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Le blues, grand-père du jazz

L'art du blues et du jazz

Jean-Jacques Milteau devant Gildas Boclé

« Bluezz Gang » : le titre annoncé du concert à la CMD en disait déjà long sur son contenu et son contexte. Le blues prédominerait, mais le jazz (« zz ») s’y attacherait. Quant à « Gang », les musiciens, Jean-Jacques Milteau à ses célèbres harmonicas, Edouard Bineau au piano, Gildas Boclé à la contrebasse, Simon Bernier à la batterie et le chanteur Michael Robinson forment une vraie « bande », heureux de se retrouver après un long intervalle.

Ils commencent par jouer « The Saints ». Un choix facile pour lancer la soirée dans un registre enlevée ? Non, car au lieu de la marche familière fortement rythmée, ils l’ont déconstruite, reconstruite, ouverte à l’imagination musicale. Toujours reconnaissable, mais devenue l’objet d’une exploration structurelle.

Le « Saint Louis blues » a suivi, illustration encore plus épatante de la méthode. Ce blues à douze mesures donne lieu à des improvisations, à travers émerge tout de même les harmonies poignantes de la chanson, le sens que le bonheur perdra toujours la bataille contre la tristesse de la vie. Selon la formule, « Le blues, rien d’autre qu’un homme de bien pour qui ça va mal ».

Entre deux numéros Jean-Jacques Milteau déclare que « le blues c’est le grand-père du jazz ». « Bluezz » maintient l’essentiel du blues, sa simplicité, la noirceur de ses propos, mais en s’engageant dans des envolées lyriques pleines de virtuosité.

Edouard Bineau

Le pianiste Edouard Bineau, complice depuis longtemps de Milteau, est également harmoniciste. Seul sur scène, il joue l’harmonica de la main droite, en s’accompagnant au piano avec la main gauche. La beauté de la musique peut aussi être visuelle.

Le concert prend fin avec « Down in Mississippi », joué et chanté comme si les musiciens célébraient le plaisir d’être ensemble, entre eux et avec le public. Une célébration ; mais dans les paroles une grand-mère dit à son petit-fils assoiffé de ne boire qu’à la fontaine d’eau marquée « Pour les gens de couleur ». L’accablement du blues en est éclairé.

denis.mahaffey@levase.fr

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Denis MahaffeyJournaliste, écrivain, traducteur... et irlandais, il a vécu en France plus longtemps qu'en Irlande, mais tient au statut d'"étranger", qui aiguise l'observation et son expression en mots. View all posts by Denis Mahaffey

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