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Concert d’ouverture de la saison à la CMD : dépasser le sublime

L'art du concert

Le chef d’orchestre et l’orchestre applaudissent le trio Wanderer.

La différence entre écouter de la musique, enregistrée ou en direct à la radio, et assister à un concert, est que l’un offre une écoute impeccable, et que l’autre est un spectacle, avec ses personnages qui jouent sur scène, et sa tension qui se libère dans les applaudissements.

Au premier concert de la nouvelle saison à la Cité de la Danse et de la Musique, après une ouverture de Frank Martin qui patine les caractéristiques de la musique mozartienne de dissonances plus récentes, l’orchestre de chambre de Genève, a joué la 40e symphonie de Mozart. C’est une œuvre tellement connue, tellement entendue dans tant de contextes qu’elle peut passer presque inaperçue. La musique est sublime, bien sûr ; mais quand l’orchestre s’applique à la jouer il devient possible de dépasser cet aspect et de reconnaître la force et la réflexion que Mozart a déployées pour l’écrire. Sa structure devient sensible par sa répartition parmi les musiciens, ses détails se reflètent dans les gestes, les arrêts et les reprises de chaque instrumentiste, sous la direction du chef d’orchestre.

L’importance du visuel est encore plus grande pour la seconde partie du concert, quand le trio Wanderer, Vincent Coq au piano, Jean-Marc Phillips-Varjabédian au violon et Raphaël Pidoux (déjà venu à Soissons) au violoncelle sont les solistes du Triple concerto de Beethoven. L’image sur scène est spectaculaire : les solistes devant, le chef Jean-Jacques Kantorow et l’OCG derrière. Il faut voir – oui, voir – l’orchestre commencer longuement comme pour une symphonie, avec un thème qui est soudain repris par le violoncelle, puis le violon, puis le piano.

Si ce concerto était un ballet, alors le bref mouvement lent serait un pas de deux brillant et poignant entre le violon et le violoncelle, et le piano serait le corps de ballet. C’est romantique, dans le sens d’un sentiment profond exprimé dans une forme qui peut toucher aussi profondément un auditeur.

La musique ralentit, le violoncelle – vedette avérée du trio d’instruments solistes – répète une seule note, le temps de passer du deuxième au troisième mouvement, un rondo enlevé qui termine le concerto, le concert et le spectacle.

denis.mahaffey@levase.fr

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Denis MahaffeyJournaliste, écrivain, traducteur... et irlandais, il a vécu en France plus longtemps qu'en Irlande, mais tient au statut d'"étranger", qui aiguise l'observation et son expression en mots. View all posts by Denis Mahaffey

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