Bimensuel gratuit d'informations locales du Soissonnais

Joël Grare : les origines de la musique

L'art de la percussion

Les facteurs-joueurs venus des ateliers

Avant le récital du percussionniste Joël Grare, les organisateurs, les Concerts de Poche, avaient comme toujours prévu un travail en amont. Un groupe d’élèves du collège Gérard Philippe et des jeunes d’un chantier d’insertion avaient participé depuis trois mois à un atelier pour construire des instruments de percussion de fortune, en utilisant des bouteilles en plastique, tuyaux d’assainissement et boîtes à conserve.

Huit volontaires des deux groupes ont fait la première partie du concert en jouant sur ces instruments, avec beaucoup de sérieux et quelques grands sourires, sous la direction athlétique de Richard Caillieux, « batteur, musicien et pédagogue » a-t-il dit après le concert.

Il était tentant, en les écoutant et quand Joël Grare, Renaud Détruit le vibraphoniste et Simon Buffaut à la contrebasse les ont suivi sur scène, d’imaginer que la musique a eu ses origines dans le plaisir que quelqu’un a pris à taper rythmiquement sur une surface, puis a découvrir que, quand l’objet était creux, il résonnait. Avec le bronze, un récipient renversé produisait un son de cloche qui variait en ton selon sa taille.

Joël Grare a commencé par jouer sur une sanza, caisse en bois avec des lamelles, produisant un son d’une incroyable douceur. Le vibraphone s’y est mis avec ses rafales de notes, plus incisives mais avec la même finesse. Simon Buffaut a ajouté les notes graves et dansantes.

D’improvisations collectives en compositions des membres du trio, avec du Bartók et du Thelonius Monk, ils ont maintenu un niveau de virtuosité et de bonne humeur sans faille. Renaud Détruit a été, par le mordant de son instrument et les effets spectaculaires qu’il permettait, plutôt le soliste, mais Joël Grare, derrière sa batterie ou en introduisant différents instruments de percussion, et Simon Buffaut, les doigts courant sur les cordes de sa contrebasse, ont ajouté de riches accompagnements.

L’ambiance sur le plateau était chaleureuse, presque affectueuse. Simon Buffaud souriait constamment en regardant les deux autres, et Joël Grare, l’aîné des trois, avait un regard paternel, presque maternant, sur eux.

Au traditionnel buffet après le concert, on pouvait sentir la relation intime que les Concerts de Poche nourrissent entre les faiseurs et les auditeurs de musique.

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DM ajoute : Quelle impression d’etre transportés dans le passé, en écoutant de la musique dans le principal espace d’exposition de l’Arsenal, entourés des grands tableaux de Gérard Fromanger – et assis sur les mêmes chaises métalliques de jardin publique qu’à l’époque distante de Musées-Musique ! Qui l’eût crû ?

denis.mahaffey@levase.fr

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Denis MahaffeyJournaliste, écrivain, traducteur... et irlandais, il a vécu en France plus longtemps qu'en Irlande, mais tient au statut d'"étranger", qui aiguise l'observation et son expression en mots. View all posts by Denis Mahaffey

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