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Musique

La musique : de Portes-Ouvertes en Fête

L'art de faire la musiquel

Owen Liu joue Chopin à la CMD.

Pendant deux jours le monde de la musique à Soissons s’est montré et fêté. La journée Portes Ouvertes du Conservatoire a eu lieu la veille de la Fête de la Musique.

Dans toutes les salles et tous les recoins de la Cité de la Musique et de la Danse, du grand auditorium aux salles de cours, des élèves ont fait entendre – ou pour les danseurs voir – ce qu’ils apprenaient. Tout n’était pas parfait, et il y avait, à côté de performances impressionnantes, des hésitations et des recommencements. L’objectif étant d’encourager des inscriptions aux cours, cette réalité avait un sens. Le néophyte, enfant ou adulte, se rend compte qu’il ne s’agit pas de devoir émuler les meilleurs, mais de s’engager sur le long chemin vers la perfection, semé d’erreurs pour chacun.

Le message était clair : « Voilà ce qui s’apprend chez nous ; si une envie te prend, inscris-toi donc pour un cours, et deviens musicien » – ou danseur ou chanteur ou compositeur.

Isabelle Fontaine joue à la cathédrale.

Parmi les multiples prestations : un groupe de violoncellistes sous la direction et avec la participation de leur professeur Martin Barral ; Gilles Dulauroy, responsable de formation musicale, qui fabriquait des kazoos dans la « rue » de la Cité, en donnant un mini-cours à chacun des destinataires ; des élèves de piano se succédant à l’instrument dans l’amphithéâtre, dont Owen Liu qui a joué une Nocturne de Chopin.

Le lendemain de cette illustration à de multiples facettes du processus d’apprentissage, la musique a été encore à la fête. Des solistes et ensembles ont occupé le centre-ville, de la chapelle Saint-Charles jusqu’au bord de l’Aisne, faisant de la musique partout, même dans la rue. Dans la plupart des cas il s’agissait d’amateurs, ceux qui jouent ou chantent pour se faire plaisir, ou pour relever un défi, ou pour partager une activité sans en faire un métier

Quelques événements vécus : le Cercle Musical à la chapelle Saint-Charles, c’est la tradition ; Isabelle Fontaine à l’orgue de chœur de la cathédrale, pendant la longue attente de remise en état des grandes orgues ; les chorales dans la nef de Saint-Léger, dont A tout chœur de l’association ACS ; les artistes, jeunes et adultes, qui se succédaient sur la scène montée à côté de la terrasse de café, hélas provisoire, avec ses tables dans l’ombre des arbres.

La chorale A tout chœur à Saint-Léger

Comme la journée Portes-ouvertes à la CMD, l’objectif a été moins d’époustoufler le public que de l’inciter à aimer les musiques, en écoutant ou en jouant. C’était également l’occasion pour les musiciens de trouver un public.

Portes Ouvertes dans un établissement d’apprentissage de la musique, fête populaire autour de l’activité musicale : tous ces musiciens se rejoignent dans une envie de mettre en pratique leur amour de la musique.

denis.mahaffey@levase.fr

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Musique

Prochainement : Le Festival de Laon à Soissons

L'art de la musique en fête

Hilary Hahn joue Sibelius à Laon.

Cela semblerait aller de soi : le 30e Festival de Laon aura lieu à Laon. Ce serait logique. Mais la musique tend à s’échapper à la logique, et chaque année les amateurs de musique de Soissons bénéficient de plusieurs coproductions Festival/CMD. Le concert de fermeture aura même lieu à Soissons.

Entre le 21 septembre et le 9 novembre, le programme comprend onze concerts. Le propre du Festival, organisé depuis le début par l’Association pour le Développement de l’Action Musicale dans l’Aisne (ADAMA), a toujours été de refléter les liens des musiciens, des œuvres ou des partenariats avec l’Aisne. Le paysage musical du Département, façonné par ces liens, transparaît à travers la musique qui sera entendue, les structures locales étant rejointes par des artistes de la scène internationale.

La la Cité de la Musique et de la Danse de Soissons CMD accueillera 4 concerts cette année.

Les 29 et 30 septembre, le violoniste Renaud Capuçon et le pianiste Kit Armstrong entreprennent, en trois récitals sur deux jours, et en quatre heures en tout, de jouer l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven. Ce sera une occasion unique d’entendre ce projet en France. C’est « l’un des corpus de chefs-d’œuvre les plus fondamentaux, en un parcours viennois conjuguant diversité et contrastes dans la conception de chacun des trois programmes. » (*)

Le premier récital a lieu à l’église Saint-Martin de Laon le 29 septembre à 20h30, et les deuxième et troisième seront à la CMD, le 30 septembre à 15h et à 17h30. Pour le premier concert, un car gratuit part de l’Hôtel de ville de Soissons à 19h15, et revient au point de départ après le concert. Le billet est donné pour l’achat d’une place.

Au premier programme : Sonates N°1 en ré majeur op. 12, N°6 en la majeur op. 30, N°2 en la majeur op. 12 et N°7 en ut mineur op. 30.

« Le premier des trois volets conjuguant l’enjouement juvénile des deux sonates initiales, l’exaltation pastorale de la sixième et la dimension pathétique de la fougueuse septième. » (*)

Au deuxième programme : Sonates N°4 en la mineur op. 23, N°8 en sol majeur op. 30 et N°9 en la majeur op. 47 (« Kreutzer »)

« Le sentiment beethovénien de la joie inspirant la sonate n°8 et la mosaïque de la 4ème, entre esprit de la suite et exubérance. En point culminant, l’orchestrale sonate Kreutzer, d’abord dédiée au jeune mulâtre prodige George Bridgetower. » (*)

Au troisième programme : Sonates N°3 en mi bémol majeur op.12, N°5 en fa majeur op. 24 (« Le Printemps ») et N°10 en sol majeur op.96.

« Des premières productions à la pleine maturité. De la sonate n°3 aux ultimes pages de la dixième, conçue une décennie après les autres œuvres du cycle. Entre les deux termes, la fameuse sonate n°5, Le Printemps, tout en fraîcheur et spontanéité. » (*)

 Le 19 octobre, l’orchestre Les Siècles joue la symphonie n° 1 (Titan) et Totenfeier de Mahler à la CMD.

« Le souffle symphonique d’un génie émancipateur dans la quête d’un dépassement de l’ultime symphonie beethovénienne. Deux œuvres enlacées dans une production aux dimensions métaphysiques nourries des angoisses humaines. L’exaltation d’un discours ambivalent oscillant de l’euphorie tragique à l’ironie du drame. Entre marche funèbre et citation du thème populaire Frère Jacques, une première symphonie « titanesque » prolongée par ce mouvement Totenfeier, élaboré conjointement et finalement destiné à introduire la deuxième symphonie, « Résurrection ». » (*)

Le 9 novembre l’orchestre du Conservatoire Paris est à la CMD pour un concert de Beethoven, Schumann et Weber.

Au programme : Ludwig van Beethoven, Concerto pour violon et orchestre op.61, soliste Stéphanie-Marie Degand ; Schumann, ouverture de Genoveva et Symphonie n°3 op.97 (“Rhénane”) ; Weber, ouverture Der Freischütz.

« L’Orchestre du CNSMD de Paris conduit par son directeur, le compositeur Bruno Mantovani, en un clair-obscur germanique sous la figure tutélaire de Beethoven. La lumineuse puissance de son concerto pour violon, en miroir des ombrageux tourments à venir. Avec l’ouverture du Freischütz, une sorte de portail du grand romantisme allemand, friand de contes et légendes fantastiques à l’instar de Genoveva, l’opéra de Schumann d’inspiration médiévale. Une œuvre contemporaine de sa 3e Symphonie, « Rhénane », exaltant en 1850 le fleuve mythique, « serein et fier comme un dieu antique », dans lequel le musicien se jette quatre ans plus tard. » (*)

(*) Extraits du programme du Festival

En prélude au Festival, et pour marquer ses vingt-cinq ans de présence régulière dans l’Aisne, l’orchestre symphonique de Radio-France avait donné un concert en juillet dans la cathédrale de Laon, tellement pleine que des chaises avaient envahi même les bas-côtés dans un désordre mélomane.

Au programme, Le tombeau de Couperin de Ravel, entrée en matière néo-classique et rappel du Centenaire de la Grande guerre, car le compositeur a dédicacé chaque mouvement à un de ses camarades tués au Front. Il a été suivi d’une œuvre bien souvent entendue, le Concerto pour violon de Sibelius, avec ses tonalités qui pouvaient faire penser aux cultures du grand Nord. La jeune soliste américaine Hilary Hahn a fait brillamment face aux difficultés d’exécution, et a rendu intelligible et éloquente la partition. Elle a attiré la sympathie du public par les sourires qui accompagnaient son jeu, et parce que, pendant les passages où l’orchestre jouait seul, elle se retournait et regardait les instrumentistes. En bis, un bref morceau de Bach.

Le concert s’est terminé par un tube inépuisable, la cinquième Symphonie de Beethoven. Voir jouer des musiciens, au lieu de consommer tièdement sur haut-parleur, assure des découvertes, selon l’interprétation. Ce qui a attiré l’attention ici a été la puissance des passages en ton mineur qui nuancent la déclaration vibrante du thème en quatre notes. D’autre part, l’orchestre a investi le début du deuxième mouvement d’une douceur intense.

Ceux qui écoutent les cordes de cet orchestre, dont les musiciens ont déjà joué à la CMD, peuvent avoir l’impression de n’entendre qu’un seul instrument, et en même temps d’entendre chacun individuellement. C’est du grand art.

Ce hors-d’œuvre aura mis en appétit des auditeurs pour la longue série de concerts du Festival de Laon 2018.

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Actualités

Mélissa Aït Mesghat sait ce qu’elle fait

Mélissa Aït Mesghat, directrice de l’Espace Jeunesse et Culture de Soissons, pose pour la photo devant le logo de l’association.
Mélissa Aït Mesghat, directrice de l’Espace Jeunesse et Culture de Soissons, pose pour la photo devant le logo de l’association.

Mélissa Aït Mesghat, directrice de l’Espace Jeunesse et Culture de Soissons, pose pour la photo devant le logo de l’association. Les lettres « EJC » y sont encadrées à gauche par un demi-anneau, recouvert de sillons de CD en haut et se fragmentant en bas en petits carrés. Le nom s’imprime en toutes lettres sous ce dessin dans une police sobre, mais avec une touche de fantaisie dans le « P » et le « R ».

Le logo traduit adroitement l’activité de l’EJC à Soissons, centrée sur les « musiques actuelles » mais qui se décline en toutes sortes d’ateliers, de la danse à la mécanique. Il remplace une série d’animaux de bande dessinée, pour mieux refléter le sérieux de ce qui se fait dans une ambiance détendue. Quel graphiste professionnel l’a dessiné ? « Mais c’est moi-même » déclare Mélissa avec un sourire.

Elle « sait ce qu’elle fait », comme on dit pour reconnaître la compétence. Mais Mélissa sait en plus ce qu’elle entend faire : bâtir une structure qui nourrit les talents, compter sur une équipe (Emilie Gamallo est son assistante), construire l’avenir en accord avec toutes les parties.

Mélissa, dont les grands-parents ont quitté la Kabylie pour l’Aisne, naît à Château-Thierry et y fait sa scolarité, suivie d’études universitaires dans le secteur culturel à Reims.

Elle occupe ensuite une série de postes dans des centres culturels, remplaçant des personnes en congé de maternité : programmation de la saison à Witry près de Reims, Charleville-Mézières pour le festival des marionnettes, puis six mois à Paris dans la production de films, suivie de la direction d’un centre culturel dans les Ardennes. Comment a-t-elle fait pour les obtenir ? « Que par les rencontres ! » admet-elle, en reconnaissant le réseau qu’elle s’est construit. Elle a appris ainsi les responsabilités du métier, mais s’est engagée aussi dans l’animation pratique d’activités – qu’elle continue avec un atelier d’éveil corporel à Soissons.

Encouragée par une amie elle a postulé pour le poste de directrice à Soissons, et a été acceptée. « C’est mon premier CDI ! » jubile-t-elle.

Arrivée en cours de saison, elle commence par une période d’observation. « L’EJC n’était pas assez visible, avait un problème d’identité. » L’ancienne « Maison » était devenue « Espace » à la suite de conflits, mais Mélissa ne s’y attarde pas : « On regarde en avant, pas en arrière. » Elle se met au travail, obtient de la Ville que les locaux, imbriqués dans le même ensemble que la Scène culturelle et l’ancien Conservatoire, soient rénovés.

Les activités sont revues et développées. La participation augmente depuis quatre ans. Le « bœuf » du mardi soir est devenu l’événement musical de la semaine en ville. La rentrée de septembre verra trois nouveaux ateliers : Rythme et oreilles, Trompette et tambour et « Le Comptoir » (atelier de chant qui prend son nom du comptoir autour duquel l’idée est née).

Mélissa Aït Mesghat répondant sans hésitation à toutes les questions, parle peu de sa vie personnelle. Ce n’est pas son propos en acceptant l’entretien. Elle parle de ce qu’elle fait – et de ce qu’elle sait faire.

EJC de Soissons – Fédération départementale des MJC de l’Aisne : 7 Rue Jean de Dormans – 03 23 93 05 48.

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Musique

Karine Deshayes : de Mozart à Rossini en mezzo

L'art du chant

L’auditeur au récital de la mezzo-soprano Karine Deshayes à la CMD pouvait, selon ses préférences, s’attendre à être bouleversé par les airs de Mozart ou ébloui par ceux de Rossini. Il y aurait les mélodies de celui-là, presque comptines d’enfants à développer de façon presque ludique, fantaisiste et irrésistible, ou thèmes atteignant la transcendance, et par lesquels le compositeur et l’auditeur partagent les mêmes profondeurs. Il y aurait aussi le bel canto de celui-ci, ces déluges de notes par lesquels une cantatrice démontre puis dépasse la virtuosité.

Karine Deshayes accompagnée par Dominique Plancade, avec Pierre-Alain Braye-Wepp, présentateur des Concerts de Poche et compositeur, qui tourne les pages

Karine Deshayes, accompagnée par Dominique Plancade au piano, a fait admirablement face aux défis. Le pianiste a travaillé avec modestie et conviction, avec le sourire et un regard attentif vers la soliste.

La surprise a été l’impact, entre les airs d’opéra, de trois chansons de Rossini, qui ont mis en valeur la nature ronde et riche de sa voix. Elle a pu les chanter avec une grande simplicité, presque inattendue au milieu d’airs plus dramatiques.

Pour Mozart, quelques passages entre registres de voix se sont fait remarquer, alors que Karine Deshayes a chanté Rossini avec la fougue impeccable d’une soprano, mais la voix chaude et arrondie d’une mezzo.

L’air de Sémiramide a été le « bouquet », comme ceux par lesquels se termine un feu d’artifice. La soliste pouvait s’arrêter ; on l’imaginait épuisée. Mais non : elle s’est lancée dans un second bouquet, en bis, et quel bis ! : Una voce poco fa, l’air de Rosine du Barbier de Seville, musicalement spectaculaire et pleine d’espièglerie. Les auditeurs ont été comblés et l’ont fait savoir.


« Pas d’ateliers sans concert ; pas de concert sans ateliers » : pour Gisèle Magnan, directrice des Concerts de Poche, association organisatrice du récital de Karine Deshayes, c’est la règle de son action. Chaque concert s’accompagne en amont de formations dont l’intention est d’ouvrir à la créativité et la pratique musicales des publics scolaires et adultes qui n’en ont pas l’habitude.

Depuis avril une classe de CE2 de l’école Michelet répète, en parallèle d’un groupe d’adultes du centre social Saint-Crépin, sous la direction de Karine Tassan. Ils se sont retrouvés en première partie du concert. Ils ont chanté, en accompagnant les paroles par des gestes et mouvements, générant une ambiance exubérante. Après, ils ont rejoint les autres spectateurs dans la salle, ayant parfois plus de mal à écouter la musique que d’en faire.

denis.mahaffey@levase.fr

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