Connectez-vous avec le Vase

Actualités

Sous la place, des pavés… de l’Antiquité au XXe

Une partie de la place Fernand Marquigny a été le lieu d’un diagnostic archéologique durant tout le mois d’août.
Le diagnostic dira si des fouilles de plus grande ampleur devront être entreprises avant de débuter les travaux de rénovation du cœur de ville à cet endroit.

« Vivre dans une ville avec un patrimoine historique aussi riche, cela a des avantages, mais aussi des inconvénients. » Le maire de Soissons, Alain Crémont, l’admet lui-même : engager des projets de reconstruction dans la cité du Vase n’est pas si simple. Statut de première capitale des Francs oblige, impossible pour une collectivité territoriale de creuser une simple fondation de bâtiment sans sonder le sous-sol et passer à côté des possibles trésors archéologiques dont il regorge. Un exemple vient d’emblée à l’esprit du maire, à savoir la construction de la Maison des association rue de l’Arquebuse :
« Le chantier a pris deux ans de retard après les fouilles archéologiques. Nous avons dû repenser complètement le projet avec des pieux de soutènement. » Il annonce toutefois : « La construction de la Maison des association reprendra en cette fin d’année 2019. »

L’Inrap en action

Pour l’heure, ce sont les sous-sols de la place Fernand Marquigny qui sont à l’étude. Dans son projet de réhabilitation du cœur de ville, la municipalité a en effet émis l’idée d’y faire un parking souterrain. Elle a donc confié le diagnostic archéologique à l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Tout au long du mois d’août, six archéologues ont ainsi ouvert chirurgicalement la place sur trois zones de sondage, à coups de pelle mécanique quand même, puis de pioches et truelles : « Bien sûr, on est loin de l’image de l’archéologue avec sa brosse à dents », s’amuse Louis Hugonnier, le responsable des opérations.
Leurs missions : « Définir si le sol contient des vestiges, si oui à quelle profondeur et de quand datent-ils, explique Richard Rougier, directeur scientifique et technique adjoint de l’Inrap Picardie. Partant des derniers documents existants de la fin 18e début 19e siècle, nous avions également une demande plus spécifique, celle de repositionner l’ancien Hôtel-Dieu et la rue du même nom, détruits en 1917 lors des bombardements de la Première Guerre mondiale. »

L’Hôtel-Dieu retrouvé

Premier enseignement : des vestiges existent sous la place Fernand Marquigny, certains sans aller plus profond que 20 cm sous le macadam. Dans le premier sondage, les archéologues ont resitué l’Hôtel-Dieu : « Nous avons mis à jour un angle de la façade avec des murs de très belle facture », souligne Louis Hugonnier. Dans le deuxième sondage, la rue de l’Hôtel-Dieu a été retrouvée : « C’était une rue très étroite de 3 à 4 mètres de large, elle rejoignait presque le chevet de la cathédrale ». Dans le troisième sondage, plusieurs niveaux de vestiges ont été découverts, du haut Moyen-Age à l’époque romaine, ces derniers étant à une profondeur de 3,70 m. « Notre but est de poursuivre le sondage pour arriver à la terre naturelle, continue Louis Hugonnier. Nous irons jusqu’à 6 mètres s’il le faut ».

Les conclusions

Après cinq semaines d’études, l’Inrap a terminé son diagnostic et rendu la place Marquigny à la Ville de Soissons le 30 août. Louis Hugonnier devra rendre son rapport scientifique au service régional archéologique le 20 décembre au plus tard. Une commission statuera ensuite si des fouilles devront ou non être engagées sur la place en fonction du projet de réhabilitation.
« Notre but est d’aller chercher l’information historique et nous avons déjà trouvé des choses intéressantes au cours du diagnostic », rappelle le responsable des opérations. Il avance alors à demi-mot :
« Si le projet doit se faire en sous-sol, il y aura certainement des fouilles. S’il se fait en surface, il n’y aura pas de fouilles… »
Du côté du maire Alain Crémont : « Nous saurons quoi faire sur la place fin décembre suite au rendu du rapport, mais la balle n’est plus dans notre camp. » Quoi qu’il soit préconisé à la Ville, il continue à argumenter cette idée : « Si on veut repeupler le cœur de ville, il faut de toutes façons des places de parking. » Seront-elles sous la place Fernand Marquigny ? Réponse dans quelques semaines maintenant…

Des diagnostics jusqu’en 2022

Dans le cadre du projet Wilmotte de réhabilitation du centre-ville, ce diagnostic réalisé durant ce mois d’août sur 2 500 m2 de la place Marquigny est en fait le deuxième. Et huit autres tranches de travaux sont encore à venir. Le premier diagnostic a été fait en avril, au niveau du transept sud de la cathédrale et de la Goutte de lait.

« Cela représente au total 4 hectares de diagnostic archéologiques dans le centre-ville de Soissons, expose Richard Rougier, le directeur scientifique et technique adjoint de l’Inrap Picardie. C’est un diagnostic d’une ampleur énorme, les différentes phases s’étaleront donc jusqu’en 2022. Elles sont encore à définir mais elles concerneront la rue de la Bannière, les places Saint-Pierre, de l’Evêché et Saint-Christophe. »

Actualités

Fête du Haricot : les temps forts

Un grand événement populaire et familial gratuit où chacun peut y trouver une activité qui lui convienne : marché gourmand, des animations et spectacles plein air ou en déambulation, un grand spectacle le samedi soir…

La recette de la fête du haricot reste celle que le public apprécie. Un grand événement populaire et familial gratuit où chacun peut y trouver une activité qui lui convienne : marché gourmand, des animations et spectacles plein air ou en déambulation, un grand spectacle le samedi soir…
Quelques spécificités de l’édition 2019 (5e édition) :

Les Géants : dans la pure tradition du Nord, la ville a fait réaliser deux géants à l’effigie de Clovis et Clotilde, ils seront présentés dès le vendredi soir et défileront bien sûr en tête de cortège lors de la parade. Présentation et défilé sur le Mail, vendredi 20 à 18h.

Parade à 11h00 : l’année dernière, l’heure de la parade avait été avancée. Au-delà d’éviter les intempéries climatiques, l’organisation avait remarqué que cet horaire avait attiré beaucoup de monde et que les restaurateurs avaient fait le plein à l’issue du défilé. Il a donc été collectivement convenu que ce nouvel horaire devait être maintenu.

Programmation musicale renforcée : le public trouve toujours un programme très varié sur les 3 jours : théâtre, animations, danse, musique. Cette année et afin de contenter notamment un public de jeunes adultes, l’organisation a mis un accent tout particulier sur les groupes musicaux comme Faut qu’ça guinche, GT Live Band, Time Code, Ginkgoa, Sweet Scarlett, Devi Reed, Nadamas…

Continuer la lecture

Actualités

La laie des pots : un circuit historique en forêt de Retz

Une toute nouvelle association s’est créée à Villers-Cotterêts : la Sauvegarde du patrimoine de la laie des pots en forêt de Retz. En lien avec la restauration du château François 1er, un autre pan de la riche histoire de la ville pourra être préservé.

Le vice-président de l’association, Jean-Christophe Prévot, ici devant le regard le plus spectaculaire du circuit : l’Ermitage Saint-Hubert.

Un ouvrage écrit en 1961 par M. Desclève soulignait déjà :  « Si on demandait à un Cotterézien de moins de 20 ans ce qu’est la “laie des pots”, il est vraisemblable qu’il ne saurait dire que l’on désigne sous cette appellation bizarre l’ensemble des ouvrages d’adduction d’eau au château de Villers-Cotterêts ». Près de 60 ans plus tard, il est encore bon de rappeler que la laie des pots est bien un réseau de conduites d’eau de 14 km, avec ses poteries, ses portes, ses aqueducs, ses voûtes et ses regards à tampons appelés aussi margelles ou pots. Ce réseau d’adduction d’eau date du XIIe siècle et court sur une partie de la forêt de Retz jusqu’à Villers-Cotterêts. Il a alimenté la ville et son château en eau pendant près de 800 ans et est désormais classé au titre des Monuments Historiques depuis 2013.

Avec la restauration du château François 1er, la création fin avril de l’association de Sauvegarde du patrimoine de la laie des pots en forêt de Retz prend tout son sens et toute son importance pour l’histoire du territoire. Une trentaine d’adhérents a déjà rejoint les membres du bureau de l’association, à savoir Guy Duronsoy (président), Jean-Christophe Prévot (vice-président), Claude Duronsoy (secrétaire) et Sylviane Vaillant (trésorière). Ils se sont fixés pour missions :
« La sauvegarde de l’intégrité de la laie des pots ; le maintien de la propreté des lieux et leur bon entretien pour la réputation touristique de la région ; la restauration des regards en maçonnerie ; le nettoyage des canalisations ; la signalétique des circuits de la laie des pots ; les visites guidées des ouvrages aux publics, aux enfants des écoles et de façon générale pour tous types de manifestations. »

Comme ici indiqué au-dessus de ces trois cavalières en balade dans la forêt de Retz, le circuit de la laie des pots est maintenant signalisé grâce à l’association.

Les regards à tampons… ou pots

Ils ont en effet donné leur nom aux chemins qui recouvrent les conduites et constituent, dans leur ensemble, la laie des pots. Ce sont des sortes de puisards, de profondeur variable en fonction du relief du terrain, munis d’un bac de décantation destiné à recueillir le sable entraîné par les eaux en raison de la nature du sol. Ces regards étaient curés régulièrement afin que l’eau arrivant au château soit la plus claire possible. Irrégulièrement répartis au long des 14 kilomètres de conduites, il en existe environ 150, dont une bonne partie sont en bon état.

Les regards à porte

Parmi les regards tout au long de la laie des pots, certains sont des constructions en maçonnerie, avec façade en pierre de taille, de 2 mètres sur 2 en général. La façade comporte une porte fermant (jadis) à clef. A l’intérieur, une fosse de décantation reçoit les drains ou les rigoles des aqueducs. De la limite du Bois Hariez à l’Allée Royale, il en existe onze, la plupart reconstruits en 1824. Le plus connu et le plus spectaculaire est bien sûr l’Ermitage Saint-Hubert.

L’allée du Roi tracée dans la forêt jusqu’au château François 1er où l’eau était acheminée grâce aux 14 km de conduites.

Journées du Patrimoine

L’association de Sauvegarde du patrimoine de la laie des pots en forêt de Retz participe aux Journées du Patrimoine et propose des animations dimanche 22 septembre.
• De 10h à 17h30 : visite et exposition à l’Ermitage Saint-Hubert
• 11h30 : signature d’une convention entre l’ONF et l’association
• De 14h à 17h30 : balade – découverte de la laie des pots, départs toutes les 30 mn.
Renseignements au 03 23 71 42 17 ou 06 31 13 97 64.

Continuer la lecture

Actualités

DOSSIER : Méthanisation à la Ferté-Milon

L’entreprise Endives du Valois a déposé en mars 2018 une demande de permis de construire une unité de méthanisation. Demande à laquelle le préfet a donné un avis favorable en date du 14 août dernier. Le projet prévoit une installation de 3 800 m2 au total, avec deux cuves aménagées à la sortie de l’usine. La coopérative investit 4,2 millions d’euros et espère sa mise en route à l’automne 2020.

Accord donné aux Endives du Valois

Les Endives du Valois ont été créées à La Ferté-Milon en 1983. Cette coopérative regroupant 15 adhérents emploie une soixantaine de salariés, avec un pic de 110 personnes pour la pleine saison d’octobre à mars. 40 tonnes d’endives y sont produites par jour durant cette période.

Michel Gille, l’actuel directeur, a pour sa part intégré l’entreprise en 1984. L’idée de la méthanisation, il l’a eue dès la première année, du fait même de l’activité de l’usine : « Dans le processus de production, les sous-produits d’endives que sont les racines et les épluchages sont stockés ou partent à 80 % dans les champs, explique Michel Gille. Ils se décomposent et dégagent du méthane dans l’atmosphère. Le gros avantage de la méthanisation est tout d’abord de supprimer les odeurs à 99 % car 30 tonnes de racines par jour pourraient aller directement dans le méthaniseur et produire du biogaz. Les racines seront en effet récupérées dans l’usine même, vidées et aussitôt mises dans la trémie d’insertion pour être broyées puis incorporées dans le premier digesteur. » L’objectif est ici d’alimenter le réseau GRDF de La Ferté-Milon et Villers-Cotterêts, avec une production de 80 m3 par heure de biométhane pendant l’hiver et 40 m3 par heure l’été.

Le directeur des Endives du Valois avance d’autres éléments générés par l’unité de méthanisation : « La récupération des éléments fertilisants naturels limitant les engrais chimiques pour les producteurs, la récupération de la chaleur des frigos de l’endiverie pour chauffer les cuves du méthaniseur, l’économie du transport des produits transformés pendant le process et la réduction des gaz à effet de serre. » Michel Gille ajoute encore : « Ce projet est réalisé sur le lieu de production des sous-produits et il permet de réutiliser une friche industrielle où 82 % du tonnage est déjà sur place. »

Michel Gille, directeur des Endives du Valois à La Ferté-Milon.

Les inquiétudes des opposants

Pour autant, le projet de méthanisation ne crée pas l’adhésion totale des habitants de La Ferté-Milon autour de lui, loin s’en faut. Des opposants au projet se sont fait entendre et envisagent même de porter un recours contre l’avis favorable du préfet (lire page suivante). Ils expriment leurs inquiétudes sur plusieurs points auxquels Michel Gille apporte ses réponses :

La proximité des habitations et de l’école
Cette proximité avec l’unité de méthanisation est la principale source d’inquiétude des opposants au projet en cas d’éventuelle explosion. Pour Michel Gille : « Un méthaniseur ne peut pas exploser quand il tourne normalement, il n’y a pas assez d’oxygène et pas de contact avec une flamme. De plus, les règlementations de sécurité sont très contraignantes, le gaz est analysé toutes les 10 à 15 mn par GRDF, la qualité de l’air est très contrôlée et les locaux techniques sont équipés de détecteurs de fumée et de gaz, asservis à des vannes de sécurité. L’incident qui a eu lieu en Bretagne par exemple est dû au fait qu’il y avait une personne qui faisait encore des travaux pendant la mise en route. S’il y avait une explosion, elle ne pourrait d’ailleurs se faire que pendant cette phase de mise en route. »
Le directeur de l’Endiverie s’interroge à son tour : « Dans cette unité de méthanisation, il y aura l’équivalent de 300 kg de gaz en permanence. Mais pourquoi la population ne s’inquiétait pas lorsqu’il y avait encore l’Intermarché avec sa bombonne de 15 tonnes de gaz encore plus proche des habitations ? »

Le trafic routier
Michel Gille assure qu’avec l’unité de méthanisation : « Il y aura tout simplement moins de trafic routier. Du fait que les racines d’endives sortent actuellement de l’usine et sont livrées à l’extérieur, cela représente précisément un nombre de 12,22 passages de camions et de tracteurs par jour. Avec la méthanisation où les racines serviront à alimenter l’unité sur place, ce sera 9,85 passages de camions et cela descend même à 7,31 passages journaliers avec le projet de filtration. »

Les odeurs
Selon le directeur : « Le procédé de méthanisation ne crée pas d’odeurs car il se déroule en milieu hermétique. Environ 98 à 99 % des odeurs disparaissent avec ce procédé, et c’est d’ailleurs pour cela que le projet prévoit une deuxième cuve car ce deuxième digesteur permettra d’être sûr qu’il n’y ait pas d’odeurs. Quant au stockage, les silos seront bâchés pour garder la qualité des matières premières. Il n’y aura aucun stockage à l’air libre de résidus après méthanisation, le digestat sera entreposé dans une cuve étanche gaz. De plus, les émanations de soufre seront filtrées par un système de filtre à charbon. »

L’agrandissement
Face à l’éventuelle idée que l’entreprise décide d’agrandir son unité de méthanisation à l’avenir, Michel Gille répond : “Notre production se fait sur nos 6 mois de grande activité. Il n’y aurait aucun intérêt à construire une plus grosse installation, ce ne serait juste pas rentable.

Les opposants envisagent un recours

Une deuxième réunion des opposants à la localisation du projet d’unité de méthanisation s’est déroulée à La Ferté-Milon, opposants regroupés pour un certain nombre dans l’association Mieux Vivre à La Ferté-Milon (MVFM).

Les porteurs du projet, Michel Gille (directeur de l’endiverie) et Charles Bellet (directeur de la coopérative), étaient présents afin de faire entendre leurs contre-arguments.

La secrétaire de MVFM se remémore : « Notre collectif a vu le jour après la réunion d’information à l’endiverie en octobre 2018, réunion qui nous a alertés plus que rassurés sur les problèmes qu’allaient rencontrer les riverains. » De plus, le fait qu’il n’y ait eu ni concertation en amont avec les Milonais (avant ou après le dépôt de la demande du permis de construire, en mars 2018) ni étude d’impact, en particulier sur le devenir dans dix ou vingt ans, a vraisemblablement créé un sentiment de malaise.

Un intervenant déplore : « On est dans l’incertitude, on nous dit différentes choses sur les risques, les odeurs incommodantes, le trafic des camions. » Les anti-projets affirment que le risque d’odeurs au quotidien est tout à fait possible et que, si les racines d’endives n’auront certes plus à sortir du site (NDLR : elles iront dans le méthaniseur sur place), le transport des citernes de digestat vers les zones d’épandage devrait occasionner le passage de douze camions de 44 tonnes par jour en plus.

Un autre intervenant met rapidement les pieds dans le plat : « Le risque d’explosion est minime, mais il est là. » En effet, de 1992 à 2017, 18 cas d’incendie et 15 cas d’explosion ont été recensés en France par le ministère de l’Environnement, c’est-à-dire à une époque où la méthanisation était encore réduite. Fin 2010, il existait une centaine de lieux, mais désormais beaucoup plus. Et selon MVFM, « si l’on se fie aux articles parus dans la presse, les cas ont été bien plus nombreux ». De plus, le ministère ne recense pas les accidents.

La proximité en question

L’une des craintes des Milonais présents est la proximité (moins de 50 mètres) du futur méthaniseur avec le seul point de captage d’eau potable à La Ferté-Milon. Un intervenant s’insurge sur le fait que « le captage est fragile, ce n’est pas seulement une question de distance ; s’il y a la moindre explosion, la voûte du captage s’effondrera et l’on sera tous à l’eau minérale pendant un an ». Néanmoins, la loi autorise la construction d’un méthaniseur s’il est à plus de 20 mètres d’un point d’eau potable.

Autres sujets très sensibles pour certains membres de l’assistance : « Les habitations les plus proches qui risquent de perdre de leur valeur ou même être invendables » ; « la proximité de l’école primaire à 500 mètres et du lycée technique, avec le risque que des parents ne viennent pas s’installer à La Ferté-Milon, d’où perte d’élèves potentiels » ; « le possible amalgame dans un récent bulletin municipal au sujet des emplois qui pourraient être menacés à l’endiverie si les opposants obtenaient gain de cause ». Le point d’orgue de la réunion est le témoignage de Patrick Bisbrouck, qui habite à 200 mètres du site de méthanisation d’Ussy-Sur-Marne : « Avec un problème de vent dominant, la méthanisation, ça sent mauvais quand on en est proche, à cause de la torchère et du soufre à l’intérieur de la cuve. J’ai même eu de mauvaises odeurs à seulement 3 degrés. Et une question que vous devez vous poser, c’est comment sera tenu le site : sur celui près de chez moi, il y a des écoulements d’eau mal gérés, ça sent mauvais. Je subis aussi le passage des camions, la poussière et la dérive qui a eu lieu, à savoir l’introduction du lisier comme intrant, ce qui n’était pas prévu ; cette dérive-là, personne à La Ferté-Milon ne l’intègre au projet au jour d’aujourd’hui. »

Les opposants au projet réunis à La Ferté-Milon le 24 mai dernier.

Plus beau village de France ?

une intervenante le dit de façon péremptoire aux porteurs du projet : « Des intrants végétaux du début, à l’envie de passer aux intrants faits de matières organiques, carnées, avec rotations supplémentaires de camions, qui nous garantit qu’un jour, vous n’allez pas introduire autre chose ? Nous n’avons aucune garantie. »

Michel Gille se défend : « Notre projet sera une petite boucle, une unité de taille moyenne presque quatre fois plus petite que celle d’Ussy, juste deux digesteurs ; tous les mois, on devra déclarer à la préfecture ce qu’on mettra, on ne peut pas mettre n’importe quoi. » À ceci, les opposants répliquent qu’il suffit d’une déclaration en préfecture pour changer les intrants.

Par ailleurs, une dame dans le public s’interroge : « pourquoi la mairie est d’accord avec la localisation du futur méthaniseur alors que d’autres mairies se sont mobilisées contre des projets identiques ».

De son côté, MVFM, qui a aussi déploré la passivité de la mairie pendant la période de consultation, a emmené le député Jacques Krabal voir l’emplacement du projet, entraînant son étonnement devant la proximité avec les maisons les plus proches. Il s’est engagé à transmettre une lettre au ministre concerné, en particulier pour faire évoluer la loi sur la distance minimale.
De plus, l’association ironise sur le fait que le méthaniseur sera visible du château de Louis d’ Orléans alors que la commune vient de participer au concours du plus beau village de France, et revendique comme seul et unique but que le méthaniseur, en raison du principe de précaution, soit construit à au moins 200 mètres de la première habitation (NDLR : elle est à 53 mètres pour le moment). En effet, comme le résume l’ancien conseiller municipal Jacques Damon lors de la réunion du 24 mai, « le seul débat, c’est la localisation ».

Quant à MVFM, la secrétaire expose où en est leur action : « Lors de notre rendez-vous avec le sous-préfet le 12 juin, où étaient aussi présents les représentants du projet, de la mairie et un médiateur, nous avons pu nous exprimer et nous espérons avoir été entendus. Puis, lors des deux réunions de groupes de concertation les 6 et 8 juillet, rassemblant des représentants de la mairie, du projet, de MVFM et des Milonais, nous avons survolé le dossier sans entrer dans les détails. Les thématiques ont été posées, mais nous espérons pouvoir les approfondir. »

Sans envisager de coup de force comme ce fut le cas à La Neuville-Lès-Dorengt le 8 juillet pour un autre projet d’unité de méthanisation, MVFM compte déposer des recours auprès du tribunal administratif étant donné que le préfet a rendu un avis favorable au projet le 14 août.

Continuer la lecture
P U B L I C I T É
LA MARMITE D’EDDIE – Corporate – 09-2018

Catégories

Facebook

Inscription newsletter

Top du Vase