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La rose de la cathédrale de Soissons reconstituée

Le 12 janvier 2017, la violente tempête Egon s’engouffrait sur la façade de la cathédrale de Soissons, occasionnant d’énormes dégâts sur les sculptures et le vitrail de la rose occidentale, sans compter la destruction de l’orgue. Le 17 janvier 2022, pratiquement 5 ans jour pour jour après, tous les acteurs du chantier inauguraient officiellement la fin des travaux de restauration de la rose.

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Cinq années auront été nécessaires pour reconstruire la rose de la cathédrale Saint-Gervais Saint-Protais. C’est à la fois beaucoup et très peu, mais surtout très peu au regard du chantier exceptionnel qui s’est déroulé dans la cité du Vase, première capitale des Francs faut-il le rappeler. Durant tous ces mois de travail, artisans, tailleurs de pierre, maçons, sculpteurs, vitraillistes, maîtres-verriers et ferronniers d’art ont tout simplement vécu dans la peau des bâtisseurs de cathédrale du Moyen-Age. Et pour cause, « aujourd’hui on ne construit plus de cathédrale, témoigne Florence Dewrindt, chargée de mission du diocèse pour la cathédrale. Et dans une moindre mesure, on ne reconstruit pas de rose complète de cette ampleur. »

Le travail des tailleurs de pierre sur et autour de la rose, avec l’ajout d’une nouvelle gargouille.

Très vite, la maîtrise d’ouvrage de la Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) de la DRAC Hauts-de-France a en effet voulu reconstruire la rose du XIIIe siècle à l’identique. Une opération ambitieuse confiée à la maîtrise d’œuvre d’Olivier Weets, architecte en chef des Monuments historiques, et son agence. Cette volonté de reprendre à zéro la construction de la rose fait suite à une étude de diagnostic préalable, diligentée rapidement après la mise en sécurité de la façade, la récupération et le classement des vitraux, la sauvegarde des matériaux d’origine. L’équipe était composée d’architectes, ingénieurs, historiens, restaurateurs de vitrail et économistes de la construction. Grâce au remontage à blanc des remplages (NDLR : le réseau de pierres garnissant l’intérieur de la rose) dans la nef de la cathédrale, ils ont cependant conclu que le réemploi des matériaux d’origine, déjà fragilisés, était impossible. Des relevés lasergrammétriques avant le sinistre avaient déjà démontré que la structure présentait des déformations provoquées par l’action du climat et du poids permanent sur la rose depuis des siècles. D’une forme ronde, la rose s’était ovalisée par un écrasement de l’ordre de 20 cm. L’étude de diagnostic préalable a alors confirmé que lorsque la rose a été frappée par la tempête, elle se trouvait dans un état limite d’équilibre. En somme, le passage d’Egon a été un mal pour un bien, ce n’était qu’une question de temps avant que la rose ne tombe. La DRAC a donc validé ce programme de travaux : « La reconstruction de la rose du XIIIe siècle à l’identique avec une symétrie désormais parfaite, en reproduisant les moulures et le décor sculpté des éléments déposés, et en augmentant légèrement l’épaisseur des remplages. L’emploi de la roche dure de la Croix Huyart Banc H4, dont les données pétrophysiques se rapprochent des pierres d’origine, a été retenu selon les préconisations du Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) et de l’architecte des bâtiments de France, conservateur de la cathédrale. » L’ancien réseau de pierres est celui qui a été exposé à l’abbaye Saint-Léger dans le cadre de l’exposition « La Rose et la Tempête ».

Les vitraux confiés à l’Atelier Berthelot de Saint-Pierre-Aigle

La reconstitution des vitraux a quant à elle été confiée à l’Atelier Berthelot de Saint-Pierre-Aigle, accompagné par quatre autres entreprises spécialisées dans le vitrail et une ferronnerie d’art. La maître-verrier Elodie Lemaître qui a repris l’Atelier Berthelot en 2010 se rappelle avoir été appelée dès le lendemain de la tempête,
en même temps que l’entreprise Charpentier PM, spécialisée pour sa part dans la taille de pierre sur les monuments prestigieux : « Notre mission première était de récupérer tous les vitraux tombés et éparpillés, puis les photographier et les répertorier, explique-t-elle. S’en est suivi tout un travail d’inventaire, d’identification, de diagnostic et de conservation. » Sur la rose de la cathédrale de Soissons, il s’agit en l’occurrence des vitraux de style Art Déco réalisés par Jean Gaudin en 1931. Si 90 % des panneaux ont pu être récupérés, « beaucoup de pièces étaient manquantes, précise Elodie Lemaître, il a fallu recréer des zones disparues, les redessiner et les repeindre. » Là-aussi, son travail de maître-verrier prend une tout autre dimension sur ce chantier : « C’est exceptionnel de recréer une rose à neuf pendant presque deux années. Restituer des vitraux à cette échelle est de plus très atypique car la destruction d’une rose est provoquée par des faits rares, historiquement les guerres en France. »

Comme les anciens bâtisseurs de cathédrale, les sculpteurs ont signé leur œuvre, à l’image d’une tête personnalisée ici en bas à droite.

L’autre rareté pour une rose de vitraux modernes est la pose d’un grand verre thermoformé côté extérieur, il agit comme un double vitrage qui recouvre toute sa surface : « C’est une verrière de protection, confirme Laurent Pradoux, l’architecte des bâtiments de France. Il permettra aux vitraux et à toute la structure de vieillir moins vite, mais aussi de les protéger de la pluie, de la grêle, des oiseaux et de toutes autres tempêtes éventuelles à venir. »
La rose de la cathédrale de Soissons a donc retrouvé sa place pour plusieurs siècles peut-on espérer. Les cinq années d’attente sont finalement peu de chose, « d’autant plus que le chantier s’est enchaîné de façon quasi ininterrompue malgré les épisodes covid », ajoute Florence Dewrindt. Elle annonce même que la rose sera entièrement visible de l’intérieur de la cathédrale à la mi-mars, après le démontage complet des échafaudages et l’enlèvement de la cloison de protection. La bénédiction de la rose par une célébration spirituelle est quant à elle programmée fin avril, elle sera suivie par un concert d’une chorale soissonnaise. La chargée de mission du diocèse pour la cathédrale partage une dernière confidence : « La rose sera en fait totalement visible pendant deux ans puisque les tuyaux d’orgue ont été enlevés pour sa restauration. L’appel d’offres sera lancé cet été, le choix sera déterminé à l’hiver prochain, puis au moins deux ans de travaux seront nécessaires pour sa restauration. Sachant que les facteurs d’orgue sont très sollicités partout en France, nous espérons présenter un grand concert inaugural à Noël 2025. »

Le Plan de relance au chevet de la cathédrale

2,6 M€ ont été attribués par l’Etat pour la restauration de la rose en façade de la cathédrale de Soissons. Alors que ce chantier vient de se terminer, un autre a débuté de l’autre côté de l’édifice, il s’agit bien de cet autre gigantesque échafaudage au chevet de la cathédrale donnant sur la place Marquigny. La préfecture de l’Aisne a annoncé que 3,5 M€ de crédits de Plan de relance lui sont affectés et vont permettre d’engager la restauration des couvertures de la nef et de poursuivre la mise en sécurité de l’édifice, soit un total de 6,1 millions d’euros.
Cette première tranche de travaux est principalement localisée sur le chœur : mise en place d’un échafaudage, restauration de la charpente et des couvertures, remplacement des ardoises, reprises des évacuations des eaux pluviales, recoupement des combles, installation d’un système de sécurité incendie (SSI). Les travaux sont programmés pour une durée d’environ 18 mois. La préfecture ajoute : « Une seconde phase suivra ultérieurement, portant à terme à près de 10 millions d’euros l’effort de l’État en faveur de ce patrimoine dont il est propriétaire et qui fait rayonner la ville et le département de l’Aisne. Le programme Action cœur de ville prévoit parallèlement l’aménagement et la valorisation des abords de ce site historique. »

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Sur les traces de C215 en Ukraine

Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour Le Vase Communicant, il livre à nouveau un reportage exclusif.

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A Zhytomyr en Ukraine le 28 mars, le dessin de C215 d’un enfant face à un immeuble totalement détruit par un bombardement.
© C215

Auteur – reporter soissonnais indépendant, Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour un journal allemand, il travaille également sur place pour Le Vase Communicant et a déjà réalisé pour nous deux reportages exclusifs. En témoigne l’accréditation presse « Le Vase Communicant » affichée sur sa voiture (photo ci-dessous), illustrant au passage que « le petit gratuit soissonnais » est l’un des rares médias qui se trouve au plus près de l’action.

La voiture presse de Thierry Birrer en Ukraine, accréditée « Le Vase Communicant ».

La nouvelle exclusivité de Thierry Birrer : l’action du street artiste C215 en Ukraine. Le graffeur mondialement connu a en effet une relation privilégiée avec la cité du Vase puisqu’il y a réalisé plus d’une vingtaine d’œuvres aux quatre coins de la ville. « C215, on connaît bien à Soissons, confirme Thierry. De ses dessins, on y retrouve notamment Saint-Just, Rubens, Saint-Crépin, De Gaulle, Clotilde, Jeanne d’Arc, Anne Morgan, Henri Barbusse, Simone Veil et bien sûr Clovis. Alors pourquoi l’Ukraine ? A Kyïv (NDLR : Kiev), à un journaliste qui lui demande fin mars pourquoi il est venu peindre sur place, il répond : “Ce sont mes œuvres qui ont décidé. Pour qu’elles parlent de la guerre en Ukraine, il leur fallait être faites ici dans ce contexte, dans cette désolation. Ce sont mes œuvres qui décident et me choisissent, je n’ai donc pas eu le choix” ».

Thierry Birrer est donc allé dans les pas de C215, il a suivi les « traces » artistiques laissées par le graffeur dans ce pays toujours en guerre, à certains endroits en Fédération de Russie même, selon les derniers propos de Poutine en personne : « C215 n’a pas du tout noté les lieux où il a peint. J’ai dû faire un véritable travail d’enquête à Kyïv, Zhytomyr et Lviv. Les réseaux sociaux et mes connaissances sur place m’ont aidé. Pourtant, c’est le hasard qui m’a permis de trouver ce que je cherchais : une serveuse d’un restaurant à Lviv qui connaît une relation qui a une amie qui connaît quelqu’un dans le milieu du tag (!) ou encore une personne qui attendait à un abribus (le meilleur moyen pour rencontrer des gens qui vont ou viennent des quatre coins d’une ville ! ).

Le visage d’un enfant dessiné sur un abribus qui regarde un immeuble détruit par l’armée russe à Zhytomyr le 27 mars. Le portrait de son fils sur un bureau dans un appartement détruit à Zhytomyr encore. Le portrait d’une fillette aux couleurs du drapeau ukrainien sur un mur d’immeuble au centre de Lviv le 14 mai. Un autre portrait d’enfant sur un abribus rue Lukianivska à Kyïv ou le portrait d’une fillette dans un camp de déplacés ukrainiens ayant fuit la région de Kharkiv, à l’est, pour Lviv, à l’ouest. Les enfants sont au cœur du travail du graffeur C215, alias Christian Guémy, qui s’est rendu à deux reprises en Ukraine, fin mars et à la mi-mai, afin de poser un regard apaisé mais de réflexion sur des lieux où l’horreur a trop coulé.

« La Liberté guidant le peuple » aux couleurs de l’Ukraine par C215 sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv.
Thierry Birrer remercie les services de l’ambassade qui l’ont autorisé à accéder à la peinture de C215. Il a promis de leur adresser l’article une fois publié. © Thierry Birrer

En Ukraine, le graffeur n’a cependant pas choisi de peindre au hasard. La démarche est réfléchie, les lieux symboliques. Il s’est rendu par exemple sur le site de la tour de télévision de la capitale, bombardée début mars où six civils ont trouvé la mort. La tour jouxte Babi Yar, un ravin où les nazis ont assassiné 33 771 Juifs par balles les 29 et 30 septembre 1941. Il y a représenté le portrait d’une jeune fille ukrainienne à partir d’une photo prise en 1935. 
A la station de métro Lukianivska à Kyïv où les roquettes russes sont tombées sur des bâtiments civils, il a reproduit le portrait d’une jeune fille qu’il avait peint à la mi-mars en immense fresque sur un mur d’immeuble dans le 13e arrondissement de Paris, en hommage à la résistance du peuple ukrainien. 
A Zhytomyr, C215 choisit de peindre le portrait d’un enfant d’un de ses amis dans un appartement anéanti par une bombe car « la tragédie ukrainienne nous concerne tous » écrit le graffeur. Les enfants, toujours les enfants. 
Sur un panneau d’orientation masqué afin de ralentir la progression des forces russes au nord de Kyïv, il a peint le portrait de sa fille. Au nord de la capitale, c’est au pied d’un immeuble dont la façade a été soufflée par une explosion qu’il peint le 31 mars le portrait d’un jeune garçon rencontré dans un camp de réfugiés syriens de la plaine de la Bekaa à Zaleh au Liban, un gamin qui fuyait déjà les bombes russes sur le peuple syrien.

Aujourd’hui, plus des quatre cinquièmes de la trentaine de dessins de l’artiste réalisés à Lviv, Zhytomyr et Kyïv ont disparu car réalisés sur des supports éphémères. Ici à Bucha, ville ravagée par la guerre et les atrocités commises par l’armée russe, un papillon sur la carcasse d’un char russe calciné s’est envolé en même temps que le char dont les Ukrainiens récupèrent l’acier. Là, dans un quartier au sud de Kyïv, le regard de l’enfant s’est évanoui quand les employés des transports en commun ont remplacé l’abribus. Au nord de la capitale, un portrait d’une fillette avec la traditionnelle couronne ukrainienne sur la tête, reproduit sur un trolley qui servait à barrer la route à un checkpoint, a disparu quand les barrages ont été levés en juin. Toujours à Kyïv, le joli portrait d’une enfant ukrainienne peint sur un site bombardé face à la sortie de métro Lukianivska a été effacé par la reprise des affaires suite au départ des Russes de la région, en l’occurrence la société ukrainienne de vaporettes IQOS. Là, à Zhytomyr encore, le portrait d’une fillette sur un mur d’un appartement ravagé par une explosion de roquette s’est effacé sous les marteaux de la reconstruction. Les affaires reprennent, l’art et la guerre sont oubliés.

Vue en situation du portrait de la fille de C215 (quand elle était jeune) avec en arrière-plan le Musée de l’Histoire Ukrainienne à Kyïv. Ce portrait a été réalisé sur un panneau indicatif tagué au moment de l’invasion de la région par les troupes russes, tous les panneaux ayant été maculés afin que les soldats russes ne puissent pas les utiliser pour se repérer, y compris ce genre de panneaux indicatifs dans les jardins publics (cela explique les traces de bombe bleue marine sur le panneau).
Ivanka qui travaille dans un bar proche du musée, a découvert par hasard ce dessin. Elle non plus ne savait pas que c’était l’œuvre d’un artiste français : « Il est vraiment impressionnant par son regard. Maintenant que vous m’expliquez la démarche de l’auteur, je trouve qu’il a une force énorme. Cette enfant me semble m’interpeller : Pourquoi faites-vous la guerre dans mon pays ? J’en frissonne ! » © Thierry Birrer

Certaines œuvres sont cependant toujours présentes. La plus monumentale est le portrait sur un mur d’immeuble au centre de Lviv, à l’ouest du pays, reproduction exacte en mai du portrait réalisé rue Domrémy dans le 13e arrondissement de Paris à la mi-mars 2022. Sous le portrait de l’enfant, une citation du président ukrainien Volodymyr Zelinski : «Je veux vraiment qu’il n’y ait pas de photos de moi, pas de portraits de moi dans vos bureaux, parce que le président n’est pas une icône, pas une idole, le président n’est pas un portrait. Accrochez-y des photos de ces enfants et regardez-les dans les yeux avant chaque décision. » *

A Kyïv, c’est le portrait de Taras Chevtchenko qui se dresse allée Peizazhana, un quartier où les tags et graffs d’artiste sont très nombreux. Taras Chevtchenko est en Ukraine l’équivalent de notre Victor Hugo national. Le poète, peintre, ethnographe et humaniste ukrainien est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne. Il figure d’ailleurs sur les billets de 100 hryvnias, la monnaie locale.
C215 se devait donc de représenter Chevtchenko (1814-1861) qui, sur le plan historique, marque le réveil national de l’Ukraine au XIXe siècle.
L’œuvre la plus symbolique, mais malheureusement inaccessible à la vue du public puisque située sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv représente « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Œuvre symbole de notre république, de la liberté et de la démocratie dans le monde, C215 l’a reproduite avec un drapeau ukrainien dans la main. L’artiste l’a réalisée « pour marquer symboliquement le retour de la France par son corps diplomatique dans la capitale » le 15 avril 2022. C215 a un credo : ses compositions se veulent toujours « humanistes et non belliqueuses » ».

* La citation est extraite, presque mot pour mot, du discours d’investiture prononcé par le président Zelensky le 20 mai 2019. Le président s’adressait aux députés, en leur expliquant vouloir lutter contre la corruption : « Et pour cela, nous avons besoin de gens au pouvoir qui serviront le peuple. C’est pourquoi je ne veux vraiment pas que ma photo soit dans vos bureaux, car le président n’est pas une icône, ni une idole ou un portrait. Accrochez les photos de vos enfants à la place et regardez-les à chaque fois que vous prenez une décision. »

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L’œuvre du roi Clovis à Soissons

La Ville de Soissons lance l’acquisition d’un chef d’œuvre pour ses collections : « Le roi Clovis » peint durant les années 1625 – 1630 par Orazio Riminaldi. Pour une valeur de 200 000 €, le ministère de la Culture y participe à hauteur de 100 000 €, la municipalité à 45 000 € et un mécénat participatif est ouvert du 16 novembre au 20 décembre pour que les Soissonnais s’approprient eux aussi le retour de Clovis dans la cité du Vase.

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Le galeriste Giovanni Sarti et le directeur des musées de Soissons, Christophe Brouard, en pleine discussion devant le tableau du roi Clovis.

La municipalité de Soissons travaille sur ce dossier depuis plus d’un an : l’achat d’un tableau de Clovis proposé par la galerie Sarti, basée à Paris et Londres. « Ce roi Clovis est un trésor national et patrimonial pour les collections municipales, n’hésite pas à qualifier l’adjoint à la culture, François Hanse. Avec cette acquisition, la ville entreprend en effet un nouveau projet, inédit, ambitieux, porteur. Ce tableau à l’effigie du roi Clovis est fascinant, c’est une œuvre exceptionnelle que les Soissonnais pourront bientôt s’approprier. »

La figure de Clovis et son histoire font bien sûr partie de l’identité même du territoire soissonnais, mais Soissons n’en a pourtant pas l’exclusivité : «La tutelle symbolique du roi des Francs est en effet revendiquée par Reims ou Tolbiac, deux cités dans lesquelles s’est écrite une partie de l’histoire de France, souligne François Hanse. Avec ce tableau, la ville peut enfin acquérir l’exclusivité d’une image, qui plus est loin des standards de l’image d’Epinal, et que les Soissonnais pourront revendiquer. Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de Soissons en lumières et de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts : celle de l’histoire de France. A vous d’y croire et à vous d’y contribuer», interpelle l’adjoint à la culture.

Pour cela, une souscription est lancée sur la plateforme de mécénat participatif www.dartagnans.fr pour faire un don du 16 novembre au 20 décembre. Parallèlement, le public pourra manifester son intérêt et sa volonté de soutenir l’acquisition en découvrant le tableau qui est exposé exceptionnellement à l’hôtel

de ville : du 19 au 27 novembre de 14h à 20h. Et pour accompagner le projet, deux événements sont également organisés à l’hôtel de ville de Soissons. Mercredi 16 novembre à 18h : Conférence « Clovis, un tableau inédit pour les collections municipales ». Vendredi 18 novembre à 17h : Vernissage de l’exposition-dossier consacrée au tableau « Le roi Clovis ».

« Le roi Clovis » vu par le directeur des musées

Christophe Brouard, le directeur des musées de Soissons, est au cœur du projet d’acquisition du tableau : « Le Clovis, Clodoveo en italien, proposé par la galerie Sarti est une œuvre rare. Peinte par un peintre italien dont la carrière fut brève mais couronnée de succès, la toile appartient à un courant pictural emblématique de l’histoire de l’art : le caravagisme. Orazio Riminaldi en fut l’un de ses plus brillants représentants et fut de ce fait au service des plus grands (cardinaux romains, princes, etc). Le tableau fut peint durant les années 1625-1630, tandis que l’artiste côtoyait Simon Vouet à Rome dont il s’inspire ici. Cette amitié et la présence de dignitaires français à Rome durant cette période ont également pu inspirer la commande. À moins que celle-ci n’émane directement de la reine Marie de Médicis, qui souhaitait s’attacher les services de Riminaldi, ou d’un membre de la cour de France.

Tel un Clovis triomphant, Clovis est rarement représenté en effigie ; l’épisode du baptême est plus fréquent. Pour autant, le mythe de Clovis “le Très-Chrestien” au 17e siècle, plus particulièrement à la cour de France, nous permet de contextualiser le tableau. Nous nous trouvons certes face à une sorte d’unicum (NDLR : objet historique connu à un seul exemplaire) mais n’a-t-il pas l’allure d’un saint ? Par sa prestance et son aura, le personnage incarne en effet tout autant le robuste chef d’armées que le roi investi d’un rôle nouveau : la francisque dans une main et le vase sous l’autre parachèvent le symbole, à la manière des saintes idoles qui se multiplient au 17e siècle. Iconique, ce tableau est un chef-d’œuvre de cette période. Il se présente de surcroît dans un très bon état de conservation. »

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Cie Link : l’impro, le stand-up et l’électro à Soissons

Link est la toute nouvelle compagnie culturelle créée à Soissons. Attirée par les arts actuels, elle se spécialise dans les cours de stand-up, théâtre d’improvisation et musique électronique. Autour de ces activités, Link pourrait aussi faire le lien avec un futur Comédie Club à Soissons.

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Des ateliers d’arts actuels et des scènes d’impro ouvrent ici au Rock'n Food Bar, montés par la compagnie Link de Clément et Arthur (au premier plan).

A l’origine du projet : Clément Pouilhe, qui à 24 ans a déjà fait ses preuves dans la comédie, l’impro et le stand-up. « L’idée est de rendre plus accessibles ces arts actuels, et plus particulièrement à Soissons, explique-t-il. À part les écoles payantes à Paris, on ne peut que constater qu’il est difficile de sortir des activités classiques, l’envie est de moderniser la culture pour attirer ici un nouveau public. »

Structurée en association, la compagnie Link met en place ses cours sous la forme d’ateliers, totalement encadrés par des professionnels : Clément au théâtre d’improvisation et au stand-up en collaboration avec Charles Pérut pour l’écriture, et Clément Mirnatrek pour la partie musique électronique. Les ateliers se déroulent au Rock’n Food Bar, rue Neuve de l’hôpital à Soissons, qui met son établissement à disposition en dehors de ses heures de service et aménage ses locaux pour la meilleure pratique des arts.

Arthur, Guillaume, Marie et Clément au Rock'n Food Bar qui accueille les ateliers de la compagnie Link.

« Ouverts tout au long de l’année scolaire, les cours peuvent séduire les étudiants soissonnais qui cherchent à étendre leurs activités, précise Arthur Desjardins, le trésorier de la compagnie. Mais ils s’adressent aussi à un public plus large comme les entreprises, les associations ou les commerces qui souhaitent se perfectionner dans la prise de parole par exemple. » De plus, avec la volonté d’élargir son éventail d’arts actuels, Link propose des stages dans le domaine de l’audiovisuel en partenariat avec Afam Prod, ils trouveraient en l’occurrence leur place durant les vacances scolaires.

Au final, quand on parle d’impro et de stand-up, la scène n’est pas bien loin. C’est déjà un événement que la compagnie Link institue une fois par mois, avec des spectacles de théâtre d’improvisation au Rock’n Food Bar. A noter dès à présent la prochaine date dans son agenda : vendredi 25 novembre à 20h. Ce format ne préfigure-t-il pas un futur Comédie Club à Soissons ? « Nous y pensons, ne cache pas Clément, c’est un type de scène au plus proche des gens et en interaction avec le public que nous aimerions monter. Reste à savoir quelle structure pourra nous accueillir… » Mais d’ores et déjà avec Link, Clément et Arthur posent les bases d’une nouvelle compagnie : « C’est l’art, la musique et la culture moderne que nous voulons développer à Soissons, la ville où nous avons aimé grandir, où nous aimons vivre et à laquelle nous sommes heureux d’apporter cette activité. »

Toutes les informations et les adhésions sur les réseaux Facebook/Instagram/Tik Tok @compagnielink — compagnie.link @gmail.com

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