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Le Salon du livre : un effort pour la lecture

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Art de lire

La comédienne et auteure Lola Lafon le dit en quatre mots : lire est un désir. Ni une utilité ni une obligation. « C’est sa grande beauté que d’être aussi gratuit qu’un rêve. »

Lire ou ne pas lire, telle est la question. Ou plutôt, dans l’âge d’Internet, ouvrir un livre ou un ordinateur. Tourner une page, ou saisir une adresse numérique.

A gauche Marie-Aimée Cailleux, qui présidera le Salon, avec son prédécesseur Emmanuelle Tottet

L’informatique s’adapte à l’utilisateur, détecte ses envies et intérêts et fait tout pour les satisfaire. Elle vous interpelle en permanence par des notifications et suggestions. Elle propose des détours à prendre. Elle vous ouvre constamment vers l’extérieur, élargit chaque contexte. Elle vous trouve intelligent, et le dit.

En contraste, le livre dans son format à feuilles reliées à gauche sous une couverture, son contenu établi une fois pour toutes par son auteur, ne vous connaît pas et ne cherche pas à vous connaître. Il ne vous propose pas de déviations fascinantes. Penser que dans tous les volumes de A la recherche du temps perdu, Proust n’offre pas un seul hyperlien pour savoir qui était le modèle du personnage de Saint-Loup ! Bref, l’un ouvre vers l’extérieur, l’autre vers l’intérieur.

Les chiffres pour la lecture sont notoirement difficiles à établir, mais la courbe descendante depuis la généralisation de l’informatique semblerait indiquer une reprise. (*)

Le Salon des livres qui aura lieu à la Maison des associations de Soissons en octobre sera pour quelque chose par ses efforts pour développer toujours plus la lecture, comme il le fait depuis 11 ans. Cette fois entre 80 et 90 exposants, éditeurs et auteurs attendent autour de 1500 visiteurs. Un programme dense est en place : avant même l’ouverture le 10 octobre, il y aura une semaine d’interventions dans les écoles.

Le Salon choisit chaque année un parrain ou une Marraine. Cette fois c’est Céline Gourjault, infirmière de formation si convaincue de l’importance de la lecture, et des bibliothèques pour l’encourager qu’elle est devenue auteure de livres-jeunesse et animatrice d’ateliers. Son nouveau roman, Lison et les intraterrestres, vient de paraître.

Autre personnage à chaque Salon : l’Invité(e) d’honneur, qui pour 2026 sera Jean-Michel Wavelet. Après une carrière d’Inspecteur de l’Education nationale, il a écrit une biographie du philosophe Bergson, suivie d’autres, et au Salon il présentera son nouveau volume sur Georges Brassens.

Pendant les deux jours du Salon il y aura un programme serré de conférences, ateliers, lectures et autres actions en direction de jeunes enfants, par exemple des interventions de l’association Tourbouillon pour les plus petits. Il y aura trois conférences : Jean-Michel Wavelet parlera de George Brassens, façonneur de mots ; Christophe Brouard, directeur des musées de Soissons, racontera la découverte et l’acquisition du tableau Clovis, roi des Francs, d’Orazio Riminaldi ; et Jean-Jacques Lacharrière, dont le sujet sera Les racines de Charlemagne, retracera la vie de Charles Martel, grand-père de Charlemagne, et de son fils Pépin le Bref, père de Charlemagne et premier roi carolingien, couronné à Soissons.

Les œuvres des maisons d’édition seront en vente, souvent en présence des auteurs prêts à échanger avec leurs lecteurs éventuels. Plus particulièrement, les lecteurs soissonnais rencontreront les éditeurs soissonnais.

Le Salon annuel est devenu une vaste entreprise, qui demande de longs préparatifs pour définir et établir le programme et les participants. La Ville prête une main, c’est entendu ; mais la charge principale de travail est portée par l’association Lire en Soissonnais, dont la nouvelle présidente est Marie-Aimée Cailleux.

Une de ses principales préoccupations est la gestion du Salon, et elle a lancé un appel à l’aide pour la gestion du Salon, en espérant recruter, temporairement ou en tant que nouveaux membres, des personnes pour être présentes aux différents stades de l’événement et pour accueillir et guider les visiteurs.

(*) Un cas : M—, dix ans, était moins encline à lire des livres que son grand frère, lecteur vorace de tout ce qu’il trouve – Harry Potter est déjà loin derrière – et ses parents, lecteurs assidus. Mais pendant un long voyage d’été, dans un autre pays et même sur un autre continent, loin de ses amies, elle a pris un livre, puis un autre. Ses compagnons lui manquaient moins, car les livres ouvre tout un monde de compagnons. Une lectrice est née.


Salon du Livre, Maison des Associations, 10 et 11 octobre.

[Cet article paraît dans le n°412 du Vase Communicant.]

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