Connectez-vous avec le Vase

Cave St Jean des Vignes

Publié

le

DEPOT
Continuer la lecture

Exposition

Kim KototamaLune : la lumière piégée

Publié

le

L'art du verre

Le grand espace d’exposition de l’Arsenal est plongé dans une pénombre déroutante, brisée seulement par des taches de lumière éclairant les œuvres en verre de Kim KototamaLune. Cette artiste d’origine vietnamienne est accompagnée de son collectif Bones and Clouds (Jean-Benoist Sallé et Stéphane Baz) pour l’exposition 3.5, qui passera l’été au musée.

Après avoir travaillé des matériaux plus traditionnels, l’artiste a choisi le verre, filé au chalumeau, thermoformé ou soufflé.  Sa spécialité est de le filer sans matrice, par le vide, minuscule soudure après soudure, réseau après réseau, pour créer des filets qu’elle utilise pour créer toutes les formes qui l’inspirent. Le sommet d’une structure en forme d’obus est recouvert ainsi par une résille qui ressemble à une écharpe abandonnée, ou de l’eau savonneuse : quelque soit l’interprétation du visiteur, il voit d’abord, non pas la matière de la sculpture, mais la lumière qu’elle piège dans l’éclairage.

Kim KototamaLuneau au vernissage

Dans la petite salle de l’espace, un balancier muni d’un rocher arrondi (en réalité fait de polymère) suit son mouvement de va-et-vient au dessus d’une longue table. Y sont empilés de petits objets d’une grande délicatesse, comme des récipients, flacons, bols, mais dont les formes de base s’entourent d’un nuage de petites branches, comme si la matière se dissipait sous la menace du rocher.

L’exposition fait suite à Deus ex machina de 2021 et le commissaire scientifique reste Clément Thibault, spécialiste de l’art numérique. Pour lui, le titre se réfère au fait que, au lieu des trois dimensions familières, il y en a sans doute plus – ou moins. Il est possible de suivre ses raisonnements sur la virtualité ; ou bien plonger le regard, sans arrière-pensée, dans ces œuvres diaphanes, délicates, ravissantes, qui reflètent la lumière tout en paraissant la consommer, la devenir.


“3.5”, musée de l’Arsenal jusqu’au 3 sept.

[Cet article paraît dans le Vase Communicant n°357.]

Continuer la lecture

Danse

Le ballet sans danse

Publié

le

L'art de l'orchestre

Tamara Karsavina est la Jeune Fille, Vaslav Nijinski est le Spectre.

Sans danseurs, la musique de ballet perd de son côté spectaculaire, mais gagne en écoute. Présents, les danseurs accaparent les regards, and la musique devient un accompagnement. Les musiciens sont cachés dans la fosse d’orchestre – ou remplacés, de plus en plus, par une bande sonore qui sort d’amplificateurs.

L’orchestre Les Siècles, sous la direction de François-Xavier Roth, a changé l’angle d’approche en choisissant, pour son retour à la Cité de la Musique, trois partitions pour des ballets créés par les Ballets Russes à Paris. Neuf jours après le concert ce serait le cent-dixième anniversaire de la création mouvementée du Sacre du printemps, composé par Igor Stravinsky ; au nouveau théâtre des Champs-Elysées. Au même programme de 1913 deux autres ballets, Prélude à l’après-midi d’un faune, créé un an avant sur la musique de Debussy, et Le spectre de la Rose, créé en 1911 sur celle de Weber. Ce parallèle a permis au directeur des Siècles, avec sa verve habituelle, de définir la soirée de « la Première de ces trois ballets à Soissons ».

Ecoutées au lieu d’être simplement entendues, à l’avant-plan au lieu de l’arrière-plan, les trois partitions ont révélé leur richesses, en rendant la structure du jeu des musiciens visible. Un concert orchestral est dans ce sens un spectacle : le célèbre thème d’ouverture du Prélude à l’après-midi d’un faune prend toute son importance quand la flûtiste a levé son instrument pour entraîner l’orchestre derrière elle, comme le Flûtiste de Hamelin du conte.

Invitation à la danse de Weber, orchestrée par Berlioz, sert de partition pour Le Spectre de la Rose, adaptation d’un poème de Théophile Gautier. Une jeune fille s’endort dans un fauteuil après son premier bal, une rose à la main, et rêve. . La Rose, devenue jeune homme, la fait danser, part, et elle s’éveille. Sur le plateau, c’est un violoncelle, rejoint par des cordes, qui accompagne son endormissement et qui, en solo après le paroxysme de la danse, son doux réveil. (*)

Dans le Sacre du printemps, Stravinsky a rendu fous furieux ses adversaires qui ont troublé la Première, par ses rythmes sauvages, ses dissonances, ses ruptures, ses changements de tempo et arrêts soudains. Ce qui leur semblait être du terrorisme musical était simplement sa volonté novatrice d’abandonner les conventions mélodiques et d’harmonie auxquels les mélomanes paresseux s’étaient depuis si longtemps habitués.

Même la composition de l’orchestre a reflété les intentions différentes des trois compositeurs (ou de Berlioz) : la soirée a commencé avec environ quatre-vingts instrumentistes sur scène pour Debussy ; ils ont été rejoints par une dizaine d’autres pour Weber ; pour Stravinsky ils étaient une centaine. Sous les projecteurs : dans une salle d’Opéra chacun aurait été dans la pénombre et seuls les pupitres auraient été éclairés.

L’incident

La fin du Spectre de la Rose a été interrompue par des applaudissements prématurés. La danse qui est au cœur de la composition, entre l’introduction et le coda, se termine dans une valse retentissante. Quand elle a pris fin une partie du public, comme parune réaction physique, a commencé à applaudir. Sans se retourner, François-Xavier Roth a levé la main gauche pour arrêter les applaudissements, mais sans effet. Enfin, ceux qui applaudissaient se sont rendu compte que quelque chose n’allait pas, et les uns après les autres ils se sont arrêtés. Trop lentement quand même, et le violoncelliste a commencé courageusement les dernières mesures, alors que le silence n’était pas entièrement rétabli. L’œuvre terminée, le chef, encore sans se retourner, a fait un geste, cette fois pour autoriser et encourager le public à montrer son enthousiasme.

L’incident a des échos dans l’histoire de ce ballet. Ceux qui l’ont vu savent que quand le danseur sort, au moment culminant de la valse, le public peut rarement s’empêcher de saluer l’exploit acrobatique. Mais l’histoire raconte que chaque fois que le ballet était dansé par ses créateurs, Tamara Karsavina et Vaslav Nijinski, la puissance du jeu dramatique de la ballerine était telle que, quand son partenaire la quittait en semblant flotter à travers la fenêtre ouverte, le public retenait ses applaudissements pour ne pas rater le réveil de la Jeune Fille émerveillée par ce qu’elle avait vu en rêve.

(*) Chaque œuvre est détaillée avec érudition et finesse dans la feuille qui a accompagné le programme en papier, par la Classe d’analyse du Conservatoire du Soissonnais.

Continuer la lecture

Actualités

L’eau : où en sont nos ressources ?

Alors que l’été et ses fortes chaleurs se profilent, où en sont les ressources en eau dans l’Aisne et comment est-elle gérée ? En plaçant le département en situation de vigilance, la préfecture lance le message que « l’eau est une ressource rare, alors économisons-la ».

Publié

le

L'Aisne vue du quai Saint-Waast à Soissons.

Alors que l’été et ses fortes chaleurs se profilent, où en sont les ressources en eau dans l’Aisne et comment sont-elles gérées ? En plaçant le département en situation de vigilance, la préfecture a d’ores et déjà lancé le message que « l’eau est une ressource rare, alors économisons-la ». A savoir que si ce niveau de vigilance incite l’ensemble des usagers, particuliers, professionnels et collectivités à économiser l’eau, à ce stade et à l’heure du bouclage de ce journal (17 mai), aucune mesure de restriction n’est en vigueur.

Il apparaît cependant que la ressource en eau potable est clairement fragilisée pour ne pas dire alarmante comme le confie plus loin une ingénieure en hydraulique et hydrologue. Mais elle avance en même temps quelques pistes pour préserver nos besoins vitaux en eau.

Le département de l’Aisne placé en
vigilance sécheresse depuis le 21 avril

Dans l’Aisne comme dans les autres départements limitrophes, le préfet a décidé du placement de l’ensemble du territoire en vigilance, à la suite de la tenue d’un comité Ressource en eau. Le risque de sécheresse sur les nappes phréatiques apparaît comme très fort dans une grande partie du département. La faute à une sécheresse inédite en plein cœur de la saison hivernale qui fait suite à un été 2022 exceptionnellement chaud et sec.

Dans l’Aisne, la situation du niveau des nappes d’eau souterraines et des cours d’eau inquiète. Un très fort risque de sécheresse pour la période estivale, plane sur le département selon le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières). « Le Comité ressource en eau se réunit toutes les 4 à 5 semaines en préfecture pour faire un état des lieux de la situation météorologique, hydrologique, de l’humidité des sols, du débit des cours d’eau, et du niveau des nappes phréatiques, explique Thomas Campeaux, préfet de l’Aisne. La dernière carte établie montre une grande partie du département dans le rouge concernant le niveau des nappes. Il y a eu un déficit de pluie lors de la période de recharge des nappes allant du 1er septembre au 31 mars et même un record de 28 jours dans l’Aisne, 32 au niveau national, sans pluies efficaces, c’est-à-dire moins d’un millimètre entre la fin du mois de janvier et la fin du mois de février. »

Thomas Campeaux, préfet de l’Aisne, a pris un arrêté de vigilance sécheresse pour le département et invite chacun à réguler et optimiser sa consommation d'eau.

Cet hiver très sec avec des cumuls de précipitations inférieurs à la normale de – 8 % dans l’Aisne lors de la période de recharge, a amené le préfet à prendre un arrêté de vigilance dès le 21 avril. Celui-ci invite les usagers, les collectivités, les industriels et les agriculteurs à réguler et optimiser leur consommation d’eau, sans mesure de restriction d’usage pour le moment. A noter qu’il existe quatre niveaux de sécheresse en fonction de la sévérité de l’épisode : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Le préfet en appelle donc à la vigilance et à produire un effort sur la consommation de l’eau du même type que celui réalisé cet hiver pour l’électricité. « La situation s’est améliorée en mars avec des pluies abondantes et mêmes supérieures aux normales de saison mais cela n’a pas eu d’effet sur les nappes puisque la végétation repart et absorbe ces cumuls, explique le préfet. Cela a en revanche permis d’humidifier les sols, ce qui est une bonne nouvelle à l’approche de la période des semis. »

La situation des nappes, celles dans lesquelles les habitants et l’agriculture puisent pour leurs besoins quand l’industrie se tourne plutôt vers les cours d’eau, inquiète donc particulièrement. « Il y a – 8 % en général dans le département mais c’est en trompe-l’œil avec des situations assez hétérogènes puisqu’elle est meilleure en Thiérache avec des précipitations plus fortes du fait des reliefs alors qu’au sud d’une diagonale Saint-Quentin/Laon, ça n’est pas bon avec parfois des déficits de – 17 %, explique le préfet. Ce sont des niveaux préoccupants en sortie de période de recharge et alors que naturellement, on va rentrer dans une période de vidange au printemps et à l’été. »

Le suivi et la gestion de la sécheresse dans le département

L’arrêté du 20 février 2023 encadre la mise en place de mesures coordonnées et progressives de limitation des usages de l’eau par bassin versant en cas de sécheresse.

Le département est ainsi découpé en 12 zones d’alerte (bassin versant). Pour chaque zone d’alerte, une station hydrométrique (localisée sur un cours d’eau du bassin versant) est identifiée comme point de référence pour suivre l’évolution de la situation.

Un bulletin de suivi d’étiage (baisse périodique des eaux) est produit tous les 15 jours par la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) Hauts de France et la direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports d’Île-de-France (DRIEAT). Il permet d’apprécier l’état de la ressource en comparant les données de débit des cours d’eau des stations de référence aux seuils fixés dans l’arrêté. Il existe 4 niveaux de gravité, selon la sévérité de l’épisode de sécheresse : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise.

Des données complémentaires sur l’état des nappes souterraines (bulletin du BRGM) et des assecs des cours d’eau (suivi du réseau ONDE – Observatoires des étiages estivaux des petites cours d’eau en suivant visuellement l’état des écoulements de l’OFB) sont également utilisées pour décider de prendre un arrêté de restriction des usages de l’eau dans le département.

Un comité « Ressource en eau », placé sous la responsabilité du préfet, est un outil d’échanges et de concertation. Il rassemble les différents acteurs de l’eau impliqués dans le suivi de la ressource et de la gestion de l’eau et se réunit autant que de besoin, au cours de l’année, pour suivre l’évolution de la situation et donner son avis sur les mesures envisagées.

Le dernier comité Ressource en eau s’est donc tenu ce 21 avril 2023 et a placé le département de l’Aisne en vigilance sécheresse.

« Nous basculons d’un climat tempéré à un climat méditerranéen »

Ingénieure en hydraulique et hydrologue, Christelle Jullien travaille depuis 30 ans sur la question de la gestion de l’eau au sein des collectivités. La spécialiste livre un constat alarmant sur une accélération du réchauffement climatique et la succession des périodes de sécheresse qui fragilisent la ressource en eau potable. Elle livre également des clés pour mieux protéger cette eau moins abondante que par le passé. Christelle Jullien évoquera ces sujets le samedi 17 juin prochain à Soissons lors d’une conférence.

Le sujet eau potable en France et dans l’Aisne, elle connaît. Christelle Jullien, hydrologue, a travaillé sur le sujet à la préfecture de l’Aisne au début des années 2000 et dans diverses collectivités dont l’agglomération du Pays de Laon en 2020 où elle dirigeait le service eau et assainissement. Celle qui est par ailleurs maire de Louâtre, entre Soissons et Villers-Cotterêts, travaille aujourd’hui encore sur ces questions au sein d’un établissement public de l’Est-parisien. Elle prépare une conférence intitulée « Sécheresses, pollutions, usages agricoles et industriels : allons-nous manquer d’eau ? », qu’elle donnera le 17 juin à l’espace Simone-Veil de Soissons, à l’invitation de l’association « Soissonnais en Transition ».

Pour bien cerner la problématique de l’eau aujourd’hui, elle rappelle les usages qui en sont faits. « Aujourd’hui, environ 50 % des prélèvements dans les milieux naturels sont destinés à l’industrie dont une partie sert au rafraîchissement des centrales nucléaires, un quart à l’agriculture, un quart aux habitants, expose-t-elle. Quand nous sommes en vigilance sécheresse comme actuellement et qu’on demande aux usagers de faire des efforts pour limiter leur consommation, c’est bien, c’est un bon signal bien sûr mais nous n’agissons que sur un quart de la consommation d’eau. »

Cette vigilance sécheresse décrétée dans l’Aisne dès le 21 avril dernier est révélatrice selon elle d’un changement profond de climat qui s’accélère. « Cet arrêté tombe plus tôt que d’habitude puisqu’on le prenait auparavant en juin ou juillet et surtout, il n’y avait pas lieu de le prendre chaque année alors que depuis 2020, nous y sommes obligés, constate-t-elle. Les pluies sont non seulement moins abondantes en quantité mais elles tombent moins régulièrement tout au long de l’année et notamment sur la période de recharge des nappes entre octobre et mars. Avant, la recharge se faisait beaucoup en février et mars, et là, à cette période, il n’y a pas eu de pluies dites efficaces. Nous étions dans un climat tempéré où il tombait régulièrement de la pluie, là nous basculons sur un climat méditerranéen où il va tomber beaucoup d’eau d’un seul coup sur des sols secs, ce qui n’est pas favorable à l’infiltration, puis plus rien pendant un certain temps. »

L’ingénieure hydrologue Christelle Jullien, ici sur les bords de l’Aisne à Soissons. Elle revient dans la cité du Vase le samedi 17 juin pour animer une conférence – débat ouverte à tous, à 17h à l’Espace Simone Veil.

Des pistes pour préserver l’eau

Face à ce constat alarmant, l’hydrologue avance des pistes pour mieux préserver la ressource eau tant en qualité qu’en quantité. « La protection de la qualité de l’eau passe par la mise en place de périmètres de protections et aires de protections des champs de captage, ce qui se fait depuis les années 1970 mais plus encore depuis 20 ans et par un traitement et une réutilisation des eaux usées, explique Christelle Jullien. Certaines agglomérations comme celle de Laon ont mis en place des programmes assez aboutis pour par exemple aider les agriculteurs à réduire les pesticides et herbicides allant vers les nappes. »
Concernant la quantité, l’hydrologue appelle à rétablir le cycle de l’eau et faire en sorte que les eaux de pluie s’infiltrent davantage. « Il faut que les projets urbains de rénovation de voirie par exemple, intègrent des matériaux nouveaux qui permettent de désimperméabiliser les sols et puis il faut replanter des arbres en nombre suffisant, préconise-t-elle. Les arbres, cela impacte le cycle de l’eau parce qu’un arbre respire, permet à l’eau de s’infiltrer et peut aider à maîtriser les températures lors des périodes de fortes chaleurs. » Ces solutions peu employées il y a plusieurs années quand le problème de la quantité de la ressource ne se posait pas encore, se développent encore timidement. La question du coût plus élevé de ces matériaux novateurs peut parfois poser problème. De plus, aucune disposition légale n’oblige les collectivités à fournir des efforts en la matière. « Des incitations financières importantes notamment de l’agence de l’eau », existent néanmoins selon Thomas Campeaux, préfet de l’Aisne. Lequel incite aussi les collectivités à créer davantage d’interconnexions entre les réseaux. Des solutions à mettre en place sans tarder, qui nécessitent des investissements lourds mais indispensables afin d’assurer l’avenir et les besoins en eau.

La sauvegarde de la Laie des Pots qui alimentait Villers-Cotterêts en eau

La ressource en eau potable est bien la préoccupation première des hommes et de tout temps. La ville de Villers-Cotterêts peut en témoigner, elle qui a toujours manqué d’eau et qui a dû trouver les recours techniques pour s’alimenter en eau. Dès la fin du XIIe siècle, vers 1180, une alimentation en eau très originale a été entreprise : le recueil des eaux de la forêt de Retz par la « laie des pots », une canalisation de 14 km construite sous la forêt, composée de poteries, aqueducs et regards qui drainent les eaux sauvages ruisselant par des sources et qui descendent par gravité jusqu’au château (voir l’encadré). Le système a fonctionné jusqu’au début du XXe siècle, puis en 1927, l’électrification de la station de pompage de la Dhuys notamment a permis une distribution d’eau plus régulière et abondante aux habitants.

Mais qu’est devenue la laie des pots sous la forêt de Retz ? Une construction tout simplement marquante du patrimoine du territoire, au même titre que de l’histoire de France puisque le roi François 1er a fait bâtir son château royal à Villers-Cotterêts au XVIe siècle. Son système d’adduction d’eau de la laie des pots avait dû être restauré puis allongé, amenant cette longueur actuelle de 14 km de canalisations. Un patrimoine qui prend encore plus d’importance aujourd’hui avec la réhabilitation du château en future Cité internationale de la langue française. Sa restauration est justement l’action engagée par l’association de Sauvegarde du Patrimoine de la Laie des Pots.

Les deux vice-présidents de l’association, Jean-Christophe Prévot et François Jeanson, au travail de nettoyage d’un regard d’arrivée d’eau, ici dans le regard à porte le plus spectaculaire de la forêt de Retz, celui de l’Ermitage Saint-Hubert.

Créée en février 2019, l’association est présidée par Guy Duronsoy et rassemble aujourd’hui plus de 80 adhérents. « Nous poursuivons le travail réalisé par Yves Tardieu de 1985 à 2013 », souligne Jean-Christophe Prévot, l’un des deux vice-présidents. Dans la foulée, l’ensemble des ouvrages de la Laie des Pots a été inscrit au titre des Monuments Historiques en 2013. Et depuis 4 ans, les bénévoles – très actifs – de l’association s’affairent dans la forêt de Retz : tronçonneuses, débroussailleuses et outils en mains, ils entretiennent les lieux, retrouvent le réseau et les regards, les restaurent, nettoient et réparent les canalisations, tout en mettant en place des visites guidées. « La nature a repris ses droits, certains points d’eau sont devenus invisibles sous la végétation, explique Jean-Christophe. Ce système peut fonctionner longtemps mais il se détériore car les racines des arbres prolifèrent dans les canalisations. Le terrain argileux peut glisser, et avec les canalisations se déboîter ou se casser. »

« Mais l’eau coule, ajoute François Jeanson, le deuxième vice-président de l’association de sauvegarde. Nous savons qu’il y a 1,2 km du réseau qui fonctionne. Qui pourrait imaginer sous nos pieds cet ancien réseau d’aqueducs et de canalisations rassemblant l’eau des sources de la forêt pour la conduire au château ? La Laie des Pots est le lien vital historique entre la forêt et le château. » Leur but dans un premier temps et à plus ou moins long terme : « Restaurer les 2 500 m de réseau qui relient le regard Saint-Hubert au château de Villers-Cotterêts ». Et leur rêve ou leur « utopie » comme ils aiment à le dire : « Voir l’eau rejaillir de la fontaine du château », car pour l’association de Sauvegarde du Patrimoine des la Laie des Pots aussi : « L’eau, c’est la vie ».

Association de Sauvegarde du Patrimoine de la Laie des Pots, adhésion 12 €. Contact : Guy Duronsoy (président) au 03 23 71 42 17 ou 06 12 96 28 92.

La Laie des Pots c’est quoi ?

Qu’est-ce-que la laie des pots et quels sont les éléments qui la composent ? La « laie » est un chemin forestier et les « pots » sont des regards à tampon, aussi appelés margelles.

L’association de sauvegarde du patrimoine de la laie des pots précise : « Un pot est une sorte de puisard au fond duquel on voit l’eau. Un bac de décantation est destiné à recueillir le sable. Des pelles spéciales à manche coudé servaient à enlever le sable déposé. Les pots étaient régulièrement curés pour que l’eau arrivant au château soit claire. Ils sont recouverts d’une dalle carrée percée d’un orifice fermé par un tampon de pierre. Un dispositif de fermeture empêche quiconque ne possède pas l’outil adéquat de l’ouvrir. » Sur les 14 km de la laie des pots, il existe environ 150 regards, et parmi ceux-ci 11 regards à porte bien plus spectaculaires du fait qu’ils soient maçonnés en surface avec des façades en pierre de taille, des portes fermant à clé. Ils avaient été reconstruits en 1824. Les plus connus sont le regard Saint-Hubert, le regard Mme Vély et le regard de Choisy.

L’autre élément primordial sont bien sûr les conduites en elles-mêmes qui relient les regards entre eux et assurent l’écoulement des eaux par gravité.

« Ce sont des poteries en terre cuite de 8 à 10 cm de diamètre et de 40 cm de longueur, emboîtées avec des joints bourrés de mortier de chaux », explique l’association.

Le réseau est également aménagé avec des aqueducs ou voûtes par endroits : « Ces petits souterrains datent de la réhabilitation du dispositif par François Ier. Ils sont construits en pierre sèche, et beaucoup sont assez grands pour le passage d’un homme. (2 m de hauteur, 50 à 80 cm de largeur). Ils sont construits à profondeur variable, jusqu’à 8 m, et certains d’une longueur de 250 m. »

Un regard et son tampon.

Continuer la lecture
P U B L I C I T É

Inscription newsletter

Catégories

Facebook

Top du Vase

LE VASE sur votre mobile ?

Installer
×