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Musique

A venir : la chanson pour commencer

Denis MAHAFFEY

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La saison du Mail démarrera en douceur, au son de la douce voix d’Irma, chanteuse, auteur-compositeur et interprète camerounaise. « Repérée sur Internet grâce à une reprise de Jacques Brel, Irma n’a pas forcé son chemin vers la gloire… elle a été choisie », selon le programme du Mail. En effet, c’est à travers un site de financement participatif qu’elle a réalisé son premier album « Letter to the Lord ».
Soul, pop, folk et groove : Irma utilise toutes ces sonorités pour ses mélodies, qui portent des textes sensibles et profondément humains. Sa voix intense, sa générosité sur scène : cette soirée inaugurale vaudrait le déplacement.
Un détail : sur son second album, « Faces », Irma inclut un titre enregistré avec Mathieu Chedid, dont le père Louis Chedid sera au Mail en janvier. Ainsi les spectacles de la saison se renvoient des échos entre eux.

 Irma, mercredi 12 novembre à 20h30, au Mail.

Photo Vincent Thomas

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Le Vase des Arts

La musique surnage

Denis MAHAFFEY

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L'art de la survie musicale

Le Cercle Musical

Le Soissonnais a plus de quinze associations musicaux amateurs. Comment font-elles devant le vide public ? Parmi ceux qui ont pu être contactés, aucun n’a mis la clé (de sol ?) sous la porte, et tous espèrent chanter et jouer en public dès que possible.

* Le Cercle Musical, pilier de la vie musicale, se félicite d’être «passé entre les gouttes» pour son concert d’octobre dernier, et attend avec d’autant plus d’impatience la réouverture qu’il a un nouveau chef, Esteban Vidal, professeur de Pratiques musicales au Conservatoire. Il a déjà ses idées pour le concert de « la Rentrée ».

* Nathalie Doyhamboure, directrice du groupe gospel Sing Sing, est fière d’avoir maintenu toutes les leçons en absenciel («Je suis allée voir les deux aînés de plus de 70 ans, et ils ont maîtrisé Zoom !»). Mais la reprise de Les Misérables reste compromise.

* Les Amis des Orgues avaient réussi à faire leur concert d’été 2020, et Vincent Dupont, président, prévoit un récital pour orgue et hautbois, «avec une jauge raisonnable».

* La Société des Accordéonistes existe depuis 40 ans, mais cet été, après un dernier concert, le président Yann Martel entend réunir les membres, anciens et actuels, pour un dîner d’adieu. Les confinements en auront eu raison.

* Selon Dominique Beaugnon, «meneuse» de Carnet de Voyages, l’auteur-compositeur maison Daniel Douay a profité pour écrire les chansons d’une nouvelle comédie musicale, Pas à pas. «Croisons les doigts, soyons optimistes et… Carnet de Voyages reprend ses vols …»

[Cet article paraît dans la rubrique Etoiles du Vase des Arts n° 311]

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Le Vase des Arts

Thelonious et Nicolas, à la guitare et en marionnette

Denis MAHAFFEY

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L'art du jazz et de la marionnette

Hors de la vue du public, la vie culturelle se poursuit énergiquement. Ainsi un disque de jazz paraît, et un spectacle se construit en vue d’un retour sur les planches. Le guitariste Pascal Bréchet et le percussionniste  Thierry Wasiniak ont sorti un disque, A hint of Monk, transcription de compositions du pianiste de jazz Thelonious Monk ; la compagnie de théâtre Pass’ à l’Acte a fait une « résidence de création » au Mail pour concevoir et mettre en scène une adaptation de Nicolas le Philosophe, d’après le conte d’Alexandre Dumas.


Pascal Bréchet à gauche, Thierry Waziniak à droite, sur la pochette du CD.

Du piano à la guitare : Thelonious Monk

En janvier 2020 le guitariste Pascal Bréchet et le percussionniste Thierry Waziniak, qui forment le «Duo Libertaire», ont passé deux jours dans le studio de la Cité de la Musique et la Danse à enregistrer un album. A hint of Monk reprend des compositions du pianiste de jazz Thelonious Monk. L’installation était légère : «Un ampli, une caisse et un seul micro, je n’avais jamais fait ça» explique Pascal Bréchet.

C’était en trouvant un volume de toutes les partitions de Monk il y a longtemps qu’il a commencé à le comprendre, à le jouer. Du piano à la guitare ? «Nous avons joué ses notes, mais sur nos instruments.» Pascal Bréchet est connu pour son originalité, sa réticence à jouer des standards tels quels : il s’aventure sur les cordes de sa guitare (parfois sur le bois !) pour explorer les possibilités, éveiller ses auditeurs au lieu de les bercer. Avec Thelonious Monk il est face à une autre originalité. Monk aimait les dissonances, les silences, les inattendus. La transcription pointe les sources de son inspiration plus qu’il n’adapte ses compositions. Le titre aura prévenu : on y entendra un soupçon monkien, le reste est inédit.

Les deux musiciens ont ajouté leur propre morceau, Three or four shades of Monk, qui leur permet de couper tout lien avec ses partitions et faire un riff sur sa musique.

L’album vient de sortir sous le label Intrication.


Sur scène de droite à gauche Eric Tinot, Patrice Leduc, Nicolas, Fabrice Ply.

Comment Nicolas le naïf se forge une philosophie

Que fait une troupe de théâtre quand les restrictions Covid l’empêchent de jouer ? Eh bien elle travaille sur un nouveau spectacle à ajouter à son répertoire. La compagnie Pass’ à l’Acte prépare Nicolas le Philosophe, pour jeune public à partir de 4 ans, en profitant d’une «résidence de création» au Mail, dont la saison est bloquée et qui ouvre ses ressources aux troupes locales. Pass’ à l’Acte a ses activités de formation, mais d’autres projets sont incertains ou même abandonnés, comme Working Shakespeare, car la distribution pressentie s’est dispersée ailleurs.

Deux comédiens, Eric Tinot et Fabrice Ply (adaptateur de la nouvelle d’Alexandre Dumas), et un marionnettiste invité, Patrice Le Duc, s’occupent du nouveau spectacle. Sur le plateau et dans un décor sommaire ils rejoignent un jeune homme à la bonne bouille, aux sourcils levés devant les surprises du monde, recruté après un casting pour marionnettes. C’est Nicolas.

Quand Nicolas quitte son emploi pour rentrer chez sa mère, il reçoit un lingot d’or. Ca pèse lourd et il l’échange volontiers contre un cheval. Tombé par terre il l’échange contre une vache, puis un cochon, puis une perdrix, puis une pierre de rémouleur, qu’il fait tomber dans un puits en étanchant sa soif. Ce dépouillement progressif par une série d’escrocs lui apporte un bonheur que ne lui a procuré aucune propriété. Sa naïveté même lui a forgé une philosophie.

La création ? La pandémie rend tout incertain – mais le spectacle sera prêt.


[Ces deux articles sont publiés dans Le Vase Communicant n°307.]

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Exposition

Daniel Amadou : la clarinette et l’ardoise

Denis MAHAFFEY

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L'art d'un sculpteur-clarinettiste

Daniel Amadou chez lui

A onze ans, Daniel Amadou aimait tant Sidney Béchet qu’il a décidé d’apprendre la clarinette. Devenu adulte et clarinettiste professionnel, il s’amusait un jour à réparer des suspensions chinoises quand il a pensé «Je pourrais en faire moi-même.» Désormais il avait une seconde carrière, celle de sculpteur, et depuis plus de 10 ans il mène les deux en parallèle.

Portrait de Camille Claudel

Il avait commencé par jouer du pur jazz moderne, pour un public minoritaire dans les locaux spécialisés. Mais le mariage et la paternité l’ont obligé à élargir son champ d’action.  Il est passé au jazz de la Nouvelle Orléans, et a accepté d’ajouter aux concerts l’animation de fêtes et mariages. «Mais j’ai appris à aimer cela» il insiste. A être témoin de la jovialité de Daniel en se racontant, il est facile d’imaginer qu’elle a y trouvé un cadre favorable.

Parisien, il avait acheté une maison de campagne à Cuisy-en-Almont. Derrière se trouvait  une des nombreuses creuttes du pays (grotte en picard), anciennes demeures troglodytes devenues abris sûrs pour le bétail. Devenu sculpteur il en a fait son atelier et y a installé ses oeuvres, venues du fond de l’imagination et exposées au fond de la terre. Elles sont faites d’objets de récupération, ustensiles et surtout de vieilles ardoises, qu’il taille, perce, peint, attache avec des fils, suspend, accroche ou pose. Des constructions, des visages, souvent sombres ou grotesques, des oiseaux, des portraits, comme ceux de Camille et Paul Claudel. L’humour jusqu’au ricanement, et une tendresse qui n’adoucit pas le sujet, leur donnent de l’humanité. Pour la facture de ces exemples d’art brut Daniel est clair. «Parfois ça marche. » Si ça ne marche pas ? «Je les casse !»  Quand ça marche ? «Je me dis que c’est… bien venu.» Cet art vient de loin et est le bienvenu.

A ses débuts il parlait des «fulgurances» qui l’inspiraient. A présent il admet réfléchir davantage : «La spontanéité est limitée par l’expérience.» Il reconnaît cependant l’importance de laisser jaillir l’inspiration. Ayant déménagé dans une demeure plus grande, mieux aménagée de la vallée de la Crise, avec des creuttes encore plus vastes derrière une grande arche romane, il reconnaît qu’il a plus de mal à se mettre au travail dans son atelier spacieux et bien outillé.

Six clarinettes et deux saxophones attendent d’être joués.

En parallèle, Daniel est musicien. Il parle de ce métier dans son studio, où ses clarinettes, de la soprano à la basse, sont alignées par terre, debout, en attente. Il a deux ordinateurs dont l’un, sans Internet, est réservé à la musique.

Là, l’approche est différente. «Je suis obsessionnel. Je me lève tous les matins à 7 heures, m’y mets à 9 heures et joue pendant deux heures.» Qu’il ait envie ou non. Daniel émerge d’une maladie qui a empêché toute pratique pendant des mois.  «En reprenant je n’avais plus de bouche, plus de doigts.» Peu à peu il retrouve ses moyens, en attendant que des concerts vivants reprennent.

Daniel Amadou et Mary au travail dans le studio

Il est aussi compositeur et parolier. A présent il travaille sur l’album Williwaw avec le chanteur Mary (Jean-Philippe Mary), en ajoutant des improvisations à la clarinette. «Il m’envoie un brouillon sonore, je l’écoute, je prends ma clarinette et j’essaie, jusqu’à trouver.» La première improvisation est ensuite travaillée, fixée, et des échanges de fichiers avec le chanteur permettent de l’ajuster aux exigences de place et de position dans la partition. Sa participation donne au résultat final des envolées, derrière la voix et l’accompagnement, que ne peut produire qu’un instrument à vent. Dans le contexte du Covid qui empêche tous les musiciens de jouer en public, cette possibilité de travailler sur des enregistrements et avec un autre musicien est rassurante.

Il serait trop schématique de voir Daniel Amadou se partager entre la précision musicale et la latitude de l’art. Partout il cherche l’authenticité mais en évitant l’académisme. «Quand c’est trop léché, je mets une petite crotte autour.» Dans le jazz, comme dans l’art brut, il faut ajouter du désordre à l’ordre.

 [Une version abrégée de cet article paraît dans Le Vase Communicant n°306.]

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