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Quelques réalités sur les chiffres de la violence sur Soissons

La violence et plus globalement les violences sont un thème récurrent des campagnes électorales et les exactions montées en épingle enflamment régulièrement les réseaux sociaux et alimentent certains débats télévisés. Mais qu’en est-il réellement ? Petite plongée dans les statistiques locales. Attention, cet article traite de délinquance (des faits enregistrés répondant à une définition légale) et non d’insécurité (qui est un ressenti qui dépend de la lecture de chacun).

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D’abord une définition, parce que la violence présente plusieurs facettes : le cambriolage, le vol sans violence et le vol avec violence, la violence dans le cadre familial et hors cadre familial (ce qui inclut le viol), la délinquance routière, la dégradation volontaire, le délit de fuite,…

Afin de ne pas sombrer dans les chiffres, nous retiendrons quatre catégories que nous comparons à l’échelon départemental, régional et national : le cambriolage, la violence hors cadre familial, le vol sans violence et la dégradation volontaire. Les violences dans le cadre familial sont très invisibilisées et feront l’objet d’un prochain article car elles sont très importantes dans notre département et en hausse sensible. Les violences familiales sont également très fortement affectées par le climat et les périodes de canicule entraînent une hausse des violences au sein de la famille. Les chiffres 2026 risquent donc d’être très mauvais.

S’il n’est nul besoin de définir un cambriolage ou un vol sans violence (dans lequel est incluse l’escroquerie), il faut préciser les violences hors famille qui désignent les actes de violence physique, verbale ou sexuelle commis en dehors du foyer ou du couple entre des personnes qui ne sont ni parentes, ni conjointes, ni ex-conjointes, et les dégradations volontaires qui regroupent des faits aussi variés que rayer une carrosserie, incendier un commerce, briser le carreau d’un abribus, peindre un tag sur un mur ou saccager une boîte aux lettres.

Les résultats sont très contrastés en fonction de la catégorie d’insécurité retenue. Rapidement dit, il y a 25 % de cambriolages de moins à Soissons que dans l’Aisne mais 25 % de violence hors famille en plus et 65 % de vols sans violence en plus.

En 2025, 64 cambriolages de logement ont été enregistrés à Soissons soit un taux de 4,2 pour 1 000 logements. C’est inférieur à la moyenne du département qui est de 5,5 et inférieur à la moyenne nationale de 5,6. Cet indicateur est stable depuis dix ans, ni hausse, ni baisse. Comparé aux autres grandes villes de l’Aisne, on est moins cambriolé à Soissons qu’à Chauny (4,5/1000), Château-Thierry (4,6), Villers-Cotterêts (5,6), Laon (6,1) mais plus qu’à Saint-Quentin (3,7, le taux le plus faible de l’Aisne). Dans les esprits, il est souvent associé le nombre de caméras de vidéosurveillance à la sécurité mais le taux d’équipement de Soissons est bien supérieur à celui de Saint-Quentin. Il y a 4,6 caméras/1000 habitants à Soissons pour 2,7/1000 à Saint-Quentin. Le taux d’équipement de Château-Thierry est encore plus faible que Saint-Quentin (2,64/1000 hab.) or le taux de cambriolages n’est pas foncièrement différent de celui de Soissons.

Les violences hors familles à Soissons sont bien supérieures aux taux moyens de l’Aisne, des Hauts-de-France et de la France (voir tableau en bas de page). Non loin, le secteur de Villers-Cotterêts est bien moins sujet aux violences hors famille et nettement en-dessous des statistiques des autres grandes villes axonaises. Le tableau ci-contre à gauche détaille les catégories pour les six plus grandes villes du département. Il montre que chaque territoire a ses propres spécificités. Il n’y a pas de recette miracle, telle la multiplication des caméras de vidéosurveillance pour faire baisser un taux de criminalité comme indiqué au paragraphe précédent.

Les chiffres précis enregistrés à Soissons en 2025 et l’évolution sur dix ans

Sur 13 indicateurs pouvant être mesurés, 6 sont constants ou en baisse, parfois très forte tel le vol de véhicules qui a diminué de plus de moitié depuis dix ans. Les escroqueries et fraudes sont en forte progression (+75 %), plus qu’à Laon (+48 %) mais bien moins qu’à Saint-Quentin (+98 %) ou qu’à Villers-Cotterêts (+733 %). Ces hausses sont inhérentes au développement des réseaux et de la dématérialisation. Elle est pourtant en baisse de 3 % à Château-Thierry. Il n’y a, pour l’instant, pas d’explications pourquoi 490 faits ont été enregistrés en 2025 sur le secteur de Villers-Cotterêts pour « seulement » 373 à Saint-Quentin alors que le secteur est cinq fois plus peuplé.

La progression des faits délictuels liés aux stupéfiants est le domaine où les chiffres sont dans le rouge. Si à Soissons une progression de 1029 % des usages amendables sur 5 ans est effrayante (avec 219 cas enregistrés en 2025), on retiendra que la progression est de +1258 % à Château-Thierry (174 cas), +1337 % à Saint-Quentin (343 cas) et + 1943 % à Laon (144 cas). On pourra conclure que dans ce domaine le territoire est dans le rouge, mais moins pire qu’ailleurs (voir tableau page suivante).

Sources : ministère de l’Intérieur 2026.

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