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Musique

Orchestre de Lille : le spectacle vivant

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L'art de regarder un concert

Les deux Alexandre : Gavrylyuk qui joue, Bloch qui dirige

Pourquoi revenir en aval sur le concert de l’Orchestre National de Lille, puisqu’il a déjà été présenté en amont ? Parce qu’il illustre si bien un thème cher au Vase des Arts : l’importance de voir jouer la musique.

Le remplacement du Conzertstück de Max Bruch par la Rhapsodie sur un thème de Paganini de Rachmaninov a donné l’occasion d’apprendre – ou se rappeler – qu’il ne se résume pas aux trois minutes habituellement entendues sous ce titre, mais d’une série de 24 variations sur le 24e Caprice de Paganini, dont le 18e a retenu l’attention populaire. Rachmaninov, connu pour son aptitude à pousser le lyrisme à l’extrême, y déploie de l’humour, joue des tours – dont celui rendre méconnaissable le thème dans la célèbre 18e, en inversant les notes.

Comme pour toute œuvre concertante, il est important de voir les différents instruments intervenir ; mais surtout, sans voir les mains du pianiste Alexandre Gavrylyuk (appelé au secours pour assurer le changement de programme), le spectateur ne pouvait guère se rendre compte du défi posé par la partition pour le piano. Parfois, les yeux avaient du mal à suivre la précipitation des doigts sur le clavier, comme s’il fallait mettre un film au point.

La 4e Symphonie de Mahler, aux tonalités plutôt ensoleillées, comparées à celles, plus sombres, d’œuvres plus tardives, s’ouvre sur des danses paysannes, et l’ambiance rustique est soulignée plus tard par des désaccords.

Alexandre Bloch dirige Elizabeth Watts.

Regarder le mouvement lent révèle l’utilisation des cordes : il commence sur ces instruments, mais moins les premiers violons, comme s’il s’agissait avant tout d’asseoir une ambiance, avant de faire une déclaration. L’écoulement lent est interrompu – le spectateur en est témoin – par une explosion finale, tous les instruments en jeu, pour annoncer la conclusion de l’œuvre. Pour celle-ci, le concert est devenu un spectacle quasi-théâtral : la soprano Elizabeth Watts entre côté jardin sur les premières notes, et sortira côté cour sur les dernières, le léger bruit de ses talons marquant son départ. Entre entrée et sortie, elle chante l’air choisi par Mahler parmi les chants de son Des Knaben Wunderhorn. Ceux qui ne connaissent la symphonie que par des enregistrements ont découvert, à travers son jeu plein d’œillades, de sourires et de regards réjouis, que les paroles décrivant le Paradis sont pleines d’humour pour raconter les activités cocasses des habitants célestes :

 

Jean laisse s’échapper le petit agneau.
Hérode, le boucher, se tient aux aguets !
Nous menons à la mort
un agnelet docile,
innocent et doux !
Saint Luc abat le bœuf
sans autre forme de procès.
Le vin ne coûte le moindre sou
dans les caves célestes.
Et les anges font le pain
.

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Le Finistère se donne en spectacles

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L'art de l'été breton

[Photo fournie par Capriol]

Un récit de voyage culturel en Bretagne qui ne s’impose pas la concision habituelle aux chroniques du Vase des Arts. Il est divisé en trois épisodes, pour ceux qui préfèrent ne pas trâiner trop longuement devant leur écran.  

Le Finistère, là où l’Europe prend fin sur les plages, rochers, baies et promontoires de la Bretagne, est semé de petites églises, village par village, sans parler de chapelles isolées vouées à tel saint. Bâties de granit, elles constituent chacune une anthologie de détails architecturaux, flèches, frontons et piliers hérités de temples grecs, tourelles dont des marins auraient pu rapporter les formes de pays lointains.

A l’intérieur l’espace nécessairement réduit est partagé par la nef, les bas-côtés, le chœur, l’abside, les chapelles particulières, parfois une salle du « trésor » où les objets liturgiques sont exposés, le tout dans une pénombre apaisante.

On a appelé ces églises « les boudoirs de Dieu », où on imagine le Tout-Puissant, las de vastes cathédrales, basiliques et églises surdimensionnées, Se refugiant pour être reçu en petit comité.

Même les cathédrales sont compactes. Celle de Tréguier, derrière sa petite place, a du mal à contenir l’assemblage de volumes nécessaires à ses fonctions épiscopales.

Presque toutes les églises du pays témoignent encore d’une vie paroissiale. Par ailleurs, dans une région où les touristes cherchent moins des plages à rangées de transats, ou des rues bordées de bout en bout de bars et boîtes, que des sorties culturelles, ces églises, à côté de leur rôle religieux, accueillent des spectacles, avec une prépondérance de musique classique ou bretonne traditionnelle. Le rock se niche ailleurs, dans les festivals par exemple.

Mais il y a d’autres formes de spectacle. Parfois l’extérieur d’une église sert de toile de fond. C’est sur la place devant Saint-Pierre de Plougasnou que des vacanciers, les enfants aux premiers rangs, attendaient Street coffee, un spectacle du clown italien Claudio Mutazzi.

Claudio le clown avec son adjointe du jour

Il arrive, tirant derrière lui un petit chariot, qui lui servira de boîte content ses équipements et un amplificateur pour de soudaines illustrations musicales.

Il suit un scénario, les fragments reliés par un clap en bois, comme pour des prises de vue ; mais à chaque instant Claudio adhère aux principes classiques en s’adaptant à ce qui se passe autour de lui. Voyant un passant qui n’assiste pas au spectacle, il le suit comme une ombre malicieuse. En singeant sa démarche, ses gestes, il les rend comiques. S’en apercevant, le passant, de bonne humeur, devient spectateur.

Claudio interpelle ses spectateurs, les faisant participer, parfois malgré eux mais de bon cœur (surtout les enfants). En vrai clown il reproduit, grossit, prolonge, élargit les comportements, créant une marge entre la réalité de la personne et le clownesque. Ce qui semblait ordinaire, banal, quotidien vire au bouffon. Il établit une complicité avec les enfants qu’il choisit pour l’aider, les ragaillardissant pour qu’ils se prêtent avec enthousiasme au jeu.

Le bouquet final de Street coffee est un mariage, mis en scène avec la participation de quatre spectateurs. Claudio dirige tout, même les gestes de séduction échangés. Est-ce à dessein ou par confusion que l’union du couple heureux se trouve être entre les deux hommes, les femmes étant réduites au rôle de demoiselles d’honneur ?

°o0o°

Le lendemain soir, pour changer, l’ensemble Capriol & Cie venu de Lannion a donné un récital de musique de la Renaissance à Primel-Trégastel, près de Plougasnou, dans la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes. Bâtie en pierre du pays en 1927 mais avec une flèche en béton, la façade un peu comme une fusée sur sa rampe de lancement, c’est une singularité à côté des églises médiévales. Depuis sa restauration en 2010, une association y organise des événements, dont plusieurs concerts de Capriol.

Les cinq membres de ce groupe, spécialistes du répertoire Renaissance, sont Isabelle Diverchy, soprano et épinette, Ingrid Blasco, vielles à roue, Nathalie Le Gaouyat, viole de gambe et vielle, Martine Meunier, contralto, et Mathias Mantello, percussions. Ils ont choisi un programme avec une vingtaine de compositions, intitulé Va voir si la rose. A part six danses instrumentales, toutes les autres mettent en musique des poèmes de Ronsard car, après avoir été poète de renom de son vivant, Ronsard a eu une seconde carrière posthume en tant que parolier. C’est un face à face entre l’inspiration du poète de la sensibilité, du lyrisme et des amours, et la grande diversité des accompagnements, avec des compositeurs célèbres comme Clément Janequin et Josquin des Prés, ou moins connus, Pierre Claireau ou Guillaume Boni. Seule apparition d’un autre poète : Mille regrets de Clément Marot.

Mathias Mantello le percussionniste de Capriol

Dans la musique de la Renaissance, instruments et voix s’interpellent, s’intercalent, s’interrogent, comme des fils de couleur d’une tapisserie, émergeant, disparaissant, créant une image en avançant. Une musique distante de nous, qui nous atteint encore.

Isabelle Diverchy est aussi le porte-parole de Capriol, présentant et accompagnant le programme avec de précieux commentaires sur les œuvres, les compositeurs, et parfois les instruments et le déroulement de la soirée, une autre façon d’ancrer la musique dans la réalité de son exécution. « C’est merveilleux, ce qu’on peut faire avec des bouts de bois. »

Le récital ne s’est pas déroulé sans incident. Ingrid Blasco a dû expliquer les arrêts fréquents pour accorder sa vielle à roue. « C’est trop humide ici pour les cordes. » La vielle y serait particulièrement sensible. Au milieu d’une musique détachée de tout matérialisme, la réalité matérielle.

Les chansons de la Renaissance peuvent paraître loin des préoccupations modernes. Mais J’espère et crains de Ronsard, mis en musique par Pierre Certon et interprété par Capriol, met chaque auditeur devant ses propres contradictions intimes.

J’espère et crains, je me tais et supplie,
Or je suis glace, et ores un feu chaud,
J’admire tout, et de rien ne me chaut,
Je me délace, et puis je me relie.

°o0o°

La veille du départ du Finistère, passage par Saint-Jean-du Doigt, voisin de Plougasnou, et visite, comme à chaque séjour, de son église, exception frappante aux boudoirs exigus. Quand un natif du village de Traou Meriadec y est revenu avec le bout de l’index de Saint Jean Baptiste, qui l’avait levé pour indiquer le Christ (« Ecce homo ! »), la relique a eu un tel succès pour traiter les maladies des yeux que le village a changé de nom. La Reine Anne de Bretagne est venue et, guérie, a fait des dons permettant l’érection d’une grande église pour accueillir les pèlerins (*). Ses dimensions sont d’autant plus appréciables qu’un incendie en 1955 a détruit presque tout le mobilier, dégageant l’espace entier.

L'église de Saint-Jean-du DoigtDevant l’autel, dans l’église vide, un homme essaie quelques passages de jazz sur son saxophone, puis une femme chante une toute autre musique, plus ancienne, plus mystérieuse. Entre ces extraits ils se parlent de ce qu’ils préparent.

Abordés, Baptiste Boiron et Marthe Vassalo expliquent qu’ils donneront un concert le lendemain soir, mélangeant du jazz à des chants bretons anciens.

Derrière un clown et la Renaissance, voilà quelques enchaînements de notes qui réunissent la musique contemporaine et une autre musique, venue du granit dont le Finistère est fait, comme un bruit mystérieux et archaïque émergé de ces terres, avant de se fondre, comme elles, dans l’Océan.


(*) Est-ce vrai ? Les Bretons, comme d’autres Celtes, fusionnent volontiers la légende et la réalité historique, et il n’est même pas sûr qu’Anne soit venue pendant sa tournée du royaume de Trégor.

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Le Vase des Arts

La Cathédrale symphonique

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L'art orchestral et choral

Depuis cinq ans ceux qui fréquentent la Cité de la Musique et de la Danse jouissent de l’élégance dépouillée de son auditorium, sa palette de tons crème, beige, ivoire, le confort de ses fauteuils (même pour les longues jambes) et surtout sa fidélité acoustique, chaque son transmis à la perfection).

Le compositeur Alex Nante salue le chef d’orchestre Ben Glassberg après Mystérion.

Le retour à la Cathédrale de Soissons pour le concert de clôture de la Saison par l’Orchestre National de Lille leur aura fait retrouver une autre sonorité plus résonante dans ce vaste espace, et un cadre rendu auguste par la longue histoire des lieux et de ce qui s’y est passé.

Le gros morceau devait être la 4e Symphonie de Mahler, une heure de musique et encore la plus courte de ses symphonies. Mais la découverte de la soirée a été l’œuvre qui a ouvert le concert, Mystérion, une création mondiale sur commande l’ONL d’Alex Nante, compositeur argentin en résidence à Lille, présent à Soissons.

Cette création pour orchestre et chœur a d’ailleurs justifié le déplacement du concert, car avec quatre-vingts instrumentistes et autant de membres du Chœur Régional Hauts-de-France, elle dépassait la capacité du plateau de la Cité.

L’œuvre, qui poursuit l’exploration par le même compositeur de l’apport de la lumière divine dans la vie humaine, utilise des extraits de textes coptes inspirés par le gnosticisme, courant spirituel qui prône une illumination de l’Homme qui lui révélera Dieu.

L’impression est d’une énorme énergie mise au service de ce thème, la combinaison d’orchestre, de chœur et de solistes apportant un souffle parfois assourdissant et ensuite d’une douceur non moins puissante.

Ben Glassberg tire de l’orchestre toutes les nuances qu’il faut.

La 4e de Mahler a déjà été exécutée par l’ONL à Soissons en 2019 sous la direction d’Alexandre Bloch, remplacé cette fois par le phénoménal Ben Glassberg, chef anglais de 30 ans qui tire de l’orchestre toutes les nuances qu’il faut.

L’œuvre est une série d’inattendus, comme si des enfants en jouant changeaient abruptement de visée et d’humeur, passant d’éclats aux interludes de calme, même de réflexion comme dans le 3e mouvement, pour finir dans une vision enfantine et cocasse du Ciel, chantée par la soprano Jodie Devos, dans laquelle les saints s’affairent à préparer un banquet paradisiaque, car « le vin ne coûte rien dans les caves célestes » et « Sainte Marthe doit être la cuisinière ».

Ainsi, le dernier concert d’une saison 2022-23, à dominante musicale mais qui a fait une place à toute la panoplie de spectacles, aura éveillé les réverbérations de la Cathédrale, comme des échos de toutes les soirées qui l’ont précédé.


Un commentaire ? denis.mahaffey@levase.fr

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Découvrir un piano

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L'art de dissiper un mystère

Denis Mahaffey révèle enfin l’histoire du nouveau piano de la Cité de la Musique de Soissons.

Dans l’auditorium vide de la Cité de la Musique de Soissons, un rectangle au milieu du plateau se lève lentement. C’est une trappe utilisée pour monter des charges lourdes sur scène. La plateforme en dessous révèle son contenu : un piano à queue de concert recouvert d’une housse. Arrivée à niveau, la plateforme s’arrête, et le régisseur de la CMD sort le piano sur ses roulettes, sans gros effort apparent. Il fait redescendre la trappe, enlève la housse, ouvre le couvercle, apporte un tabouret. Le nouveau Steinway de la Cité est disponible. Je vais l’essayer pour ce reportage.

Le long secret de ce piano s’approche de son dénouement. Le mystère a commencé quand, au récital de Jean-Philippe Collard en novembre dernier, un accordeur est intervenu à l’entracte pour vérifier le piano, un Steinway (demandé par presque tous les pianistes) et loué pour l’occasion. Questionné à ce sujet, Benoît Wiart, directeur de la Cité, a fait comprendre que l’instrument n’avait pas le même statut que les autres, mais sans plus de précisions « pour l’instant », a-t-il ajouté. C’est devenu une habitude de lui en demander des nouvelles, et d’être invité à attendre. Enfin il confie que « ce sera le nouveau piano de la Cité, mais ce n’est pas encore officialisé. » Toute annonce était mise sous embargo.

En mai nous nous sommes retrouvés avec François Hanse, responsable des affaires culturelles à la Mairie. Le Steinway, un modèle « D », nec plus ultra des pianos de la célèbre firme de Steinway & Sons de New York et Hambourg, a été acheté d’occasion – neuf, il coûte 240 000 €. Il a un passé glorieux : « Il a même été à la salle Gaveau à Paris » selon Benoît Wiart, c’est la confirmation de son excellence.

Pourquoi l’acheter, alors que la CMD a son propre Yamaha, et qu’il est facile de louer le Steinway réclamé par la grande majorité des pianistes ? A cause de ses qualités superbes, dignes de l’acoustique prisée de l’auditorium, et un atout supplémentaire dans le choix de plus en plus fréquent de la salle pour des enregistrements ; aussi pour éviter le coût et la logistique des locations répétées.

En parler, c’est comme discuter de voitures Maserati ou chevaux pur-sang de course – il paraît même que le fabricant est regardant sur la destination de ses pianos. Depuis de longs mois, donc, ce piano est en cours de révision, de restauration et d’acclimatation – littéralement, en partie, car il faut l’habituer à l’hygrométrie de la salle. Il est constamment surveillé par un accordeur extérieur, car tout peut évoluer. Pour Benoît Wiart « si l’on modifie une seule corde, il faut toutes les accorder. D’ailleurs, un piano est accordé trois fois pour chaque concert : avant l’arrivée du soliste, quand il l’a essayé, pour l’ajuster à ses demandes, par exemple dans le choix du diapason, puis juste avant le concert. »

L’acquisition sera annoncée le soir de la présentation de la Saison culturelle le 14 juin. L’événement clef sera une Journée du Piano le 4 février 2024. Un facteur sera alors sur place pour présenter l’instrument, que les spectateurs pourront approcher de près. Sur le thème des compositeurs associés à Vienne, Mozart, Schubert, Beethoven, il y aura un récital l’après-midi et un concert de l’orchestre de Picardie le soir, pour lesquels les solistes seront deux lauréats du Concours International du Piano de Lille 2023.

Enfin, me voilà, à ma demande, enfermé seul dans la grande salle devant le piano. Ma demande : sentir la situation d’un soliste, entendre la qualité sonore de l’instrument.

Il est noir et brillant. Avant de me laisser, Yann Tirel le régisseur a passé un chiffon, comme pour un concert. L’intérieur est une splendeur, le cadre et les cordes dorés et argentés. Les seules traces qu’il garde de sa carrière prestigieuse sont quelques marques derrière, témoins de son histoire et invisibles au public.

Pianiste seulement dans le sens que j’ai pris des leçons dans la jeunesse, je m’assieds, comme un footballeur du samedi après-midi qui se trouverait sur le terrain du Stade de France. J’ose regarder la salle, les centaines de fauteuils vides ; je n’ose pas les imaginer remplis.

Un peu de Bach, encore moins de Piazzolla, un bout de Chostakovitch et, tout le long, le plaisir intense d’entendre le Steinway faire chanter même mes maladresses.

Je ferme le couvercle du clavier, je m’en vais. Je n’entendrai jamais le son de ce piano sans sentir un lien charnel entre ses touches et mes doigts.


Un commentaire ? denis.mahaffey@levase.fr

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