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SPECIAL ELECTIONS : 5 candidats à Soissons, leur enjeu pour la ville

Le premier tour des élections municipales 2020 a lieu le dimanche 15 mars, suivi du potentiel second tour le 22 mars. A Soissons, cinq candidats se sont pour l’heure officiellement déclarés. Tout candidat a dans tous les cas jusqu’au 27 février pour se présenter et déposer sa liste de 35 noms pour composer le prochain conseil municipal de la cité du Vase.

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Pour rappel, les précédentes élections municipales de 2014 s’étaient jouées à trois à Soissons : avec le maire sortant Patrick Day, tête de liste de l’union de gauche, la liste divers droite menée par Alain Crémont et la liste Front National d’Emmanuel Chassagnoux. Trois au premier tour, et trois au second tour, car les trois candidats étaient au-dessus des 20 % après le premier vote. Alain Crémont et Patrick Day se retrouvaient tout particulièrement au coude-à-coude, séparés de seulement 0,5 % des voix. Alain Crémont a donc fait la différence au second tour, avec un taux de participation plus important de 52,7 à 57,3 %. Il a été élu avec 45,6 % des voix, devant Patrick Day (40,3 %) et Emmanuel Chassagnoux (14,1 %).
Six ans plus tard, quel est l’enjeu pour la ville de Soissons ? C’est ce que nous avons demandé à chacun des cinq candidats déclarés. Nous détaillerons ainsi les thématiques et les dossiers les plus importants dans nos prochaines éditions jusqu’à l’élection du futur maire de Soissons.

Philippe ABBAS

soutenu par La France Insoumise

  • 45 ans
  • Responsable du groupe soissonnais investi par La France Insoumise
  • Adjoint des cadres – responsable de la permanence d’accès aux soins à l’hôpital de Soissons
  • Déjà candidat aux élections législatives et candidat à une place non éligible sur la liste de Patrick Day aux Municipales 2014.

France Insoumise s’est scindée en deux groupes à Soissons. Philippe Abbas est le chef de file de l’un deux, mais il est aussi celui qui a obtenu le soutien officiel de La France Insoumise pour représenter une liste citoyenne aux élections municipales. Il confie avoir « travaillé pendant un an pour composer une liste d’union de gauche » avec les autres partis soissonnais, et il confirme avoir récemment « claqué la porte de l’union de gauche », faute d’accord sur son positionnement dans la liste. « Je n’ai jamais voulu la place de n° 1, précise-t-il, en revanche je n’accepte pas la 5e place. Elle ne correspond pas aux scores de notre mouvement en tant que première force de gauche aux dernières Législatives et deuxième force aux Européennes. Nous avons également prouvé ce que nous pouvons apporter en dynamique sur le terrain. »
De fait, Philippe Abbas part seul avec La France Insoumise dans la bataille, et il entend bien étendre sa propre liste à 35 noms. Et s’il n’arrivait pas à réunir les 35 noms avant le dépôt des listes du 27 février ? « Dans ce cas, j’annoncerais à ce moment le nom du candidat que je soutiendrais », dit-il.
Toutefois, Philippe Abbas n’en est pas là et il se prépare comme un candidat déclaré. Quel est l’enjeu du prochain mandat pour la ville de Soissons ? Il le voit dans un programme social et humain : « La priorité est de s’occuper de tous les habitants de la ville, et cela dans tous les quartiers de la ville. Sans augmenter les impôts, il faudra tout particulièrement leur amener une maison pluridisciplinaire de la santé publique, une unité Alzheimer publique et des transports gratuits ».

Alain CREMONT

maire sortant

  • 66 ans, marié, 4 enfants
  • Chef d’entreprise retraité
  • 1 mandat de maire de Soissons, vice-président de l’agglomération en charge du développement économique
  • En tête de la liste « Pour Soissons, gardons le cap »

Elu maire en 2014 en tête d’une liste divers droite, Alain Crémont se présente donc à sa propre succession en mars 2020. Il annonce « avoir parcouru beaucoup de chemin en 6 ans et tenu de nombreux engagements », mais il dit aussi savoir « que beaucoup reste à faire, c’est pourquoi nous restons mobilisés pour tenir la feuille de route que nous nous sommes fixée pour relever Soissons et améliorer la qualité de vie des Soissonnais, quel que soit leur quartier ».
Pour les 6 nouvelles années à venir, l’enjeu à Soissons se situe pour lui « dans le développement économique, l’emploi et l’attractivité du territoire. C’est une priorité car le développement économique crée des richesses, et de là en découle le pouvoir d’achat retrouvé des familles qui peuvent ainsi faire vivre les écoles, les associations et les équipements publics de la ville. Dans la même idée, il faut capitaliser sur le travail déjà réalisé en terme d’économie sociale et solidaire, tout en développant le tourisme et l’innovation. » Alain Crémont se dit par ailleurs « heureux de voir Soissons et GrandSoissons revenir dans les radars ».

Franck DELATTRE

soutenu par la République En Marche

  • 54 ans, marié, 3 enfants
  • Cadre dans une société HLM
  • Conseiller régional EELV (2004 – 2015), adjoint au maire de Soissons (2008 – 2014)/vice-président à l’agglomération de Soissons (2008 – 2014) en charge du logement, du plan énergie et climat, conseiller délégué à l’agglomération (2014 -2020) responsable de la zone d’habitat et du plan paysage.

Ancien conseiller régional Europe Ecologie Les Verts, premier secrétaire fédéral du Parti Socialiste de l’Aisne, porte-parole de l’opposition de gauche pendant une bonne partie du mandat d’Alain Crémont, Franck Delattre a surpris son monde en annonçant sa candidature à la mairie de Soissons avec le soutien de la République En Marche et du député Marc Delatte. Cela lui a d’ailleurs valu son exclusion du Parti Socialiste axonais.
Qu’à cela ne tienne, le candidat part avec également dans ses rangs d’autres conseillers municipaux de l’opposition de gauche. Selon lui, l’enjeu à venir pour Soissons se trouve « dans un développement équilibré de la ville, du centre aux quartiers. » Il parle de développement équilibré aussi bien au sens économique : « Rouvrir les commerces préemptés par exemple, faire revenir les gens dans le centre-ville en enlevant les parcmètres pour les mettre en zones bleues et mettre les zones bleues en zones blanches. » Et développement équilibré dans les quartiers au sens social : « Amener tous les services dans les quartiers, que ce soit Pôle Emploi, la CAF, la police municipale jusqu’à des services décentralisés de la mairie »

Sébastien LANGE

union de gauche

  • 42 ans
  • Ouvrier dans la métallurgie à la société Capi
  • Membre du conseil départemental du PCF
  • Conseiller municipal d’opposition à Venizel (2014 -2020)

Les partis de gauche soissonnais (sans la France Insoumise) ont composé une liste d’union pour briguer la mairie de Soissons en choisissant Sébastien Lange, membre du Parti Communiste Français, comme tête de liste. Celle-ci est donc composée du PCF, du Parti Socialiste, d’Europe Ecologie Les Verts, du Parti Radical de Gauche, « et de citoyens syndiqués, issus du monde associatif et sportif » tient à préciser Sébastien Lange.
Quel enjeu rassemble la gauche pour l’avenir de Soissons ? « La santé, répond le candidat. C’est le constat que nous avons fait par rapport à la situation difficile de l’hôpital, l’appauvrissement de Soissons qui engorge les urgences et le déficit de médecins qui se creuse. Nous voulons construire un grand centre de santé sous régie municipale avec des spécialistes, des généralistes et pour lequel nous recruterons des jeunes médecins salariés. Tout l’intérêt est de faire face au désert médical et de faire en sorte que tout le monde puisse être soigné à Soissons. Dans cette même idée d’un service pour tous, ajoute-t-il, ce sont les transports urbains que nous ouvrirons à la gratuité. »

Alain REYT

rassemblement national

  • 62 ans
  • Attaché du groupe Rassemblement National au conseil départemental de l’Aisne

Arrivé en troisième position de la triangulaire du second tour des Municipales 2014 (14,1 %), le Front National (ex-RN) a donc siégé au conseil municipal du mandat en cours avec deux élus à la table. Deux élus certes, mais qui n’ont pas toujours brillé par leur présence, et qui ont surtout souvent changé d’identité après les démissions successives de plusieurs conseillers FN. Pour autant, le FN (puis le RN) était bel et bien présent dans les conseils, à la mairie de Soissons comme à l’agglomération, du moins en tant qu’observateurs dans le public et tout particulièrement ces derniers mois. Parmi eux : Alain Reyt, le candidat RN pour ces Municipales 2020.
Pour lui, « l’enjeu local à Soissons ne se démarque pas des enjeux nationaux. Quoi qu’en disent certains, le programme local découle aussi de l’idéologie politique choisie. » Cette volonté politique se mesurera principalement selon Alain Reyt sur l’économie : « La priorité est de faire venir des entreprises et de créer de l’emploi à Soissons. Comme au niveau national, la réalisation de ce projet pourra se faire avec un dispositif protectionniste. Nous sommes les derniers à croire à l’ouverture des frontières et à croire que la concurrence est loyale. L’enjeu est de protéger les emplois », dit-il.

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Sur les traces de C215 en Ukraine

Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour Le Vase Communicant, il livre à nouveau un reportage exclusif.

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A Zhytomyr en Ukraine le 28 mars, le dessin de C215 d’un enfant face à un immeuble totalement détruit par un bombardement.
© C215

Auteur – reporter soissonnais indépendant, Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour un journal allemand, il travaille également sur place pour Le Vase Communicant et a déjà réalisé pour nous deux reportages exclusifs. En témoigne l’accréditation presse « Le Vase Communicant » affichée sur sa voiture (photo ci-dessous), illustrant au passage que « le petit gratuit soissonnais » est l’un des rares médias qui se trouve au plus près de l’action.

La voiture presse de Thierry Birrer en Ukraine, accréditée « Le Vase Communicant ».

La nouvelle exclusivité de Thierry Birrer : l’action du street artiste C215 en Ukraine. Le graffeur mondialement connu a en effet une relation privilégiée avec la cité du Vase puisqu’il y a réalisé plus d’une vingtaine d’œuvres aux quatre coins de la ville. « C215, on connaît bien à Soissons, confirme Thierry. De ses dessins, on y retrouve notamment Saint-Just, Rubens, Saint-Crépin, De Gaulle, Clotilde, Jeanne d’Arc, Anne Morgan, Henri Barbusse, Simone Veil et bien sûr Clovis. Alors pourquoi l’Ukraine ? A Kyïv (NDLR : Kiev), à un journaliste qui lui demande fin mars pourquoi il est venu peindre sur place, il répond : “Ce sont mes œuvres qui ont décidé. Pour qu’elles parlent de la guerre en Ukraine, il leur fallait être faites ici dans ce contexte, dans cette désolation. Ce sont mes œuvres qui décident et me choisissent, je n’ai donc pas eu le choix” ».

Thierry Birrer est donc allé dans les pas de C215, il a suivi les « traces » artistiques laissées par le graffeur dans ce pays toujours en guerre, à certains endroits en Fédération de Russie même, selon les derniers propos de Poutine en personne : « C215 n’a pas du tout noté les lieux où il a peint. J’ai dû faire un véritable travail d’enquête à Kyïv, Zhytomyr et Lviv. Les réseaux sociaux et mes connaissances sur place m’ont aidé. Pourtant, c’est le hasard qui m’a permis de trouver ce que je cherchais : une serveuse d’un restaurant à Lviv qui connaît une relation qui a une amie qui connaît quelqu’un dans le milieu du tag (!) ou encore une personne qui attendait à un abribus (le meilleur moyen pour rencontrer des gens qui vont ou viennent des quatre coins d’une ville ! ).

Le visage d’un enfant dessiné sur un abribus qui regarde un immeuble détruit par l’armée russe à Zhytomyr le 27 mars. Le portrait de son fils sur un bureau dans un appartement détruit à Zhytomyr encore. Le portrait d’une fillette aux couleurs du drapeau ukrainien sur un mur d’immeuble au centre de Lviv le 14 mai. Un autre portrait d’enfant sur un abribus rue Lukianivska à Kyïv ou le portrait d’une fillette dans un camp de déplacés ukrainiens ayant fuit la région de Kharkiv, à l’est, pour Lviv, à l’ouest. Les enfants sont au cœur du travail du graffeur C215, alias Christian Guémy, qui s’est rendu à deux reprises en Ukraine, fin mars et à la mi-mai, afin de poser un regard apaisé mais de réflexion sur des lieux où l’horreur a trop coulé.

« La Liberté guidant le peuple » aux couleurs de l’Ukraine par C215 sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv.
Thierry Birrer remercie les services de l’ambassade qui l’ont autorisé à accéder à la peinture de C215. Il a promis de leur adresser l’article une fois publié. © Thierry Birrer

En Ukraine, le graffeur n’a cependant pas choisi de peindre au hasard. La démarche est réfléchie, les lieux symboliques. Il s’est rendu par exemple sur le site de la tour de télévision de la capitale, bombardée début mars où six civils ont trouvé la mort. La tour jouxte Babi Yar, un ravin où les nazis ont assassiné 33 771 Juifs par balles les 29 et 30 septembre 1941. Il y a représenté le portrait d’une jeune fille ukrainienne à partir d’une photo prise en 1935. 
A la station de métro Lukianivska à Kyïv où les roquettes russes sont tombées sur des bâtiments civils, il a reproduit le portrait d’une jeune fille qu’il avait peint à la mi-mars en immense fresque sur un mur d’immeuble dans le 13e arrondissement de Paris, en hommage à la résistance du peuple ukrainien. 
A Zhytomyr, C215 choisit de peindre le portrait d’un enfant d’un de ses amis dans un appartement anéanti par une bombe car « la tragédie ukrainienne nous concerne tous » écrit le graffeur. Les enfants, toujours les enfants. 
Sur un panneau d’orientation masqué afin de ralentir la progression des forces russes au nord de Kyïv, il a peint le portrait de sa fille. Au nord de la capitale, c’est au pied d’un immeuble dont la façade a été soufflée par une explosion qu’il peint le 31 mars le portrait d’un jeune garçon rencontré dans un camp de réfugiés syriens de la plaine de la Bekaa à Zaleh au Liban, un gamin qui fuyait déjà les bombes russes sur le peuple syrien.

Aujourd’hui, plus des quatre cinquièmes de la trentaine de dessins de l’artiste réalisés à Lviv, Zhytomyr et Kyïv ont disparu car réalisés sur des supports éphémères. Ici à Bucha, ville ravagée par la guerre et les atrocités commises par l’armée russe, un papillon sur la carcasse d’un char russe calciné s’est envolé en même temps que le char dont les Ukrainiens récupèrent l’acier. Là, dans un quartier au sud de Kyïv, le regard de l’enfant s’est évanoui quand les employés des transports en commun ont remplacé l’abribus. Au nord de la capitale, un portrait d’une fillette avec la traditionnelle couronne ukrainienne sur la tête, reproduit sur un trolley qui servait à barrer la route à un checkpoint, a disparu quand les barrages ont été levés en juin. Toujours à Kyïv, le joli portrait d’une enfant ukrainienne peint sur un site bombardé face à la sortie de métro Lukianivska a été effacé par la reprise des affaires suite au départ des Russes de la région, en l’occurrence la société ukrainienne de vaporettes IQOS. Là, à Zhytomyr encore, le portrait d’une fillette sur un mur d’un appartement ravagé par une explosion de roquette s’est effacé sous les marteaux de la reconstruction. Les affaires reprennent, l’art et la guerre sont oubliés.

Vue en situation du portrait de la fille de C215 (quand elle était jeune) avec en arrière-plan le Musée de l’Histoire Ukrainienne à Kyïv. Ce portrait a été réalisé sur un panneau indicatif tagué au moment de l’invasion de la région par les troupes russes, tous les panneaux ayant été maculés afin que les soldats russes ne puissent pas les utiliser pour se repérer, y compris ce genre de panneaux indicatifs dans les jardins publics (cela explique les traces de bombe bleue marine sur le panneau).
Ivanka qui travaille dans un bar proche du musée, a découvert par hasard ce dessin. Elle non plus ne savait pas que c’était l’œuvre d’un artiste français : « Il est vraiment impressionnant par son regard. Maintenant que vous m’expliquez la démarche de l’auteur, je trouve qu’il a une force énorme. Cette enfant me semble m’interpeller : Pourquoi faites-vous la guerre dans mon pays ? J’en frissonne ! » © Thierry Birrer

Certaines œuvres sont cependant toujours présentes. La plus monumentale est le portrait sur un mur d’immeuble au centre de Lviv, à l’ouest du pays, reproduction exacte en mai du portrait réalisé rue Domrémy dans le 13e arrondissement de Paris à la mi-mars 2022. Sous le portrait de l’enfant, une citation du président ukrainien Volodymyr Zelinski : «Je veux vraiment qu’il n’y ait pas de photos de moi, pas de portraits de moi dans vos bureaux, parce que le président n’est pas une icône, pas une idole, le président n’est pas un portrait. Accrochez-y des photos de ces enfants et regardez-les dans les yeux avant chaque décision. » *

A Kyïv, c’est le portrait de Taras Chevtchenko qui se dresse allée Peizazhana, un quartier où les tags et graffs d’artiste sont très nombreux. Taras Chevtchenko est en Ukraine l’équivalent de notre Victor Hugo national. Le poète, peintre, ethnographe et humaniste ukrainien est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne. Il figure d’ailleurs sur les billets de 100 hryvnias, la monnaie locale.
C215 se devait donc de représenter Chevtchenko (1814-1861) qui, sur le plan historique, marque le réveil national de l’Ukraine au XIXe siècle.
L’œuvre la plus symbolique, mais malheureusement inaccessible à la vue du public puisque située sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv représente « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Œuvre symbole de notre république, de la liberté et de la démocratie dans le monde, C215 l’a reproduite avec un drapeau ukrainien dans la main. L’artiste l’a réalisée « pour marquer symboliquement le retour de la France par son corps diplomatique dans la capitale » le 15 avril 2022. C215 a un credo : ses compositions se veulent toujours « humanistes et non belliqueuses » ».

* La citation est extraite, presque mot pour mot, du discours d’investiture prononcé par le président Zelensky le 20 mai 2019. Le président s’adressait aux députés, en leur expliquant vouloir lutter contre la corruption : « Et pour cela, nous avons besoin de gens au pouvoir qui serviront le peuple. C’est pourquoi je ne veux vraiment pas que ma photo soit dans vos bureaux, car le président n’est pas une icône, ni une idole ou un portrait. Accrochez les photos de vos enfants à la place et regardez-les à chaque fois que vous prenez une décision. »

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L’œuvre du roi Clovis à Soissons

La Ville de Soissons lance l’acquisition d’un chef d’œuvre pour ses collections : « Le roi Clovis » peint durant les années 1625 – 1630 par Orazio Riminaldi. Pour une valeur de 200 000 €, le ministère de la Culture y participe à hauteur de 100 000 €, la municipalité à 45 000 € et un mécénat participatif est ouvert du 16 novembre au 20 décembre pour que les Soissonnais s’approprient eux aussi le retour de Clovis dans la cité du Vase.

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Le galeriste Giovanni Sarti et le directeur des musées de Soissons, Christophe Brouard, en pleine discussion devant le tableau du roi Clovis.

La municipalité de Soissons travaille sur ce dossier depuis plus d’un an : l’achat d’un tableau de Clovis proposé par la galerie Sarti, basée à Paris et Londres. « Ce roi Clovis est un trésor national et patrimonial pour les collections municipales, n’hésite pas à qualifier l’adjoint à la culture, François Hanse. Avec cette acquisition, la ville entreprend en effet un nouveau projet, inédit, ambitieux, porteur. Ce tableau à l’effigie du roi Clovis est fascinant, c’est une œuvre exceptionnelle que les Soissonnais pourront bientôt s’approprier. »

La figure de Clovis et son histoire font bien sûr partie de l’identité même du territoire soissonnais, mais Soissons n’en a pourtant pas l’exclusivité : «La tutelle symbolique du roi des Francs est en effet revendiquée par Reims ou Tolbiac, deux cités dans lesquelles s’est écrite une partie de l’histoire de France, souligne François Hanse. Avec ce tableau, la ville peut enfin acquérir l’exclusivité d’une image, qui plus est loin des standards de l’image d’Epinal, et que les Soissonnais pourront revendiquer. Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de Soissons en lumières et de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts : celle de l’histoire de France. A vous d’y croire et à vous d’y contribuer», interpelle l’adjoint à la culture.

Pour cela, une souscription est lancée sur la plateforme de mécénat participatif www.dartagnans.fr pour faire un don du 16 novembre au 20 décembre. Parallèlement, le public pourra manifester son intérêt et sa volonté de soutenir l’acquisition en découvrant le tableau qui est exposé exceptionnellement à l’hôtel

de ville : du 19 au 27 novembre de 14h à 20h. Et pour accompagner le projet, deux événements sont également organisés à l’hôtel de ville de Soissons. Mercredi 16 novembre à 18h : Conférence « Clovis, un tableau inédit pour les collections municipales ». Vendredi 18 novembre à 17h : Vernissage de l’exposition-dossier consacrée au tableau « Le roi Clovis ».

« Le roi Clovis » vu par le directeur des musées

Christophe Brouard, le directeur des musées de Soissons, est au cœur du projet d’acquisition du tableau : « Le Clovis, Clodoveo en italien, proposé par la galerie Sarti est une œuvre rare. Peinte par un peintre italien dont la carrière fut brève mais couronnée de succès, la toile appartient à un courant pictural emblématique de l’histoire de l’art : le caravagisme. Orazio Riminaldi en fut l’un de ses plus brillants représentants et fut de ce fait au service des plus grands (cardinaux romains, princes, etc). Le tableau fut peint durant les années 1625-1630, tandis que l’artiste côtoyait Simon Vouet à Rome dont il s’inspire ici. Cette amitié et la présence de dignitaires français à Rome durant cette période ont également pu inspirer la commande. À moins que celle-ci n’émane directement de la reine Marie de Médicis, qui souhaitait s’attacher les services de Riminaldi, ou d’un membre de la cour de France.

Tel un Clovis triomphant, Clovis est rarement représenté en effigie ; l’épisode du baptême est plus fréquent. Pour autant, le mythe de Clovis “le Très-Chrestien” au 17e siècle, plus particulièrement à la cour de France, nous permet de contextualiser le tableau. Nous nous trouvons certes face à une sorte d’unicum (NDLR : objet historique connu à un seul exemplaire) mais n’a-t-il pas l’allure d’un saint ? Par sa prestance et son aura, le personnage incarne en effet tout autant le robuste chef d’armées que le roi investi d’un rôle nouveau : la francisque dans une main et le vase sous l’autre parachèvent le symbole, à la manière des saintes idoles qui se multiplient au 17e siècle. Iconique, ce tableau est un chef-d’œuvre de cette période. Il se présente de surcroît dans un très bon état de conservation. »

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Cie Link : l’impro, le stand-up et l’électro à Soissons

Link est la toute nouvelle compagnie culturelle créée à Soissons. Attirée par les arts actuels, elle se spécialise dans les cours de stand-up, théâtre d’improvisation et musique électronique. Autour de ces activités, Link pourrait aussi faire le lien avec un futur Comédie Club à Soissons.

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Des ateliers d’arts actuels et des scènes d’impro ouvrent ici au Rock'n Food Bar, montés par la compagnie Link de Clément et Arthur (au premier plan).

A l’origine du projet : Clément Pouilhe, qui à 24 ans a déjà fait ses preuves dans la comédie, l’impro et le stand-up. « L’idée est de rendre plus accessibles ces arts actuels, et plus particulièrement à Soissons, explique-t-il. À part les écoles payantes à Paris, on ne peut que constater qu’il est difficile de sortir des activités classiques, l’envie est de moderniser la culture pour attirer ici un nouveau public. »

Structurée en association, la compagnie Link met en place ses cours sous la forme d’ateliers, totalement encadrés par des professionnels : Clément au théâtre d’improvisation et au stand-up en collaboration avec Charles Pérut pour l’écriture, et Clément Mirnatrek pour la partie musique électronique. Les ateliers se déroulent au Rock’n Food Bar, rue Neuve de l’hôpital à Soissons, qui met son établissement à disposition en dehors de ses heures de service et aménage ses locaux pour la meilleure pratique des arts.

Arthur, Guillaume, Marie et Clément au Rock'n Food Bar qui accueille les ateliers de la compagnie Link.

« Ouverts tout au long de l’année scolaire, les cours peuvent séduire les étudiants soissonnais qui cherchent à étendre leurs activités, précise Arthur Desjardins, le trésorier de la compagnie. Mais ils s’adressent aussi à un public plus large comme les entreprises, les associations ou les commerces qui souhaitent se perfectionner dans la prise de parole par exemple. » De plus, avec la volonté d’élargir son éventail d’arts actuels, Link propose des stages dans le domaine de l’audiovisuel en partenariat avec Afam Prod, ils trouveraient en l’occurrence leur place durant les vacances scolaires.

Au final, quand on parle d’impro et de stand-up, la scène n’est pas bien loin. C’est déjà un événement que la compagnie Link institue une fois par mois, avec des spectacles de théâtre d’improvisation au Rock’n Food Bar. A noter dès à présent la prochaine date dans son agenda : vendredi 25 novembre à 20h. Ce format ne préfigure-t-il pas un futur Comédie Club à Soissons ? « Nous y pensons, ne cache pas Clément, c’est un type de scène au plus proche des gens et en interaction avec le public que nous aimerions monter. Reste à savoir quelle structure pourra nous accueillir… » Mais d’ores et déjà avec Link, Clément et Arthur posent les bases d’une nouvelle compagnie : « C’est l’art, la musique et la culture moderne que nous voulons développer à Soissons, la ville où nous avons aimé grandir, où nous aimons vivre et à laquelle nous sommes heureux d’apporter cette activité. »

Toutes les informations et les adhésions sur les réseaux Facebook/Instagram/Tik Tok @compagnielink — compagnie.link @gmail.com

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