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L’opposition à l’abattage de 145 tilleuls boulevard Victor-Hugo s’organise

La municipalité de Soissons poursuit son programme de réhabilitation des rues, des avenues et des boulevards de la ville. Inscrit au calendrier des travaux : la rénovation urbaine du quartier Saint-Crépin et de son boulevard Victor-Hugo.

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Actée en concertation avec les habitants, la réfection du boulevard doit se faire dans la continuité du boulevard Jeanne d’Arc, déjà réalisée, puis du boulevard Pasteur suivant le même agencement urbain, dans une volonté d’homogénéité de toute la ville. Ceci implique… l’abattage de 145 tilleuls sur le boulevard Victor-Hugo.

C’est là qu’une autre partie des Soissonnais commence à manifester son désaccord sur le projet. Dès le mois de janvier par exemple, Guy Ancien prend sa plume pour s’adresser directement au maire Alain Crémont. Une plume d’ailleurs non négligeable, en tant qu’enseignant retraité soit, mais aussi neveu des historiens soissonnais Bernard et Jean Ancien qui ont donné leur nom à la Grand’Place. « Je suis consterné, lui écrit-il. Soissons a toujours été une ville pittoresque par ses espaces verts soigneusement aménagés, et avec ses avenues bordées d’arbres magnifiques. Désormais elle va perdre tout son charme, elle va devenir une ville froide, austère, peu accueillante. » Il lui fait également part de ce souvenir : « Elève autrefois à l’école du Centre, je me souviens parfaitement que l’instituteur qui avait la responsabilité du cours moyen, monsieur Victor Destrès, a laissé un souvenir impérissable à ceux qui l’ont connu et côtoyé. A propos des arbres, il dit un jour à ses élèves : « C’est un acte criminel que d’abattre un arbre en bonne santé qui fournit l’oxygène dont nos poumons ont besoin pour notre respiration. » » Guy Ancien finit par déclamer au maire : « Je le dis fort et haut (sic), la première capitale de la France a perdu son âme ! »

Le boulevard Victor-Hugo, reconnaissable à son église Saint-Crépin et à sa quadruple rangée de tilleuls.

Près de 1 000 pétitionnaires fin février

Si Guy Ancien s’exprime à titre individuel, une action collective n’a pas tardé à s’organiser, en l’occurrence celle de Soissonnais en Transition. Son mot d’ordre : « Sauvons les 145 tilleuls de Soissons ! » Ce groupe d’habitants du Soissonnais a pour volonté « d’informer et d’agir pour une transition écologique et solidaire ». Ils ont mis en ligne une pétition sur la plateforme change.org qui a déjà rallié près de 1 000 signataires à sa cause au 19 février (NDLR : à la date du bouclage de ce numéro).

« Le projet d’abattre encore de grands arbres de la ville, dont les 145 tilleuls sains du boulevard Victor Hugo, est-il acceptable en cette période de crise climatique ? » demandent-ils. Le collectif argumente : « Un vieil arbre n’est pas du mobilier urbain, comme un vieux banc public qu’il faudrait remplacer. Il a une capacité 100 à 200 fois supérieure à celle d’un jeune pour lutter contre le réchauffement climatique. Grâce à l’abondance de son feuillage, il diminue la température, stocke le carbone et les polluants responsables des gaz à effet de serre, produit de l’oxygène, absorbe les eaux pluviales, abrite une riche diversité d’oiseaux et d’insectes, dont les abeilles mellifères et… même le contempler est bon pour la santé. Notre ville d’art et d’histoire a certes besoin d’être modernisée, mais nous devons aujourd’hui lui conserver son caractère, ses atouts et son attractivité. L’engagement de la ville de « 2 arbres plantés pour un arbre coupé », la plantation de la mini-forêt urbaine et la végétalisation des espaces annoncées sont des contreparties bien maigres face à la destruction de tout ce qui existe déjà. »

Olivier Ink, membre des Soissonnais en Transition, précise par ailleurs : « Notre but n’est pas de s’opposer à l’avis de 33 riverains du boulevard Victor-Hugo (NDLR : le résultat d’un sondage de la municipalité en faveur du projet sur l’ensemble des riverains), ni de les rendre responsables des décisions municipales prises, mais de rechercher, collectivement, entre Soissonnais plus largement concertés, une solution de rénovation et d’amélioration de ce quartier historique de la ville, qui n’implique pas, en pleine menace de dérèglement climatique, l’abattage de 145 arbres matures et en bonne santé. »

De fait, le collectif a demandé un entretien avec le maire ou ses services, qui pour l’heure (NDLR : toujours à la date de ce bouclage du 19 février) n’ont pas encore communiqué de nouveaux éléments sur le projet à venir. Soissonnais en Transition souhaitera de son côté exposer ses alternatives : « Entretenir les rues et tailler les arbres, garder des sols perméables, mettre en valeur le patrimoine végétal qui fait de Soissons une ville agréable à vivre plutôt que tout détruire et refaire à neuf avec une utilisation démesurée de l’argent public. » Son message sera dans tous les cas affirmé : « Nous ne voulons pas d’une ville bétonnée et standardisée, étouffante de chaleur et de pollution, et les 10 années à venir seront décisives pour l’avenir. »

Un boulevard de la reconstruction

Michelle Robinet, membre de la Société Historique de Soissons, partage quelques informations sur l’histoire du boulevard Victor-Hugo : « Avant 1914-1918, la ville s’arrêtait à la place Pasteur, le boulevard Pasteur se poursuivant simplement par le chemin Saint-Crépin. Le plan de reconstruction et d’extension de la ville s’est fait, avec beaucoup de difficultés, sur 5 ans et les travaux ont duré plus de 10 ans (1921-1932). Le boulevard Victor-Hugo date de cette période, jusqu’à la place du même nom. Au-delà, et plus récemment à partir de 1956, l’église Saint-Crépin date de 1961. »

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