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SPECIAL ELECTIONS : économie, emploi et environnement

Le premier tour des élections municipales 2020 a lieu le dimanche 15 mars, suivi du potentiel second tour le 22 mars. A Soissons, cinq candidats se sont pour l’heure officiellement déclarés. Tout candidat a dans tous les cas jusqu’au 27 février pour se présenter et déposer sa liste de 35 noms pour composer le prochain conseil municipal de la cité du Vase.

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Après avoir présenté les 5 candidats déclarés à la mairie de Soissons, nous avons demandé à chacun d’entre eux d’exposer – succinctement – leurs engagements et leurs propositions sur les thématiques spécifiques du développement économique et de l’emploi, de l’environnement et de la circulation douce, tout en exprimant leur position sur la future installation de l’usine Rockwool. Le premier tour des élections municipales aura lieu le dimanche 15 mars, puis le possible deuxième tour la semaine suivante du dimanche 22 mars.

Philippe ABBAS

soutenu par La France Insoumise

Le développement économique et l’emploi : « Concernant l’emploi, je propose la création d’un bureau municipal de l’emploi afin de renforcer le lien entre les partenaires, les sans-emplois et les employeurs. Ce lieu n’a pas vocation à se substituer au pôle emploi ou à la mission locale. Il doit proposer des outils, accompagner, mettre à disposition les offres d’emploi et être un interlocuteur privilégié pour les entreprises. Les expériences existantes en France ont montré de bon résultats, comme par exemple à Fécamp ou Pertuis. »

L’environnement et la mobilité : « Concernant l’environnement, je prône la création d’un poste d’adjoint au maire en charge de l’écologie, le développement durable et la transition énergétique, financée par une baisse d’un quart de l’indemnité des élus. Par ailleurs, la circulation douce devra inclure un véritable plan de développement des pistes cyclables, trop insuffisant selon moi, depuis 2014. La gratuite des bus est également prévue. »

L’installation de Rockwool : « Je demande et je suis le premier candidat à annoncer souhaiter un référendum d’initiative citoyenne sur l’implantation de cette usine Rockwool sur le territoire. J’ai bien conscience que cela peut créer 140 emplois. M. Crémont, étant premier vice-président du GrandSoissons depuis 2014, en charge de l’économie et de l’emploi, n’aurait-il pas eu d’autres opportunités que l’arrivée d une telle société controversée, au risque de voir un impact sur la santé de la population et l’environnement ? J’en profite donc pour parler de la construction du canal Seine Nord Europe qui débutera en septembre 2020. 3 000 à 6 000 emplois durant les travaux pour l’Aisne, l’Oise et l’Ile-de-France et à moyen terme, 15 000 emplois envisagés !! Étrangement, cela personne n’en parle… »

Alain CREMONT

maire sortant

Le développement économique et l’emploi : « Nous recréerons une offre foncière pour accueillir de nouvelles entreprises et nous créerons, au sein de la direction économique de GrandSoissons Agglomération, un service pour l’accompagnement de start-ups et pour les projets liés à l’économie circulaire. Nous lancerons également l’acte 2 renforcé du plan commerce de proximité dans tous les quartiers. De plus, à l’image de Chartres, nous mettrons notre patrimoine en valeur à travers “Soissons en lumières” pour faire de notre ville une destination touristique de villégiature et plus seulement de passage. »

L’environnement et la mobilité : « Nous déploierons un plan “Soissons 1000 arbres”, avec végétalisation des rues et façades, et créerons des îlots de fraîcheur sur des places et parcs et près de la rivière. Nous densifierons le réseau de pistes cyclables et développerons des parkings à vélo sécurisés. Fidèles à notre volonté de faire du cœur de ville un véritable lieu de vie, nous expérimenterons l’ensemble du cœur de ville en zone 30, une zone bleue et la piétonnisation une fois par trimestre. Nous améliorerons également les performances énergétiques des bâtiments publics. De plus, comme pour les véhicules de la collectivité, nous travaillerons avec le SITUS à déployer davantage de bus circulant à l’énergie propre. »

L’installation de Rockwool : « Fidèle à mon engagement en faveur de l’emploi sur un territoire qui compte 11,7 % de chômeurs et ayant là l’occasion de satisfaire les attentes légitimes de nos concitoyens, je suis favorable à l’installation de Rockwool et je fais confiance à l’État pour conduire toutes les études environnementales et sanitaires. »

Franck DELATTRE

soutenu par la République En Marche

Le développement économique et l’emploi : « Plus de 1 000 personnes ont quitté Soissons en 6 ans et cela a eu des répercussions sur l’attractivité du territoire, avec des classes et des commerces qui ferment. L’attractivité du territoire passe par le déploiement de la fibre optique, l’aménagement de nos infrastructures, une structure d’accompagnement pour l’implantation des entreprises avec la mise en place d’une équipe logistique facilitatrice, mettant du lien (il faut arrêter de travailler en silos) et de la synergie entre l’ensemble des acteurs du territoire (institutionnels, formation, élus, pôle emploi). Pour être attractif, il faut aussi baisser la taxe foncière, trop élevée et pénalisante pour l’activité et le pouvoir d’achat, nous la baisserons de 10 % dès la première année de notre mandat. »

L’environnement et la mobilité : « Nous revégétaliserons la ville (trop d’arbres abattus ces dernières années) et végétaliserons les toitures des bâtiments communaux ainsi que les friches commerciales et industrielles de façon réversible si une nouvelle activité venait à s’y installer. Une réfection thermique des bâtiments communaux, accompagnée d’installation de panneaux solaires sera lancée. Nous aménagerons, sur l’ensemble de la ville, un réseau de pistes cyclables vraiment sécurisé avec des aires de stationnement dédiés. Par ailleurs, les bus seront gratuits les mercredis et samedis, jours de marché. »

L’installation de Rockwool : « Attirer les investisseurs, c’est aussi assurer une bonne qualité de vie sur le territoire. En conséquence, toute implantation d’entreprise devra être écologiquement responsable. L’emploi ne peut se faire au détriment de la santé, en implantant des industries potentiellement polluantes. C’est le cas de Rockwool avec le risque de pollution, de répercussions sur la santé, un exode encore plus grand et une dévaluation conséquente des biens des Soissonnais. »

Sébastien LANGE

union de gauche

Le développement économique et l’emploi : « Depuis 40 ans, le bassin soissonnais a perdu plus de 3 000 emplois industriels. Notre projet, en s’appuyant sur la loi d’expérimentation du 28 mars 2003, propose donc que l’agglomération du Grand Soissons devienne un nouvel espace de la valorisation économique, sociale et environnementale des entreprises abandonnées ou menacées. Les enjeux se situent au niveau des savoirs, des savoir-faire et des compétences dont il est urgent d’assurer la pérennité sur le Soissonnais. Cela est étroitement lié à ceux de la qualité des emplois, de leur sécurisation et le développement de la formation tout au long de la vie. Un autre enjeu concerne leur financement avec une territorialisation des décisions par ses acteurs aussi bien privés que publics incluant les nouveaux acteurs du financement participatif. Il s’agit en particulier de mettre à la disposition du Soissonnais des outils pour responsabiliser les banques dont on connaît la réticence à prendre en compte l’apport des PME et TPE au développement du territoire. Enfin, notre projet porte un enjeu de démocratie lié à la participation des parties prenantes du territoire à la régulation de son développement.
Quant aux commerces, nos propositions sont claires : refus d’installations de nouvelles zones commerciales et développement des commerces de proximité. Le droit de préemption sur les locaux de Soissons sera maintenu avec un accompagnement des commerçants dans leur projet. Nous sommes également favorables au développement des entreprises liées aux activités de nuit. Les commerces du cœur de ville souffrent. Il est donc impératif de faire des allégements fiscaux aux nouvelles installations, afin de développer leur activité. Cela est déjà appliqué mais nous souhaitons une véritable équité entre les commerces. »

L’environnement et la mobilité : « Dans la redynamisation du cœur de ville, nous développerons davantage les lignes de bus et ces dernières seront gratuites. Des voies piétonnes seront créées avec une revégétalisation de nos voies et espaces verts, afin de compenser la minéralisation. Notre projet comprend aussi la multiplication des pistes cyclables. »

L’installation de Rockwool : « Nous y sommes favorables. Il faut créer des emplois. Néanmoins, nous serons vigilants sur le respect des normes environnementales et les types de contrats. »

Alain REYT

rassemblement national

Le développement économique et l’emploi : « Le réarmement économique de Soissons par implantation de nouvelles entreprises, industrielles de préférence, sera notre priorité parallèlement au dossier santé. L’avenir de Soissons, sa vitalité, sa capacité d’investissement, la qualité des services rendus à la population en terme d’infrastructures, de voirie, d’éducation, de culture, etc. – sont à ce prix. Les ressources financières de la commune ne peuvent pas reposer uniquement sur l’impôt foncier (injuste) et sur les subventions octroyées par l’État (trop aléatoire). Aussi faut-il promouvoir la création de valeur ajoutée par le travail, celle-ci générant un accroissement du pouvoir d’achat global dont profiteront tous les acteurs économiques au final (commerces, artisans, etc.) Soissons dispose d’atouts qu’il faut mettre davantage en valeur. Toutes les pistes n’ont pas été explorées dans ce sens. Bien sûr il ne suffira pas d’un claquement de doigts pour faire venir des industries. Il faudra se battre, aller chercher le travail et les emplois “avec les dents” selon l’expression de N. Sarkozy.
Il faudra également faire preuve de créativité, ouvrir de nouvelles pistes. Nous nous y emploierons. »

L’environnement et la mobilité : « La lutte pour l’environnement et la qualité de la vie doit s’envisager en relation avec l’économie et le social sinon on reste dans le symbolique. Ainsi, les circuits courts et le recours aux acteurs locaux seront systématiquement privilégiés. L’innovation et les économies d’énergie seront recherchées dans le transport (bus + vélo), l’habitat et les bâtiments publics. Nous aurons également une attention particulière pour l’entretien des espaces verts et naturels ainsi que pour le bien-être de nos amis les animaux. »

L’installation de Rockwool : « Nous sommes favorables à l’implantation de l’usine Rockwool à Soissons. Les isolants permettant de réduire la consommation énergétique des bâtiments – et donc les émissions de gaz à effet de serre – doivent bien venir de quelque part, il faut être cohérent et conséquent. Il appartient au maître d’ouvrage, la com d’agglo, de garantir une réalisation de haute qualité environnementale et sanitaire, au travers des obligations contenues dans le cahier des charges. »

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Sur les traces de C215 en Ukraine

Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour Le Vase Communicant, il livre à nouveau un reportage exclusif.

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A Zhytomyr en Ukraine le 28 mars, le dessin de C215 d’un enfant face à un immeuble totalement détruit par un bombardement.
© C215

Auteur – reporter soissonnais indépendant, Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour un journal allemand, il travaille également sur place pour Le Vase Communicant et a déjà réalisé pour nous deux reportages exclusifs. En témoigne l’accréditation presse « Le Vase Communicant » affichée sur sa voiture (photo ci-dessous), illustrant au passage que « le petit gratuit soissonnais » est l’un des rares médias qui se trouve au plus près de l’action.

La voiture presse de Thierry Birrer en Ukraine, accréditée « Le Vase Communicant ».

La nouvelle exclusivité de Thierry Birrer : l’action du street artiste C215 en Ukraine. Le graffeur mondialement connu a en effet une relation privilégiée avec la cité du Vase puisqu’il y a réalisé plus d’une vingtaine d’œuvres aux quatre coins de la ville. « C215, on connaît bien à Soissons, confirme Thierry. De ses dessins, on y retrouve notamment Saint-Just, Rubens, Saint-Crépin, De Gaulle, Clotilde, Jeanne d’Arc, Anne Morgan, Henri Barbusse, Simone Veil et bien sûr Clovis. Alors pourquoi l’Ukraine ? A Kyïv (NDLR : Kiev), à un journaliste qui lui demande fin mars pourquoi il est venu peindre sur place, il répond : “Ce sont mes œuvres qui ont décidé. Pour qu’elles parlent de la guerre en Ukraine, il leur fallait être faites ici dans ce contexte, dans cette désolation. Ce sont mes œuvres qui décident et me choisissent, je n’ai donc pas eu le choix” ».

Thierry Birrer est donc allé dans les pas de C215, il a suivi les « traces » artistiques laissées par le graffeur dans ce pays toujours en guerre, à certains endroits en Fédération de Russie même, selon les derniers propos de Poutine en personne : « C215 n’a pas du tout noté les lieux où il a peint. J’ai dû faire un véritable travail d’enquête à Kyïv, Zhytomyr et Lviv. Les réseaux sociaux et mes connaissances sur place m’ont aidé. Pourtant, c’est le hasard qui m’a permis de trouver ce que je cherchais : une serveuse d’un restaurant à Lviv qui connaît une relation qui a une amie qui connaît quelqu’un dans le milieu du tag (!) ou encore une personne qui attendait à un abribus (le meilleur moyen pour rencontrer des gens qui vont ou viennent des quatre coins d’une ville ! ).

Le visage d’un enfant dessiné sur un abribus qui regarde un immeuble détruit par l’armée russe à Zhytomyr le 27 mars. Le portrait de son fils sur un bureau dans un appartement détruit à Zhytomyr encore. Le portrait d’une fillette aux couleurs du drapeau ukrainien sur un mur d’immeuble au centre de Lviv le 14 mai. Un autre portrait d’enfant sur un abribus rue Lukianivska à Kyïv ou le portrait d’une fillette dans un camp de déplacés ukrainiens ayant fuit la région de Kharkiv, à l’est, pour Lviv, à l’ouest. Les enfants sont au cœur du travail du graffeur C215, alias Christian Guémy, qui s’est rendu à deux reprises en Ukraine, fin mars et à la mi-mai, afin de poser un regard apaisé mais de réflexion sur des lieux où l’horreur a trop coulé.

« La Liberté guidant le peuple » aux couleurs de l’Ukraine par C215 sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv.
Thierry Birrer remercie les services de l’ambassade qui l’ont autorisé à accéder à la peinture de C215. Il a promis de leur adresser l’article une fois publié. © Thierry Birrer

En Ukraine, le graffeur n’a cependant pas choisi de peindre au hasard. La démarche est réfléchie, les lieux symboliques. Il s’est rendu par exemple sur le site de la tour de télévision de la capitale, bombardée début mars où six civils ont trouvé la mort. La tour jouxte Babi Yar, un ravin où les nazis ont assassiné 33 771 Juifs par balles les 29 et 30 septembre 1941. Il y a représenté le portrait d’une jeune fille ukrainienne à partir d’une photo prise en 1935. 
A la station de métro Lukianivska à Kyïv où les roquettes russes sont tombées sur des bâtiments civils, il a reproduit le portrait d’une jeune fille qu’il avait peint à la mi-mars en immense fresque sur un mur d’immeuble dans le 13e arrondissement de Paris, en hommage à la résistance du peuple ukrainien. 
A Zhytomyr, C215 choisit de peindre le portrait d’un enfant d’un de ses amis dans un appartement anéanti par une bombe car « la tragédie ukrainienne nous concerne tous » écrit le graffeur. Les enfants, toujours les enfants. 
Sur un panneau d’orientation masqué afin de ralentir la progression des forces russes au nord de Kyïv, il a peint le portrait de sa fille. Au nord de la capitale, c’est au pied d’un immeuble dont la façade a été soufflée par une explosion qu’il peint le 31 mars le portrait d’un jeune garçon rencontré dans un camp de réfugiés syriens de la plaine de la Bekaa à Zaleh au Liban, un gamin qui fuyait déjà les bombes russes sur le peuple syrien.

Aujourd’hui, plus des quatre cinquièmes de la trentaine de dessins de l’artiste réalisés à Lviv, Zhytomyr et Kyïv ont disparu car réalisés sur des supports éphémères. Ici à Bucha, ville ravagée par la guerre et les atrocités commises par l’armée russe, un papillon sur la carcasse d’un char russe calciné s’est envolé en même temps que le char dont les Ukrainiens récupèrent l’acier. Là, dans un quartier au sud de Kyïv, le regard de l’enfant s’est évanoui quand les employés des transports en commun ont remplacé l’abribus. Au nord de la capitale, un portrait d’une fillette avec la traditionnelle couronne ukrainienne sur la tête, reproduit sur un trolley qui servait à barrer la route à un checkpoint, a disparu quand les barrages ont été levés en juin. Toujours à Kyïv, le joli portrait d’une enfant ukrainienne peint sur un site bombardé face à la sortie de métro Lukianivska a été effacé par la reprise des affaires suite au départ des Russes de la région, en l’occurrence la société ukrainienne de vaporettes IQOS. Là, à Zhytomyr encore, le portrait d’une fillette sur un mur d’un appartement ravagé par une explosion de roquette s’est effacé sous les marteaux de la reconstruction. Les affaires reprennent, l’art et la guerre sont oubliés.

Vue en situation du portrait de la fille de C215 (quand elle était jeune) avec en arrière-plan le Musée de l’Histoire Ukrainienne à Kyïv. Ce portrait a été réalisé sur un panneau indicatif tagué au moment de l’invasion de la région par les troupes russes, tous les panneaux ayant été maculés afin que les soldats russes ne puissent pas les utiliser pour se repérer, y compris ce genre de panneaux indicatifs dans les jardins publics (cela explique les traces de bombe bleue marine sur le panneau).
Ivanka qui travaille dans un bar proche du musée, a découvert par hasard ce dessin. Elle non plus ne savait pas que c’était l’œuvre d’un artiste français : « Il est vraiment impressionnant par son regard. Maintenant que vous m’expliquez la démarche de l’auteur, je trouve qu’il a une force énorme. Cette enfant me semble m’interpeller : Pourquoi faites-vous la guerre dans mon pays ? J’en frissonne ! » © Thierry Birrer

Certaines œuvres sont cependant toujours présentes. La plus monumentale est le portrait sur un mur d’immeuble au centre de Lviv, à l’ouest du pays, reproduction exacte en mai du portrait réalisé rue Domrémy dans le 13e arrondissement de Paris à la mi-mars 2022. Sous le portrait de l’enfant, une citation du président ukrainien Volodymyr Zelinski : «Je veux vraiment qu’il n’y ait pas de photos de moi, pas de portraits de moi dans vos bureaux, parce que le président n’est pas une icône, pas une idole, le président n’est pas un portrait. Accrochez-y des photos de ces enfants et regardez-les dans les yeux avant chaque décision. » *

A Kyïv, c’est le portrait de Taras Chevtchenko qui se dresse allée Peizazhana, un quartier où les tags et graffs d’artiste sont très nombreux. Taras Chevtchenko est en Ukraine l’équivalent de notre Victor Hugo national. Le poète, peintre, ethnographe et humaniste ukrainien est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne. Il figure d’ailleurs sur les billets de 100 hryvnias, la monnaie locale.
C215 se devait donc de représenter Chevtchenko (1814-1861) qui, sur le plan historique, marque le réveil national de l’Ukraine au XIXe siècle.
L’œuvre la plus symbolique, mais malheureusement inaccessible à la vue du public puisque située sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv représente « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Œuvre symbole de notre république, de la liberté et de la démocratie dans le monde, C215 l’a reproduite avec un drapeau ukrainien dans la main. L’artiste l’a réalisée « pour marquer symboliquement le retour de la France par son corps diplomatique dans la capitale » le 15 avril 2022. C215 a un credo : ses compositions se veulent toujours « humanistes et non belliqueuses » ».

* La citation est extraite, presque mot pour mot, du discours d’investiture prononcé par le président Zelensky le 20 mai 2019. Le président s’adressait aux députés, en leur expliquant vouloir lutter contre la corruption : « Et pour cela, nous avons besoin de gens au pouvoir qui serviront le peuple. C’est pourquoi je ne veux vraiment pas que ma photo soit dans vos bureaux, car le président n’est pas une icône, ni une idole ou un portrait. Accrochez les photos de vos enfants à la place et regardez-les à chaque fois que vous prenez une décision. »

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L’œuvre du roi Clovis à Soissons

La Ville de Soissons lance l’acquisition d’un chef d’œuvre pour ses collections : « Le roi Clovis » peint durant les années 1625 – 1630 par Orazio Riminaldi. Pour une valeur de 200 000 €, le ministère de la Culture y participe à hauteur de 100 000 €, la municipalité à 45 000 € et un mécénat participatif est ouvert du 16 novembre au 20 décembre pour que les Soissonnais s’approprient eux aussi le retour de Clovis dans la cité du Vase.

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Le galeriste Giovanni Sarti et le directeur des musées de Soissons, Christophe Brouard, en pleine discussion devant le tableau du roi Clovis.

La municipalité de Soissons travaille sur ce dossier depuis plus d’un an : l’achat d’un tableau de Clovis proposé par la galerie Sarti, basée à Paris et Londres. « Ce roi Clovis est un trésor national et patrimonial pour les collections municipales, n’hésite pas à qualifier l’adjoint à la culture, François Hanse. Avec cette acquisition, la ville entreprend en effet un nouveau projet, inédit, ambitieux, porteur. Ce tableau à l’effigie du roi Clovis est fascinant, c’est une œuvre exceptionnelle que les Soissonnais pourront bientôt s’approprier. »

La figure de Clovis et son histoire font bien sûr partie de l’identité même du territoire soissonnais, mais Soissons n’en a pourtant pas l’exclusivité : «La tutelle symbolique du roi des Francs est en effet revendiquée par Reims ou Tolbiac, deux cités dans lesquelles s’est écrite une partie de l’histoire de France, souligne François Hanse. Avec ce tableau, la ville peut enfin acquérir l’exclusivité d’une image, qui plus est loin des standards de l’image d’Epinal, et que les Soissonnais pourront revendiquer. Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de Soissons en lumières et de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts : celle de l’histoire de France. A vous d’y croire et à vous d’y contribuer», interpelle l’adjoint à la culture.

Pour cela, une souscription est lancée sur la plateforme de mécénat participatif www.dartagnans.fr pour faire un don du 16 novembre au 20 décembre. Parallèlement, le public pourra manifester son intérêt et sa volonté de soutenir l’acquisition en découvrant le tableau qui est exposé exceptionnellement à l’hôtel

de ville : du 19 au 27 novembre de 14h à 20h. Et pour accompagner le projet, deux événements sont également organisés à l’hôtel de ville de Soissons. Mercredi 16 novembre à 18h : Conférence « Clovis, un tableau inédit pour les collections municipales ». Vendredi 18 novembre à 17h : Vernissage de l’exposition-dossier consacrée au tableau « Le roi Clovis ».

« Le roi Clovis » vu par le directeur des musées

Christophe Brouard, le directeur des musées de Soissons, est au cœur du projet d’acquisition du tableau : « Le Clovis, Clodoveo en italien, proposé par la galerie Sarti est une œuvre rare. Peinte par un peintre italien dont la carrière fut brève mais couronnée de succès, la toile appartient à un courant pictural emblématique de l’histoire de l’art : le caravagisme. Orazio Riminaldi en fut l’un de ses plus brillants représentants et fut de ce fait au service des plus grands (cardinaux romains, princes, etc). Le tableau fut peint durant les années 1625-1630, tandis que l’artiste côtoyait Simon Vouet à Rome dont il s’inspire ici. Cette amitié et la présence de dignitaires français à Rome durant cette période ont également pu inspirer la commande. À moins que celle-ci n’émane directement de la reine Marie de Médicis, qui souhaitait s’attacher les services de Riminaldi, ou d’un membre de la cour de France.

Tel un Clovis triomphant, Clovis est rarement représenté en effigie ; l’épisode du baptême est plus fréquent. Pour autant, le mythe de Clovis “le Très-Chrestien” au 17e siècle, plus particulièrement à la cour de France, nous permet de contextualiser le tableau. Nous nous trouvons certes face à une sorte d’unicum (NDLR : objet historique connu à un seul exemplaire) mais n’a-t-il pas l’allure d’un saint ? Par sa prestance et son aura, le personnage incarne en effet tout autant le robuste chef d’armées que le roi investi d’un rôle nouveau : la francisque dans une main et le vase sous l’autre parachèvent le symbole, à la manière des saintes idoles qui se multiplient au 17e siècle. Iconique, ce tableau est un chef-d’œuvre de cette période. Il se présente de surcroît dans un très bon état de conservation. »

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Cie Link : l’impro, le stand-up et l’électro à Soissons

Link est la toute nouvelle compagnie culturelle créée à Soissons. Attirée par les arts actuels, elle se spécialise dans les cours de stand-up, théâtre d’improvisation et musique électronique. Autour de ces activités, Link pourrait aussi faire le lien avec un futur Comédie Club à Soissons.

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Des ateliers d’arts actuels et des scènes d’impro ouvrent ici au Rock'n Food Bar, montés par la compagnie Link de Clément et Arthur (au premier plan).

A l’origine du projet : Clément Pouilhe, qui à 24 ans a déjà fait ses preuves dans la comédie, l’impro et le stand-up. « L’idée est de rendre plus accessibles ces arts actuels, et plus particulièrement à Soissons, explique-t-il. À part les écoles payantes à Paris, on ne peut que constater qu’il est difficile de sortir des activités classiques, l’envie est de moderniser la culture pour attirer ici un nouveau public. »

Structurée en association, la compagnie Link met en place ses cours sous la forme d’ateliers, totalement encadrés par des professionnels : Clément au théâtre d’improvisation et au stand-up en collaboration avec Charles Pérut pour l’écriture, et Clément Mirnatrek pour la partie musique électronique. Les ateliers se déroulent au Rock’n Food Bar, rue Neuve de l’hôpital à Soissons, qui met son établissement à disposition en dehors de ses heures de service et aménage ses locaux pour la meilleure pratique des arts.

Arthur, Guillaume, Marie et Clément au Rock'n Food Bar qui accueille les ateliers de la compagnie Link.

« Ouverts tout au long de l’année scolaire, les cours peuvent séduire les étudiants soissonnais qui cherchent à étendre leurs activités, précise Arthur Desjardins, le trésorier de la compagnie. Mais ils s’adressent aussi à un public plus large comme les entreprises, les associations ou les commerces qui souhaitent se perfectionner dans la prise de parole par exemple. » De plus, avec la volonté d’élargir son éventail d’arts actuels, Link propose des stages dans le domaine de l’audiovisuel en partenariat avec Afam Prod, ils trouveraient en l’occurrence leur place durant les vacances scolaires.

Au final, quand on parle d’impro et de stand-up, la scène n’est pas bien loin. C’est déjà un événement que la compagnie Link institue une fois par mois, avec des spectacles de théâtre d’improvisation au Rock’n Food Bar. A noter dès à présent la prochaine date dans son agenda : vendredi 25 novembre à 20h. Ce format ne préfigure-t-il pas un futur Comédie Club à Soissons ? « Nous y pensons, ne cache pas Clément, c’est un type de scène au plus proche des gens et en interaction avec le public que nous aimerions monter. Reste à savoir quelle structure pourra nous accueillir… » Mais d’ores et déjà avec Link, Clément et Arthur posent les bases d’une nouvelle compagnie : « C’est l’art, la musique et la culture moderne que nous voulons développer à Soissons, la ville où nous avons aimé grandir, où nous aimons vivre et à laquelle nous sommes heureux d’apporter cette activité. »

Toutes les informations et les adhésions sur les réseaux Facebook/Instagram/Tik Tok @compagnielink — compagnie.link @gmail.com

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