Connectez-vous avec le Vase

Associatif

« 1001 facettes » d’un engagement

Denis MAHAFFEY

Publié

le

L'art de la culture festive

Le sculpteur et artiste aérosol Elvis Comica du Charmel travaille en direct.

Le festival « 1001 Facettes » 2017 a eu lieu sous l’œil vide mais bienveillant de la rosace de l’abbaye Saint-Jean-des-Vignes. C’est un emplacement somptueux pour cette dixième édition d’un événement qui a débuté à Acy-le-Haut en 2004.

Plutôt que d’une direction artistique, la programmation est toujours venue des enthousiasmes et envies et talents de ses multiples bénévoles. Les arts et la culture, musique, théâtre, cirque, sont abordés sur un ton festif.

« Le Bar à mômes », venu de Amiens pour encourager les enfants de Soissons à boire, proposait des boissons à base de pastilles fruitées et d’eau… sèche, bien plus commode à manier pour un barman que la version mouillante et facilement dégoulinante. Les enfants étaient assis devant le comptoir, mais les adultes se pressaient derrière eux.

Affiches contestataires à l’Arsenal

L’ambiance pourrait faire penser à la Fête de l’Humanité sur une petite échelle. L’engagement à gauche, politique et environnemental, est comme un parfum qui émane des participants, aussi bien sur les plateaux que dans les salles. Il justifie les choix. Il explique ce qui a été certainement la composante la plus incisive du festival, l’exposition au premier étage de l’Arsenal d’affiches contestataires. Michel Defromont, qui l’a organisé, a fait appel à des collectionneurs. Les affiches, dont plusieurs regardent en arrière vers les plus célèbres de mai 68, illustrent une vision alternative de la société, des aspirations qui vont à l’encontre de celles que s’efforcent d’imposer les pouvoirs établis. L’humour plane partout. Hélas, le troisième et dernier jour du festival, deux affiches ont été arrachées, non pas pour dénoncer leur message mais pour s’offrir une pièce de collection.

Qu’en sera-t-il de « 1001 Facettes » dans deux ans, pour la prochaine édition ? Certains redoutent la course au financement (la gratuité du festival est un principe de base) ; d’autres font confiance à l’énergie renouvelée des bénévoles. Une condition, rappelle l’un d’eux : que ceux qui participent depuis le début soient rejoints par des nouveaux aussi énergiques, aussi jeunes d’esprit.

denis.mahaffey@levase.fr

Continuer la lecture

Associatif

Les soldats qui dansent

Denis MAHAFFEY

Publié

le

L'art de la danse... militaire

Les brevets de danse du XIXe siècle par Didier Lhotte, Ed. Chants et Danses de France

Sur les images, où seuls des détails diffèrent, un militaire est entouré par des participants à un bal, dames en crinoline, certaines assises, et hommes en uniforme d’apparat ou en civil, debout. Un orchestre militaire joue. L’homme au milieu danse, les autres le regardent.

 

Didier Lhotte devant sa collection de brevets à Ressons

L’auteur Didier Lhotte, de Ressons-le-Long, qui a fondé l’antenne picarde de l’association Chants et Danses de France en 1984, présente ses recherches sur l’enseignement militaire de la danse dans ce livre; il constitue aussi une riche iconographie, haute en couleurs, reproduisant un grand nombre des diplômes livrés aux candidats. Ce sont des Brevets de danse, certifiant que le soldat désigné est « Prévôt de danse » et ensuite « Maître ».

Le livre retrace l’histoire de cet enseignement, proposé par Louis XIV. Réservé aux officiers, il a été étendu aux hommes de troupe à la Révolution. Enseignée comme l’escrime, la canne, le bâton, la boxe, elle devait augmenter la force, l’adresse et la grâce militaire du soldat, tout en étant un avantage en société et un plaisir, bons pour le moral des troupes.

Après la défaite de Sedan en 1870, les salles de danse de l’armée ont disparu progressivement. Mais le retour d’anciens combattants chez eux a donné une nouvelle impulsion à la danse villageoise régionale, au point qu’on a parlé de « dansomanie ».

Chants et Danses de France est affiliée à une fédération nationale, mais Didier Lhotte admet que seule l’antenne aisnoise poursuit un véritable programme de stages (suivis à chaque fois par « un petit bal folk ») et de spectacles. Lui-même, inspiré par le premier spectacle de danse qu’il a vu en 1969, avait commencé à danser dans une troupe parisienne. Devenu psychologue à Soissons, «chaque soir pendant trois mois j’allais après mon travail danser à Paris. On se maquillait dans la voiture

Brevet d’un soldat du 67e régiment, longtemps en garnison à Soissons

Il parle modestement de ses connaissances, mais Didier Lhotte jouit d’un renom national dans la promotion des traditions de la France dansante et du vaste répertoire de bourrées, farandoles, pas d’été, anglaises. Il regrette seulement l’image d’enthousiasme brouillon du mot « folklorique » en français. La danse est une affaire de précision, un exercice intensif de la mémoire corporelle.

Parmi les 63 brevets du 19e siècle reproduits, beaucoup appartiennent à la collection de l’auteur, débordant du petit bureau chez lui, déjà rempli d’archives et de publications de l’association.

Un brevet livré à Nîmes le 3 septembre 1865 aura un intérêt particulier pour les lecteurs locaux. Sous l’image il y a les mots suivants :

Nous soussignés Maîtres et Professeurs déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître Mr Fumat André Clerc, Elève de Mr Lasserre, en qualité de Prévôt, et après nous être assurés de ses talents et connaissances nous lui avons livré le présent. Nous engageons nos Amis et frères à lui prêter le secours de leurs Conseils, leur promettant au besoin réciprocité de notre part.

Au-dessus, encadrant le titre, les mots manuscrits « 67e régiment d’infanterie ». Or le 67e a été longuement « le régiment de Soissons » et sa dissolution en 1993 a été une épreuve pour la population. Sa caserne est devenue le Parc Gouraud.

Le livre rappelle l’importance capitale de la danse ; mais l’association a dû renoncer à ses stages jusqu’au printemps prochain à cause du Covid-19.

[Cet article paraît dans le Vase Communicant N° 298.]

Continuer la lecture

Associatif

Des images aux mots, des mots aux images

Denis MAHAFFEY

Publié

le

L'art de la peinture abstraite

Laurence Potié à dr., Jany Haibe à g.

Laurence Potié et Jany Haibe se sont rencontrées au Salon d’artistes amateurs à Belleu il y a trois ans. Elles ont découvert qu’elles puisaient toutes les deux leur inspiration dans l’art non-figuratif.

Ayant suivi chacune son chemin, elles ont décidé d’initier un projet commun et de créer un collectif d’artistes, peintres, modeleurs, sculpteurs et graveurs qui partageraient la volonté de ne pas représenter le « réel » avec tous ses détails.

Laurence Potié

Elles lancent ce projet en exposant toutes les deux leurs œuvres au café associatif Le Bon Coin, qui depuis peu a lancé un programme d’activités culturelles, artistiques et autres.

Sous le titre Inspir’, ces deux peintres ont accroché leurs tableaux dans la pièce derrière la salle de restauration. Pour Laurence Potié, ce sont des représentations de ce qu’elle a ressenti pendant le confinement ; Jany Haibe a consacré un mois d’août intensif à préparer ses toiles. Celles de Laurence Potié restent purement abstraites, des formes souvent saupoudrées d’or qui les illumine ; Jany Haibe inclut des éléments figuratifs, mais toujours énigmatiques, jamais réalistes. Emotions, intuitions, ce sont ces mots qu’elles utilisent pour caractériser leur travail.

Chaque tableau est accompagné d’un cartel blanc contenant, non pas une légende, ni une description, mais quelques mots qui amènent le spectateur à regarder autrement l’image qu’il vient de découvrir. En retour, l’image renvoie aux mots, module leur sens.

Jany Haibe

« Oser réveiller notre âme d’enfant est notre fil conducteur. C’est un moyens de lâcher prise pour se ressourcer au quotidien » ont-elles expliqué aux invités du vernissage.

Un formulaire est disponible à l’exposition pour inviter ceux qui seraient intéressés par le nouveau collectif à laisser leurs coordonnés. Cela permettra que le courant établi entre Jany Haibe et Laurence Potié soit partagé avec d’autres.

Inspir’ jusqu’au 31 octobre au Bon Coin, 2 rue du Pot d’Etain, Soissons

Continuer la lecture

Associatif

Prochainement / L’écrit prend la parole à la Bibliothèque

Denis MAHAFFEY

Publié

le

L'art du regard psychanalytique

« Sortir la psychanalyse des cabinets et agir dans le monde actuel. » C’est ainsi que Martine Besset, membre de l’Association de la Cause Freudienne, définit l’objectif des « Cafés-psychanalyse » organisés au théâtre du Petit Bouffon à Soissons.

Le premier cycle de ces événements l’année dernière a examiné « les modifications du lien social », sous la forme d’une présentation par un psychanalyste sur le sujet, suivie d’une conversation ouverte.

Le Café a trouvé son public, et une nouvelle série aura lieu cette année, toujours au Petit Bouffon, proposant un regard psychanalytique sur d’autres aspects du même thème. Pour encourager la participation du public, de brèves remarques par plusieurs intervenants ouvriront chaque fois un échange général.

Le cycle commencera le 17 décembre par le sujet des « Enfants seuls », notamment des mineurs réfugiés non-accompagnés. Les intervenants seront la psychanalyste Myriam Papillon, l’éducateur spécialisé Frédéric Papillon, et la psychologue Anne Fresne.

Le 24 mars le Café abordera « Bonheur et douleur », ces « deux frères ennemis ».

Pour la dernière soirée, dont la date n’est pas encore fixée, des artistes seront invités à parler de leur activité singulière.

Il est aussi question d’une soirée centrée sur « Les métiers impossibles : enseigner, éduquer, psychanalyser », qui pourrait lancer une troisième saison à la rentrée 2020.

Catherine Stef de l’ACF

En parallèle à ces conversations, l’ACF a été invitée à organiser des soirées à la Bibliothèque municipale sous le titre « Littérature et psychanalyse ». La première aura lieu le 7 novembre, quand le psychanalyste et membre de l’ECF Bernard Lecoeur parlera de « Claudel et le héros moderne », en abordant le rôle de Sygne dans la trilogie des Coufontaine (L’otage, Le pain dur, Le père humilié).

A une date ultérieure Elise Cuvellier, professeur de lettres, parlera de l’écrivaine Véronique Ovaldé.

Le programme pour ces deux cycles de soirées est établi par Catherine Stef, Martine Besset, Catherine Vannereux et Luce Vue-Droy, avec Larbi Drissi pour la conception des affiches. L’Association de la Cause Freudienne Champagne, Artois, Picardie, Ardenne (ACF-CAPA) réunit des psychanalystes et autres personnes qui adhèrent aux idées de l’Ecole de la Cause Freudienne fondée par Jacques Lacan. L’objectif de l’ACF est de faire connaître la psychanalyse lacanienne, ses outils, son langage, et de démontrer leur utilité pour scruter les sujets les plus variés du quotidien, en invitant chacun à regarder ce que recouvre ce quotidien.

Un tel regard en profondeur, qui respecte la complexité de l’expérience humaine, est d’autant plus essentiel à une époque qui vise la simplification partout, dans tous les secteurs. D’autres approches prétendent résoudre rapidement les conflits internes. Le recours aux antidépresseurs ou au comportementalisme entend permettre de mieux gérer le quotidien ; la psychanalyse préconise d’aller au cœur de ces conflits, en suivant les mots par lesquels ils se révèlent, pour libérer et enrichir le quotidien.

Dates fixées :
7 novembre à 20h45 : Claudel et le héros moderne. Bibliothèque muncipale.
17 septembre à 20h30 : Enfants seuls. Le Petit Bouffon.
24 mars à 20h30 : Bonheur et douleur. Le Petit Bouffon.

L’entrée est libre. Le nombre de places à la Bibliothèque étant limitée, il est conseillé de réserver.

Continuer la lecture
P U B L I C I T É

Inscription newsletter

Catégories

Facebook

Top du Vase