encore été fixé. A priori, la roche volcanique proviendra de l’Est de la France, des Vosges ou des Ardennes. Le laitier proviendra probablement du nord de la France. Si de la dolomie est utilisée, des sites se trouvent dans le bassin parisien. Concernant la bauxite, utilisée en très petite quantité, Rockwool s’approvisionnera surement en Sardaigne ou en Grèce. »

Est-il envisagé d’utiliser des transports du Soissonnais ?

Maurice Laboue : « Dans la mesure du possible, Rockwool fera appel à des transporteurs locaux qui sont plus pertinents à effectuer cette mission. »

Quelles sont les ambitions de développement de Rockwool ?

Maurice Laboue : « Une deuxième ligne de production n’est pas prévue par Rockwool. Toutefois, le développement sur la parcelle peut s’orienter vers un atelier de transformation visant à fabriquer des produits dérivés. »

Le calendrier prévisionnel

Le directeur du projet Maurice Laboue a annoncé que Rockwool prendra sa décision finale pour s’implanter sur la ZAC du Plateau au milieu de cette année 2019. L’enquête publique se déroulera durant les 1er et 2nd trimestres 2020. Puis en fonction des autorisations préfectorales, les travaux de construction de l’usine pourraient débuter dès la mi-2020 pendant 1 an et demi, avec l’objectif de démarrer la production au début de l’année 2022.

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« Quizz pour un champion » : Bucy vs Braine

Braine et Bucy-le-Long s’affronteront amicalement dans un « Quizz pour un champion » animé par Christophe Spalony, le champion toutes catégories de l’histoire du jeu « Questions pour un champion ».

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Une rencontre inter-communes autour d’un grand quizz en conditions réelles façon « Questions pour un champion » : c’est le concept imaginé par Sandrine Cance, adjointe à la mairie de Braine, pour animer le territoire. « L’idée m’est venue en accompagnant mon fils au quizz inter-collèges organisé par Christophe Spalony (lire encadré). J’ai tout de suite pensé à un challenge entre communes qui pourrait se faire dans notre belle salle du foyer rural de Braine. »

L’adjointe de Braine a alors sollicité une commune proche, celle de Bucy-le-Long et son maire Thierry Routier. Il a d’emblée adhéré au projet : « C’est une manière très ludique d’amener la culture dans nos territoires ruraux et de tisser des liens encore plus forts entre nos villes et villages. »

Tous deux se sont alors engagés avec enthousiasme dans l’organisation de l’événement, en collaboration étroite avec Christophe Spalony qui assurera l’animation, l’arbitrage et la préparation de pas moins de 1 500 questions. Leur plus grand étonnement est le retour très positif des habitants comme des partenaires : « Des gens de partout veulent y participer et ont tout simplement envie de jouer, témoignent-ils. Dans le même temps, ce type de manifestation suscite l’engouement des partenaires. Nous avons déjà le soutien de la communauté de communes et de l’office de tourisme du Val de l’Aisne, du département de l’Aisne, et des offices de tourisme de Soissons et Laon. D’autres partenaires privés sont aussi avec nous, cela permettra à chaque participant de repartir avec un lot. »

Dans leur élan, ils imaginent déjà de futurs « Quizz pour un champion » inter-communes sur le territoire. Face à l’accueil reçu alors que la grande finale ne se profile que fin mars, eux en tous cas y croient.

Les sélections

Dans la pratique, le « Quizz pour un champion » se veut être l’affrontement amical entre les communes de Braine et Bucy-le-Long, mais les sélections sont malgré tout ouvertes aux habitants d’autres communes. La grande finale, programmée le dimanche 29 mars à 15h à la salle polyvalente de Bucy-le-Long, opposera 8 sélectionnés de Braine contre 8 sélectionnés de Bucy-le-Long.

Les 16 sélectionnés devront donc passer par des qualifications. Celles-ci se dérouleront à Braine le dimanche 2 février à 15h /
à Bucy-le-Long le dimanche 8 mars à 15h.

Pour tous les candidats qui doivent être au moins âgés de 13 ans, les réservations aux qualifications sont obligatoires à Braine : au foyer rural ou au 03 23 74 11 60 / à Bucy-le-Long : à la médiathèque ou au 09 67 41 04 93.

A savoir que les qualifications ne se joueront qu’entre 16 candidats. En cas de candidatures plus nombreuses, des pré-sélections rapides se feront sur place.

Christophe Spalony, maître du jeu

Christophe Spalony sera le maître du jeu du « Quizz pour un champion » en tant qu’organisateur, animateur, arbitre et même concepteur des questions. Mais qui d’autre que cet habitant de Vénizel et professeur de mathématiques au collège de Villeneuve-Saint-Germain pouvait mieux incarner ce jeu ? Christophe reste en effet à ce jour le champion toutes catégories du jeu télévisé « Questions pour un champion », avec le plus gros gain de 150 000 € remporté et le plus grand nombre de 15 victoires consécutives des « Supers champions » en 2015.

Fort de son expérience et toujours aussi passionné par les quizz, il organise l’animation inter-collèges depuis plusieurs années et pense à la création d’un club « Questions pour un champion » sur le territoire. Il est d’ores et déjà très enthousiaste et heureux d’avoir été sollicité pour la première fois par des communes pour organiser un « Quizz pour un champion » local.

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Brexit : les conséquences pour les entreprises et agriculteurs axonais

Avec la sortie annoncée de la Grande-Bretagne de l’Europe au 31 janvier 2020, les autorités départementales informent les entreprises et les agriculteurs de l’Aisne des conséquences et des solutions face au Brexit.

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Le choix des Britanniques de quitter l’Union européenne remonte à leur référendum de juin 2016. Depuis, aucun accord n’a été trouvé entre les gouvernements anglais et le conseil européen pour entériner ce Brexit. Mais le vote des élections législatives anticipées du 12 décembre 2019 a changé la donne. Le peuple britannique a en effet assuré une large majorité au gouvernement conservateur du premier ministre Boris Johnson, partisan de la première heure du Brexit. Il a d’emblée confirmé sa volonté d’accélérer les choses et a annoncé leur sortie de l’Europe au 31 janvier 2020.

Faut-il préciser que cette décision historique ne sera pas sans conséquence ? Le Brexit fera tout simplement du Royaume-Uni un pays étranger à l’Union européenne, et première répercussion : le régime actuel de libre circulation des marchandises ne s’appliquera plus. Les échanges commerciaux avec l’Angleterre en seront bien sûr impactés, et ce sont ces conséquences et les solutions que la préfecture, la chambre de commerce et d’industrie et la chambre d’agriculture de l’Aisne veulent présenter aux entreprises et aux agriculteurs axonais.

« Les entreprises et agriculteurs qui exportent vers le Royaume-Uni, ou qui importent depuis ce pays, devront s’adapter à cette nouvelle donne du commerce qui va impacter leurs ventes, leur process de fabrication et donc leur chiffre d’affaires », confirme Olivier Jacob, le président de la CCI 02. La région des Hauts-de-France plus généralement est particulièrement exposée à ces risques du Brexit, du fait de son partenariat économique privilégié avec la Grande-Bretagne (lire l’encadré).

Les autorités du département jusqu’à l’Etat avertissent donc : « Les chefs d’entreprises qui travaillent avec le Royaume-Uni doivent dès maintenant s’interroger sur les conséquences du Brexit pour leur activité. »

A savoir :
Quelle période transitoire ? Quelles procédures de dédouanement ? Comment vont s’organiser les flux logistiques et le trafic routier autour de Calais, de Dunkerque et au Royaume-Uni ? Quelles certifications sanitaires seront nécessaires pour exporter vers le Royaume-Uni ? Qui va les délivrer et comment ? Comment seront accompagnées les entreprises en difficulté à cause du Brexit ?

Une réunion d’information a été organisée à la CCI de l’Aisne à Laon pour présenter aux entrepreneurs et agriculteurs les conséquences du Brexit, en présence des Douanes, de la Direction régionale de l’alimentation et de l’agriculture, de la DIRECCTE et de la Direction départementale de la protection des populations.

Nouvelle frontière

Côté français, on est prêt. Tant sur la construction de nouveaux postes de frontières que sur la création d’une nouvelle « frontière numérique » qui vise à enregistrer à l’avance les règlementations, les déclarations et les identifications des poids-lourds par exemple, pour fluidifier au maximum le passage aux frontières. « On se prépare depuis 2 ans, confirme Eric Meunier, le directeur inter-régional des douanes des Hauts-de-France. On s’est même organisé en imaginant le scénario le plus défavorable, à savoir une sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni au 1er février 2020 à minuit sans accord, le Brexit no deal. 700 douaniers supplémentaires ont même été recrutés pour faire face à ce Brexit. »

Pour les contrôles sanitaires et phytosanitaires aux frontières, les services du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation sont eux-aussi prêts à se déployer. Cela concernera les flux de végétaux, animaux vivants, produits animaux et aliments pour animaux en provenance ou à destination du Royaume-Uni. Les marchandises majoritaires étant les produits de la pêche et les viandes.

Les enjeux du Brexit se jouent en effet pour les entreprises au niveau des droits des douanes, des contrôles sanitaires et phytosanitaires, et des barrières règlementaires sur l’export et l’import. Cela étant, si tout est prêt côté français, c’est le grand flou qui règne outre-Manche où rien n’a encore été défini. Tout juste ont-ils annoncé qu’ils n’effectueront pas de contrôles sanitaires jusqu’en août 2020. Il est donc conseillé aux entreprises et agriculteurs de réaliser au plus vite un auto-diagnostic pour recenser toutes les conséquences sur leurs activités, puis identifier les mesures à prendre. Pour cela, des outils sont mis à leur disposition sur les sites du gouvernement et des administrations.

La chronologie du Brexit

• 23 juin 2016 : référendum voté à la majorité de 52 % par le peuple britannique pour quitter l’Union européenne.
• 29 mars 2017 : ouverture des négociations avec l’Union européenne.
• 25 novembre 2018 : premier accord de retrait obtenu avec la Première ministre Theresa May mais jamais approuvé côté Grande-Bretagne.
• 29 mars 2019 : sortie initialement prévue de la Grande-Bretagne de l’Europe, puis reportée plusieurs fois faute d’accords au 12 avril 2019, 31 octobre 2019 et 31 janvier 2020.
• 17 octobre 2019 : nouvel accord obtenu avec le Premier ministre Boris Johnson.
• 28 octobre 2019 : report du Brexit au 31 janvier 2020 accepté par le conseil européen.
• 12 décembre 2019 : élections législatives britanniques anticipées donnant une large majorité au gouvernement conservateur de Boris Johnson, partisan du Brexit.
• 31 janvier 2020 : sortie annoncée de la Grande-Bretagne de l’Europe.
• 31 décembre 2020 : fin annoncée de la période de séparation « en douceur » entre la Grande-Bretagne et l’Europe, et fin définitive des négociations d’accord de libre-échange commercial.

En chiffres : les échanges commerciaux Royaume-Uni / Hauts-de-France

Le R-U est le 7e partenaire commercial des HdF avec 6,7 milliards d’euros d’échanges en 2018.
HdF est la 2e région française par ses flux commerciaux avec le R-U, derrière l’Ile-de-France.
Le R-U est le 4e investisseur dans la région HdF en nombre d’établissements et d’effectifs avec 157 établissements et entreprises pour 10 527 personnes en effectifs. Par département, cela représente 87 établissements et 5 632 personnes dans le Nord ; 14 établissements et 1 904 personnes dans la Somme ; 36 établissements et 1 677 personnes dans le Pas-de-Calais ; 15 établissements et 1 118 personnes dans l’Oise ; 5 établissements et 196 personnes dans l’Aisne.

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Le quai Saint-Waast est ouvert

Comme annoncé il y a 1 an et 2 mois au commencement des travaux : les berges de la rive droite de l’Aisne sont ouvertes au public.

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Depuis le 12 décembre, le quai Saint-Waast situé entre le pont de Laon et la passerelle des Anglais est accessible aux promeneurs et aux pêcheurs. La promenade est refaite à neuf, le nouveau mobilier est installé, de même que des sanitaires et un point d’accès wifi gratuit. Dans le même temps, la fonction portuaire de chargement et déchargement des péniches est conservée tout en étant réhabilitée.

En revanche, la seconde partie de la rive droite, entre la passerelle des Anglais et le pont Gambetta, n’est pas totalement terminée. Mais cette partie qui était jusque-là inaccessible aux piétons pourra très prochainement être empruntée.

Place désormais à la transformation de la rive gauche dont les travaux vont débuter durant le second semestre de cette année 2020.

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LA MARMITE D’EDDIE – Corporate – 09-2018

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