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Scènes partagées : de Fauré à Franck avec Henri Demarquette

L'art de la musique de chambre

Les musiciens jouent le quintette de Gabriel Fauré.

Le dernier passage du violoncelliste Henri Demarquette à la CMD a été lors de son spectacle Vocello, exploration de la relation entre le son de son instrument et celui d’un ensemble de douze chanteurs.

Il est revenu pour la 9e édition de « Scènes partagées », dispositif par lequel l’Association pour le développement des activités musicales de l’Aisne (ADAMA) nourrit la qualité de l’enseignement musical, en sortant de leurs salles de cours des enseignants de conservatoires et écoles de musique du Département pour les confronter au public des salles de concert. Chaque année, un grand soliste s’associe à eux pour donner un concert à Soissons et à Laon, parmi eux Jean-François Heisser, Claire Désert, Svetlin Roussev, Régis Pasquier, Jean-Philippe Collard, Emmanuelle Bertrand, Pascal Moraguès et Gary Hoffman.

Cette année, le violoncelliste Henri Demarquette a abordé, avec deux groupes de cordistes et un pianiste, le quintette opus 115 de Gabriel Fauré et celui en fa mineur de César Franck. Henri Demarquette au violoncelle et Florian Billot au piano on été rejoints par les violonistes Isabelle Soumagne et Nathalie Lecuyer et l’altiste Philippe Laugier pour l’œuvre de Fauré, et par les violonistes France-Pascale Chevalier et Sylvie Coquidé et l’altiste Christelle Arrachart pour celle de Franck.

Le contraste a été saisissant entre les deux œuvres. Ce contraste vient-il de la nature même des deux quintettes, ou a-t-il été nuancé par les musiciens dans le cadre de ce concert ? A moins d’avoir une connaissance intime des compositions et de leurs diverses interprétations, l’auditeur moyen sentira l’effet, sans l’analyser.

Le début du Fauré, et donc du concert, a été comme une présentation individuelle de chaque instrument. Sur un accompagnement du piano, l’alto joue un thème, repris par le violoncelle puis par les violons. Les bases sont posées pour ce qu’un critique a appelé « une grande coulée de musique ». Au troisième mouvement cette coulée devient cyclique, comme les vagues d’une marée montante.

Après l’entracte, et l’arrivée des trois autres membres de l’ensemble pour le quintette de Franck, les auditeurs ont été plongés, à partir du thème déclaré par le violon, que rejoignent aussitôt les autres cordes, dans une ambiance avec plus de questionnements. Il y a de la passion, de la puissance. Seul le piano met de l’équilibre dans les échanges. Le deuxième mouvement devient même une conversation teintée de tristesse entre le piano et les cordes.

Pour les instrumentistes choisis le dispositif des « Scènes partagées » est autant un défi qu’une occasion. Ils reçoivent les partitions sur lesquelles ils travaillent seuls, puis ont quelques répétitions avec le musicien de l’année, et c’est déjà le concert public. Ils n’ont guère le temps de devenir un ensemble qui dépasse les particularités de chacun. Leur engagement est d’autant plus formidable.

denis.mahaffey@levase.fr

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Denis MahaffeyJournaliste, écrivain, traducteur... et irlandais, il a vécu en France plus longtemps qu'en Irlande, mais tient au statut d'"étranger", qui aiguise l'observation et son expression en mots. View all posts by Denis Mahaffey

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