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Cours de maître sur la clarinette

L'art d'apprendre la clarinette

Franck Amet transmet son savoir à Rémy Roskwas.

La Journée de la clarinette à la CMD s’est plutôt étendue sur trois jours. L’avant-veille de son concert dans la grande salle avec l’orchestre de Picardie, le célèbre clarinettiste David Krakauer avait passé du temps avec les élèves du Conservatoire. Le lendemain du concert, la Journée même, des activités et expositions ont eu lieu, suivies d’un concert donné par les professeurs et élèves du Département.

Parmi les actions, Franck Amet, autre clarinettiste classique de renom, a donné une masterclass (pourquoi ne dit-on pas « cours de maître » ?) pour les élèves de haut niveau.

Assister à cette séance permet de comprendre l’utilité d’un tel enseignement, par rapport aux cours réguliers avec les professeurs de conservatoire – sans que la ligne de démarcation soit nette. il s’agit plutôt d’une différence entre le privé et le public. Le professeur s’occupe de douer son élève des compétences techniques nécessaires pour jouer l’instrument, et l’encourage à interpréter les intentions du compositeur.

L’intervenant extérieur, musicien ayant une carrière publique, tente de transmettre l’expérience de jouer pour le public. Il aide à construire le pont entre la salle de cours et la salle de concert.

Rémy Roskwas proposait la partition pour clarinette du quatuor « Bella figlia dell’amore » de Rigoletto, l’opéra de Verdi. Il l’a jouée, phrase par phrase, et Franck Amet l’a guidé vers quelque chose de plus expressif. Il a expliqué le principe du « rubato », (« volé »), effet par lequel un ralentissement volé ici au tempo est restitué là. De façon générale il l’encourage à faire des notes un vocabulaire par lequel il s’exprimera devant les auditeurs.

« En jouant tu dois poser des questions, affirmer, hésiter. Derrière la maîtrise de la technique il y a tout un travail de conception à faire. » Il aborde l’engagement affectif : « Tu as la capacité, par ton émotion, à méduser tout le monde. »

Entre ses interventions il raconte ses expériences dans la fosse de l’Opéra de Paris. Il y avait un baryton dont il appréciait particulière la voix. Seulement, le plaisir d’écouter cette voix atteignait sa concentration. « Ne parlons pas du ballet ! » a-t-il remarqué, en référence aux danseuses sur scène, mais en admettant, presque à regret, que les ventistes sont assis plutôt au fond de la fosse, loin de telles distractions.

Anecdotes pour faire rire ? Plutôt une manière supplémentaire de marquer la différence entre l’étude d’un instrument, solitaire ou avec un professeur, et la confrontation avec tous les éléments extérieurs qui surgissent quand le musicien sort de son cocon.

denis.mahaffey@levase.fr

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Denis MahaffeyJournaliste, écrivain, traducteur... et irlandais, il a vécu en France plus longtemps qu'en Irlande, mais tient au statut d'"étranger", qui aiguise l'observation et son expression en mots. View all posts by Denis Mahaffey

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