LE VASE COMMUNICANT

Jean-Christophe Norman : le texte à l’épreuve de l’art

L'art du recours au texte

Jean-Christophe Norman abrase son exemplaire d'Ulysse de Joyce sur un mur.

Contenir tout l’univers, déjà le titre de l’exposition de Jean-Christophe Norman à l’Arsenal déroute par sa portée. Serait-ce voulu ? Les visiteurs qui veulent voir dans un musée des œuvres correspondant à leurs critères personnels de beauté, d’accessibilité, auront un effort – ou un abandon de tels critères – à faire.

La muséographie, renversante d’équilibre et d’à-propos, du directeur Christophe Brouard et son équipe invite à suivre l’artiste sur ses routes vers des destinations… déroutantes et, tout fait penser, solitaires. Une vidéo le montre pendant une étape du voyage long de dix ans qu’il a fait pour recopier sur les trottoirs du monde, et sur une seule ligne continue, le récit d’un autre voyage épique, celui que James Joyce écrit dans le roman Ulysse. Accroupi, seul au milieu des passants, le livre ouvert dans une main, il trace les mots avec une craie blanche.

Silhouette de l’artiste en marche, partageant le cadre avec une page collée d’Ulysse

Aux murs de l’Arsenal, ses peintures et collages sont souvent répétitifs, jamais identiques. Un mur est couvert de 650 peintures faites au verso des feuilles d’un roman de Hans-Henri Janne et qui se touchent, chacune clouée avec quatre pointes,.

Ici et là des volumes ouverts de la Pléiade sont posés sur un présentoir, totalement noircis avec du graphite, ne laissant que l’ombre du texte. Pour le lire ? Faut prendre un autre exemplaire. Jean-Christophe Norman établit un autre rapport au texte.


Contenir tout l’univers, Arsenal, jusqu’au 12 juillet

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