L'art de la peinture
Exposition Badia Marteau, galerie du Mail, jusqu’au 13 février
Les murs de la galerie du Mail ont rarement été autant remplis de tableaux. De haut en bas, et tout autour de la salle, des visages de femme, plus grands que nature, fixent le spectateur. Les femmes ont de grands yeux et une bouche sensuelle. Les vêtements et coiffures sont gracieux, décontractés, parfois désinvoltes. Les couleurs sont irréprochables, en acrylique, huile, aérosol.

Badia Marteau vit à Anizy. Avant ? « J’étais à Paris. » Elle anticipe la question suivante : « Et avant au Maroc. » La peinture ? « Ce n’est pas mon métier. Je suis autodidacte. Je suis psychiatre à l’hôpital de Prémontré. » Les tableaux pour cette exposition ? « Je les ai faits cette dernière année. Ils ne sont même pas tous ici. » Seule la tête est montrée. « Avant, je me plaçais plus loin mais je me suis rapprochée. » Ses sources : « Quand je vois un visage qui m’intéresse, je prends une photo. »
Il reste la question des coulures sur ses toiles. Impossible de ne pas la poser. Plusieurs des nombreux invités à ce vernissage ont déjà demandé, sans qu’elle fournisse une explication. Alors, pourquoi ? Elle sourit. « Je ne veux pas que ce soit « clean ».
Ainsi, Badia refuse d’accomplir l’image de la perfection féminine. Elle montre la part incontrôlée, les petits échecs, l’impuissance qui font que ce sont des portraits de femme dans leur fragilité. Elles peuvent être belles, mais non pas parfaites. Vivantes, non pas mortes.
