Connectez-vous avec le Vase

Le Vase des Arts

Salut l’artiste ! François Thibaux

Publié

le

L'art du romancier

Cette rubrique trace le parcours d’artistes soissonnais en tout genre, et les interroge sur le sens de leur activité. Cette fois, un écrivain.

L’artiste

Dans la maison de François Thibaux près d’Ambleny, où nous parlons de sa vie et de ses écrits, des livres l’entourent de tous les côtés, aux étagères, empilés sur les tables, entassés au sol. Sa santé est fragile, et ils semblent veiller sur celui qui les a lus, pour certains les a écrits. Il est arrivé ici de Paris en 1999, et vit seul depuis la mort de sa femme en 2019.

Sa grand’mère était anglaise et avait épousé un officier anglais, lancier et champion de saut en hauteur à cheval, tué au début de la Grande guerre. Son second mari a été un officier français. A son tour, la mère de François s’est mariée avec un militaire français, chirurgien dans les FFI gaullistes. Cela explique l’arbre généalogique plutôt complexe (et riche en matière pour son écriture). A partir de 1954 il passait l’été chez la sœur de sa mère en Angleterre, et l’anglais est devenu son autre langue.

François est vif, direct, rit souvent, se raconte avec un demi-sourire ; il ne met jamais en avant ses succès, mais en parle en réponse aux questions. L’entendre donne envie de lire ses livres.

L’art

François Thibaux a publié son premier roman à 28 ans, mais traduisait déjà des livres de l’anglais, et le fait encore : il montre un roman irlandais qui vient de sortir. Il a servi aussi de prête-plume, surtout pour des autobiographies, jusqu’au jour où il a décidé qu’il n’écrirait plus que ce qu’il voulait. 11 autres romans et deux recueils de nouvelles ont suivi.

« Depuis l’âge de16 ans j’ai voulu écrire sur mes parents. »Il l’a fait dans Le guerrier nu, dont le héros est inspiré par son père. Il s’est penché aussi sur ses ascendants : leroman épistolaire Monsieur mon frère raconte la relation entre deux frères protestants à l’époque de l’Edit de Nantes : le cadet, ancêtre en ligne directe de François par sa mère, se sauve aux Pays-Bas, l’aîné se convertit pour garder ses biens, et ils s’écrivent. Seules les lettres de l’aîné ont survécu et été publiées. A l’auteur d’adapter tout cela et de combler les vides.

Il est lauréat de plusieurs prix littéraires, dont deux lui ont valu une résidence, assez austère à Barcelone, somptueuse à Québec : « J’allais chaque mois chercher ma bourse. »

Quand il aborde ses retouches de la réalité pour faire un roman, François devient espiègle. « Ça m’est même arrivé de déplacer une église pour les besoins de l’intrigue », dit-il, et jubile comme un enfant pris la main dans le sac de la vraie vie. La fiction justifie tous les écarts.

Comment travaille-t-il ? « Je fais un premier jet, puis la correction prend du temps. Pour Le vélo de l’ange j’ai mis trois ans. » Ce recueil, écrit depuis la mort de sa femme, après une longue période dépressive, contient des histoires tendres, mélancoliques, où l’invisible se mêle au visible, preuve que tout sert à un écrivain pour mettre en mots sa vision de la vie.

[11/05/26 – Modifié pour mieux préciser le cadre familial de François Thibaux]

[Cet article est paru dans le Vase Communicant n°408.]

Un commentaire, une question ? denis.mahaffey@levase.fr

Continuer la lecture
P U B L I C I T É

Inscription newsletter

Catégories

Facebook

LE VASE sur votre mobile ?

Installer
×
PWA Add to Home Icon

Installer le Vase sur mon iPhone PWA Add to Home Banner et y accéder depuis l'écran d'accueil

×