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Danse

Aux origines de la danse

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L'art de danser

A une semaine d’écart, deux spectacles de danse, Impromptu et sacre à la Cité de la musique (et de la danse !) et Danser ensemble au Mail, ont montré non pas seulement deux exemples de la danse contemporaine mais son vocabulaire et même sa grammaire.

Daniel Larrieu et Sophie Billon

Une jeune femme et un homme plus âgé, habillés en noir, elle en pantalon, pieds nus, lui en bermuda avec des bottes légères, attendent les spectateurs sur le plateau de la Cité. Ils s’y déplacent tranquillement, regardent les spectateurs, échangent quelques mots avec ceux du premier rang. Daniel Larrieu est un chorégraphe illustre, Sophie Billon travaille avec lui depuis sept ans.

Pour clore sa longue carrière, il a imaginé un spectacle en deux parties. Pour Impromptu il propose à des membres du public d’établir l’ordre d’une série de courtes pièces classiques, de Dvorak, Satie, Bach et d’autres, en piochant un papier dans un chapeau. Les deux danseurs improvisent la chorégraphie pour chaque morceau, accompagnés par Caroline Delcampe et Alexandra Vizman, assises côte à côte au piano.

Ils dansent ensemble, mais ne s’approchent ni se touchent rarement.

Le résultat est loin de la danse brillante, spectaculaire, acrobatique que le public a l’habitude de voir au théâtre. Chaque improvisation explore les gestes et mouvements obtenus en étendant un bras, levant une jambe. Des gestes élémentaires ? Oui, mais auxquels les danseurs donnent un développement, en les « laissent fleurir » comme disent les clowns. Comme tout est impromptu, le spectateur peut presque discerner la pensée qui gère une sequence de mouvements.

Après l’impromptu le sacre, plutôt le Sacre du printemps, un solo pour Sophie Billon. Cette fois, la chorégraphie est fixée ; mais la structure de chaque mouvement, établie par Larrieu, contient son origine, son développement, et sa conclusion. Le spectaculaire est mis de côté, et le récit est raconté et approfondi par la danse. En percevant cette sobriété physique les spectateurs peuvent touchent à la question « Comment et même pourquoi le corps humain se met à danser – même qu’est-ce que c’est, danser ? »

Danseurs avec chorégraphe Alice Davazoglu à gauche en rouge

Une semaine plus tard, la scène du Mail est à nouveau occupé quand le public entre. Cette fois dix chorégraphes reconnus ont mis de côté leur rôle directeur pour suivre les consignes de l’auteur de Je suis Alice Davazoglou, je suis trisomique normale mais ordinaire. Danseuse, elle avait l’habitude d’être dirigée par des non-handicapés. Cette fois, elle a décidé de devenir chorégraphe elle-même pour dix non-handicapés.

En attendant le début du spectacle, les danseurs-chorégraphes, habillés chacun à sa manière, s’occupent en répétant certains pas, ou parlent entre eux. L’un, assis par terre, apprend à un autre un croisement complexe des jambes.

Cet échauffement a lieu autour d’Alice Davazoglou, repérable par sa robe écarlate. Elle se mêle à ses danseurs, discute, les étreint parfois, et est clairement au centre de tout.

Le spectacle commence. Assise par terre, entourée d’un cercle de feuilles de papier posées par d’autres, elle en ramasse et dépose. C’est une danse, et n’a pas besoin d’être explicite. S’agit-il d’illustrer ses choix de direction, ou d’avoir recours à un autre symbolisme ?

Ses danseurs commencent une série d’épisodes, la plupart deux par deux, partageant les mêmes mouvements apparemment simples mais, comme dans le spectacle de Larrieu, posent une séquence gestuelle.

Deux spectacles qui montrent – expliquent, peut-on dire – la matière première de la danse, telle qu’un corps humain la conçoit et l’interprète.

Un commentaire, une question ? denis.mahaffey@levase.fr

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