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SPECIAL ELECTIONS : l’aménagement, les équipements et les quartiers

Le premier tour des élections municipales 2020 se déroule dimanche 15 mars, avant un potentiel deuxième tour dimanche 22 mars. A Soissons, après avoir présenté les cinq candidats qui se sont lancés dans la campagne, puis après avoir exposé leurs positions sur le développement économique, l’emploi et l’environnement, allons cette fois dans le concret avant le vote, c’est-à-dire l’aménagement et les équipements dans le centre-ville et les quartiers. Une question spécifique est également demandée à chacun des candidats sur leurs intentions concernant plus précisément le cinéma, l’ancienne piscine (avenue du Mail) et la future Arena portée par l’agglomération à Villeneuve-Saint-Germain.

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Philippe ABBAS

« Soissons, force verte et citoyenne », soutenu par La France Insoumise

L’aménagement et les équipements du centre-ville et des quartiers : « Je souhaite créer le bureau municipal de l’emploi afin de renforcer le lien entre les acteurs du monde du travail et celui des entreprises. Concernant les équipements en général, l’entretien et la rénovation doivent être réguliers pour les bâtiments scolaires, équipements sportifs… »

Le cinéma/l’ancienne piscine/la future Arena : « Le cinéma doit devenir un multiplexe en zone périphérique financée par le privé, il me semble impossible de le maintenir en centre-ville. Le GrandSoissons, la ville et la région pourraient le financer également mais il n’est pas dans mon programme car le coût de la gratuité des bus est important. Je préfère rester factauel et réaliste sur mon programme et son financement.
L’ancienne piscine peut-elle être utilisée pour d’autres équipements au vu de son état ? À ce sujet, je soutiens la baisse de la tarification des Bains du Lac dans mon programme, l’entrée est beaucoup trop chère pour l’ensemble des classes populaires.
Le projet Arena est une dynamique pour notre ville mais nous ne connaissons pas encore le montant total des subventions. Il doit avoir autant d’espaces verts et pas uniquement des logements privés. »

Alain CREMONT

« Pour Soissons, gardons le cap », divers droite

L’aménagement du centre-ville et des quartiers : “Le projet Wilmotte sera mis en œuvre de la rue de l’Evêché à la rue de la Bannière avec la requalification des places F. Marquigny et St-Christophe. Nous poursuivrons la rénovation des rues commerçantes du cœur de ville. Nous requalifierons la place Alsace-Lorraine et poursuivrons la rénovation urbaine de Saint-Crépin, conformément aux projets construits avec les habitants. Les boulevards Pasteur et V. Hugo seront traités comme le boulevard Jeanne d’Arc. À Maupas, la SAIEM porte un projet de restructuration du quartier et de rénovation des résidences, nous l’accompagnerons dans la rénovation des espaces publics. À Presles et à Chevreux, nous faciliterons le travail des bailleurs pour la rénovation des résidences et des logements. Nous accompagnerons GrandSoissons Agglomération dans la métamorphose du quartier de la gare.”

Les équipements : “La Maison des associations ouvrira en 2021. La construction de l’équipement polyvalent et pôle de restauration scolaire du quartier de la gare débutera à la fin du premier semestre 2020. Le golf urbain compact de 9 trous sera construit au cœur du quartier St-Crépin ainsi qu’une aire de jeux d’eau dans le parc. Nous créerons une maison de santé sur la place Lamartine et un pôle sportif dans le quartier de Chevreux pour les clubs de boxe et ASPTT et installerons des services au public dans l’actuel centre social. Nous déménagerons le CCAS au cœur de Presles. Nous étudierons la transformation du site de St-Médard en parc ludique et scientifique autour de l’époque mérovingienne et carolingienne.”

Le cinéma/l’ancienne piscine/la future Arena : “Le cinéma restera en cœur de ville car il génère des flux (3 fois plus de spectateurs) bénéficiant à l’ensemble des commerçants et artisans.
L’ancienne piscine sera transformée en complexe ludique avec un bowling, un snack, un mini-golf, escape-game, laser-game et jeux vidéos.
Concernant l’Arena, sur la base d’un plan de financement clair et confirmé par nos partenaires, l’intérêt d’un tel équipement pour notre territoire est réel et nous l’accompagnerons.”

Franck DELATTRE

« Soissons ensemble », soutenu par La République En Marche

L’aménagement du centre-ville et des quartiers : « Le cœur de Ville de Soissons meurt, le nombre de commerces fermés n’a cessé de croitre ces dernières années et les préemptions du maire ont contribué à faire fuir les investisseurs. Les mesures phares de notre programme en terme d’aménagement du centre-ville et de tous les quartiers sont basées sur les 3 A : Attractivité, Animation et Accessibilité.
Attractivité : baisse de la fiscalité – parking gratuit dans toute la ville – utilisation des locaux préemptés et mise en location pour aider les primo-commerçants à se développer.
Animation : dynamiser l’utilisation du marché couvert, aménager la place Fernand Marquigny en lieu de convivialité – mise en place d’un marché nocturne en centre-ville et si l’expérience est concluante, dans tous les quartiers.
Accessibilité : mettre en place des voies cyclables, favoriser l’accessibilité intra-muros et augmenter le nombre de places de stationnement. La voirie doit être refaite mais à coût mesuré permettant ainsi de satisfaire toute la population. »

Les équipements : « Le projet global de la Gare, ce dernier sera poursuivi et je compte sur le soutien, au sommet de l’Etat, du député, pour pérenniser la ligne SNCF Soissons – Paris. Concernant les autres équipements, depuis 2014, pas un seul équipement public n’est sorti de terre.
Nous nous attacherons à réaliser, en direct ou accompagnés avec le secteur privé, des équipements nécessaires et souhaités par tous sur des sites dédiés. Il faut regarder ce qui fonctionne, tels les Bains du Lac. Je veux offrir à la population soissonnaise le plaisir de se divertir car j’entends trop que l’on s’ennuie à Soissons. On peut imaginer qu’au sein de l’agglomération, Soissons accompagne le développement d’activités ludiques, avec le secteur privé, de type bowling, escape game, karting indoor etc… dans le prolongement de l’Avenue de Compiègne (où les terrains sont disponibles) favorisant ainsi l’attractivité de notre territoire et donc de notre commune. »

Le cinéma/l’ancienne piscine/la future Arena : « Soissons doit avoir un multiplexe, nous explorerons toutes les pistes existantes dont les friches Dia et Zickel-Dehaitre qui offrent un espace pouvant résoudre le problème de stationnement en centre-ville et celui d’emplacement du multiplexe. Le cinéma actuel offre plusieurs possibilités de reconversion (hôtel, cinéma d’art et d’essai, bowling…) que nous étudierons.
L’ancienne piscine n’a plus lieu d’être et son emplacement sur un site inondable qui se veut être naturel a montré ses limites. Ce site devrait être dévolu à la “nature”. Il pourrait s’y voir implanter une ferme pédagogique (de même acabit de celle de Merlieux) dans la continuité du Parc Saint-Crépin, dont nous reverrons l’entretien. Cet équipement serait ouvert à tous (familles, écoles, associations).
L’Arena devra justifier pour sa réalisation de fortes aides régionales sur l’investissement, pour son exploitation de ne pas être déficitaire et enfin, de la réelle nécessité de son existence, ce projet relève de l’intercommunalité. »

Sébastien LANGE

``Soissons humaine et écologique``, union de la gauche

L’aménagement du centre-ville et des quartiers : « L’épisode caniculaire de l’été 2019 a déclenché une certaine accélération dans les annonces relatives à la végétalisation des zones urbaines. “Forêts urbaines” et autres “oasis de fraîcheur” sont des projets envisagés par notre équipe, motivée par “le vert pour créer du froid”. Le rapport de l’ADEME concernant la nature en ville ne contredit pas cet aspect. Cependant, l’étude stipule que d’autres aménagements sont à prévoir. Planter des arbres, oui, mais en les choisissant correctement. Il est aussi nécessaire de prendre en considération, pour avoir des résultats optimaux, que la présence de l’eau joue un rôle primordial. Nous aménagerons des points d’eau pour les enfants et des fontaines dans toute la ville.
Notre projet propose de renforcer le Plan vélo en créant encore plus de pistes cyclables dans Soissons, pour créer un maillage fin, sécurisé et agréable. Seraient par ailleurs expérimentées des pistes cyclables colorisées dans l’objectif de sécuriser davantage encore la circulation des vélos et de réenchanter les parcours des cyclistes. »

Les équipements : « Un diagnostic des équipements sportifs et culturels sera fait dès notre élection, afin de les améliorer ou les moderniser. »

Le cinéma/l’ancienne piscine/la future Arena : « Nous sommes pour le maintien d’un cinéma en centre-ville. Pourquoi pas un cinéma d’art et d’essai ? Mais l’idée d’un multiplexe en périphérie de la ville est envisagée.
Pour l’ancienne piscine, nous sommes sur deux pistes : soit une réhabilitation pour les associations sportives ; soit la création d’un pôle environnement et biodiversité. Ce second projet envisage la création d’une serre chaude et de jardins extérieurs, pour sensibiliser à la biodiversité. Cela se ferait dans un contexte éducatif et pédagogique avec les écoles du départements. De plus, pour tous les enfants, qui ne peuvent pas quitter le territoire, ou bien qui ne connaissent pas la nature, ce serait l’occasion de découvrir des espèces exotiques et indigènes.
Au sujet de l’Arena, nous y sommes favorables pour l’attractivité du territoire. Mais septiques sur les embauches. Cependant, cela peut entrainer une hausse de la fréquentation sur Soissons. »

Alain REYT

« Soissons patriotes », Rassemblement National

L’aménagement du centre-ville et des quartiers : « Soissons a une double identité, à la fois urbaine et rurale. Cela fait son charme et la qualité de vie qui y prévaut. Les projets d’aménagement doivent contribuer à préserver ou à améliorer cette qualité de vie et cette identité, en particulier dans les quartiers excentrés – St Waast & St Médard + St Crépin + Maupas et Lamartine en particulier – qui doivent bénéficier d’une attention privilégiée. Il faut les revitaliser, les redynamiser par le biais d’aménagements et/ou d’initiatives de quartiers adaptés visant à favoriser la convivialité et la sociabilité. A cet égard, les projets développés par l’architecte Wilmotte constituent une base de travail intéressante excepté pour le centre-ville où sa proposition nous apparaît disproportionnée. Notre souhait pour le centre-ville viserait plutôt à promotionner l’espace du “marché” que nous souhaitons revitaliser par de nouveaux apports. Cet espace devrait également être aménagé pour permettre la tenue de manifestations culturelles et/ou festives, à intervalles réguliers, afin de dynamiser le centre-ville. Ces initiatives devraient être pensées en accord avec les commerçants du quartier afin qu’ils en soient les principaux bénéficiaires. »

Les équipements : « Une évaluation dynamique des besoins en matière sociale, sportive, associative, sera réalisée en corrélation avec les équipements existants. En cas de besoin, des aménagements visant la modularité seront réalisés au cas par cas sur les sites existants afin d’enrichir l’offre de services à moindres coûts. »

Le cinéma/l’ancienne piscine/la future Arena : « Dans la mesure où nous souhaitons engager une baisse de l’impôt foncier pour des contribuables qui ont déjà beaucoup donné, nous devrons assurer une gestion maîtrisée. Nos priorités iront à l’économie (attirer des entreprises) et à la santé (création d’une maison de santé ou dispensaire) afin de garantir l’avenir du territoire et la santé de nos populations. Nous y sommes contraints. Les projets de caractère “fastueux” – le golf et l’Arena – seront abandonnés. »

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Sur les traces de C215 en Ukraine

Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour Le Vase Communicant, il livre à nouveau un reportage exclusif.

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A Zhytomyr en Ukraine le 28 mars, le dessin de C215 d’un enfant face à un immeuble totalement détruit par un bombardement.
© C215

Auteur – reporter soissonnais indépendant, Thierry Birrer s’est rendu à plusieurs reprises en Ukraine. Correspondant pour un journal allemand, il travaille également sur place pour Le Vase Communicant et a déjà réalisé pour nous deux reportages exclusifs. En témoigne l’accréditation presse « Le Vase Communicant » affichée sur sa voiture (photo ci-dessous), illustrant au passage que « le petit gratuit soissonnais » est l’un des rares médias qui se trouve au plus près de l’action.

La voiture presse de Thierry Birrer en Ukraine, accréditée « Le Vase Communicant ».

La nouvelle exclusivité de Thierry Birrer : l’action du street artiste C215 en Ukraine. Le graffeur mondialement connu a en effet une relation privilégiée avec la cité du Vase puisqu’il y a réalisé plus d’une vingtaine d’œuvres aux quatre coins de la ville. « C215, on connaît bien à Soissons, confirme Thierry. De ses dessins, on y retrouve notamment Saint-Just, Rubens, Saint-Crépin, De Gaulle, Clotilde, Jeanne d’Arc, Anne Morgan, Henri Barbusse, Simone Veil et bien sûr Clovis. Alors pourquoi l’Ukraine ? A Kyïv (NDLR : Kiev), à un journaliste qui lui demande fin mars pourquoi il est venu peindre sur place, il répond : “Ce sont mes œuvres qui ont décidé. Pour qu’elles parlent de la guerre en Ukraine, il leur fallait être faites ici dans ce contexte, dans cette désolation. Ce sont mes œuvres qui décident et me choisissent, je n’ai donc pas eu le choix” ».

Thierry Birrer est donc allé dans les pas de C215, il a suivi les « traces » artistiques laissées par le graffeur dans ce pays toujours en guerre, à certains endroits en Fédération de Russie même, selon les derniers propos de Poutine en personne : « C215 n’a pas du tout noté les lieux où il a peint. J’ai dû faire un véritable travail d’enquête à Kyïv, Zhytomyr et Lviv. Les réseaux sociaux et mes connaissances sur place m’ont aidé. Pourtant, c’est le hasard qui m’a permis de trouver ce que je cherchais : une serveuse d’un restaurant à Lviv qui connaît une relation qui a une amie qui connaît quelqu’un dans le milieu du tag (!) ou encore une personne qui attendait à un abribus (le meilleur moyen pour rencontrer des gens qui vont ou viennent des quatre coins d’une ville ! ).

Le visage d’un enfant dessiné sur un abribus qui regarde un immeuble détruit par l’armée russe à Zhytomyr le 27 mars. Le portrait de son fils sur un bureau dans un appartement détruit à Zhytomyr encore. Le portrait d’une fillette aux couleurs du drapeau ukrainien sur un mur d’immeuble au centre de Lviv le 14 mai. Un autre portrait d’enfant sur un abribus rue Lukianivska à Kyïv ou le portrait d’une fillette dans un camp de déplacés ukrainiens ayant fuit la région de Kharkiv, à l’est, pour Lviv, à l’ouest. Les enfants sont au cœur du travail du graffeur C215, alias Christian Guémy, qui s’est rendu à deux reprises en Ukraine, fin mars et à la mi-mai, afin de poser un regard apaisé mais de réflexion sur des lieux où l’horreur a trop coulé.

« La Liberté guidant le peuple » aux couleurs de l’Ukraine par C215 sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv.
Thierry Birrer remercie les services de l’ambassade qui l’ont autorisé à accéder à la peinture de C215. Il a promis de leur adresser l’article une fois publié. © Thierry Birrer

En Ukraine, le graffeur n’a cependant pas choisi de peindre au hasard. La démarche est réfléchie, les lieux symboliques. Il s’est rendu par exemple sur le site de la tour de télévision de la capitale, bombardée début mars où six civils ont trouvé la mort. La tour jouxte Babi Yar, un ravin où les nazis ont assassiné 33 771 Juifs par balles les 29 et 30 septembre 1941. Il y a représenté le portrait d’une jeune fille ukrainienne à partir d’une photo prise en 1935. 
A la station de métro Lukianivska à Kyïv où les roquettes russes sont tombées sur des bâtiments civils, il a reproduit le portrait d’une jeune fille qu’il avait peint à la mi-mars en immense fresque sur un mur d’immeuble dans le 13e arrondissement de Paris, en hommage à la résistance du peuple ukrainien. 
A Zhytomyr, C215 choisit de peindre le portrait d’un enfant d’un de ses amis dans un appartement anéanti par une bombe car « la tragédie ukrainienne nous concerne tous » écrit le graffeur. Les enfants, toujours les enfants. 
Sur un panneau d’orientation masqué afin de ralentir la progression des forces russes au nord de Kyïv, il a peint le portrait de sa fille. Au nord de la capitale, c’est au pied d’un immeuble dont la façade a été soufflée par une explosion qu’il peint le 31 mars le portrait d’un jeune garçon rencontré dans un camp de réfugiés syriens de la plaine de la Bekaa à Zaleh au Liban, un gamin qui fuyait déjà les bombes russes sur le peuple syrien.

Aujourd’hui, plus des quatre cinquièmes de la trentaine de dessins de l’artiste réalisés à Lviv, Zhytomyr et Kyïv ont disparu car réalisés sur des supports éphémères. Ici à Bucha, ville ravagée par la guerre et les atrocités commises par l’armée russe, un papillon sur la carcasse d’un char russe calciné s’est envolé en même temps que le char dont les Ukrainiens récupèrent l’acier. Là, dans un quartier au sud de Kyïv, le regard de l’enfant s’est évanoui quand les employés des transports en commun ont remplacé l’abribus. Au nord de la capitale, un portrait d’une fillette avec la traditionnelle couronne ukrainienne sur la tête, reproduit sur un trolley qui servait à barrer la route à un checkpoint, a disparu quand les barrages ont été levés en juin. Toujours à Kyïv, le joli portrait d’une enfant ukrainienne peint sur un site bombardé face à la sortie de métro Lukianivska a été effacé par la reprise des affaires suite au départ des Russes de la région, en l’occurrence la société ukrainienne de vaporettes IQOS. Là, à Zhytomyr encore, le portrait d’une fillette sur un mur d’un appartement ravagé par une explosion de roquette s’est effacé sous les marteaux de la reconstruction. Les affaires reprennent, l’art et la guerre sont oubliés.

Vue en situation du portrait de la fille de C215 (quand elle était jeune) avec en arrière-plan le Musée de l’Histoire Ukrainienne à Kyïv. Ce portrait a été réalisé sur un panneau indicatif tagué au moment de l’invasion de la région par les troupes russes, tous les panneaux ayant été maculés afin que les soldats russes ne puissent pas les utiliser pour se repérer, y compris ce genre de panneaux indicatifs dans les jardins publics (cela explique les traces de bombe bleue marine sur le panneau).
Ivanka qui travaille dans un bar proche du musée, a découvert par hasard ce dessin. Elle non plus ne savait pas que c’était l’œuvre d’un artiste français : « Il est vraiment impressionnant par son regard. Maintenant que vous m’expliquez la démarche de l’auteur, je trouve qu’il a une force énorme. Cette enfant me semble m’interpeller : Pourquoi faites-vous la guerre dans mon pays ? J’en frissonne ! » © Thierry Birrer

Certaines œuvres sont cependant toujours présentes. La plus monumentale est le portrait sur un mur d’immeuble au centre de Lviv, à l’ouest du pays, reproduction exacte en mai du portrait réalisé rue Domrémy dans le 13e arrondissement de Paris à la mi-mars 2022. Sous le portrait de l’enfant, une citation du président ukrainien Volodymyr Zelinski : «Je veux vraiment qu’il n’y ait pas de photos de moi, pas de portraits de moi dans vos bureaux, parce que le président n’est pas une icône, pas une idole, le président n’est pas un portrait. Accrochez-y des photos de ces enfants et regardez-les dans les yeux avant chaque décision. » *

A Kyïv, c’est le portrait de Taras Chevtchenko qui se dresse allée Peizazhana, un quartier où les tags et graffs d’artiste sont très nombreux. Taras Chevtchenko est en Ukraine l’équivalent de notre Victor Hugo national. Le poète, peintre, ethnographe et humaniste ukrainien est considéré comme le plus grand poète romantique de langue ukrainienne. Il figure d’ailleurs sur les billets de 100 hryvnias, la monnaie locale.
C215 se devait donc de représenter Chevtchenko (1814-1861) qui, sur le plan historique, marque le réveil national de l’Ukraine au XIXe siècle.
L’œuvre la plus symbolique, mais malheureusement inaccessible à la vue du public puisque située sur le toit de l’ambassade de France à Kyïv représente « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix. Œuvre symbole de notre république, de la liberté et de la démocratie dans le monde, C215 l’a reproduite avec un drapeau ukrainien dans la main. L’artiste l’a réalisée « pour marquer symboliquement le retour de la France par son corps diplomatique dans la capitale » le 15 avril 2022. C215 a un credo : ses compositions se veulent toujours « humanistes et non belliqueuses » ».

* La citation est extraite, presque mot pour mot, du discours d’investiture prononcé par le président Zelensky le 20 mai 2019. Le président s’adressait aux députés, en leur expliquant vouloir lutter contre la corruption : « Et pour cela, nous avons besoin de gens au pouvoir qui serviront le peuple. C’est pourquoi je ne veux vraiment pas que ma photo soit dans vos bureaux, car le président n’est pas une icône, ni une idole ou un portrait. Accrochez les photos de vos enfants à la place et regardez-les à chaque fois que vous prenez une décision. »

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L’œuvre du roi Clovis à Soissons

La Ville de Soissons lance l’acquisition d’un chef d’œuvre pour ses collections : « Le roi Clovis » peint durant les années 1625 – 1630 par Orazio Riminaldi. Pour une valeur de 200 000 €, le ministère de la Culture y participe à hauteur de 100 000 €, la municipalité à 45 000 € et un mécénat participatif est ouvert du 16 novembre au 20 décembre pour que les Soissonnais s’approprient eux aussi le retour de Clovis dans la cité du Vase.

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Le galeriste Giovanni Sarti et le directeur des musées de Soissons, Christophe Brouard, en pleine discussion devant le tableau du roi Clovis.

La municipalité de Soissons travaille sur ce dossier depuis plus d’un an : l’achat d’un tableau de Clovis proposé par la galerie Sarti, basée à Paris et Londres. « Ce roi Clovis est un trésor national et patrimonial pour les collections municipales, n’hésite pas à qualifier l’adjoint à la culture, François Hanse. Avec cette acquisition, la ville entreprend en effet un nouveau projet, inédit, ambitieux, porteur. Ce tableau à l’effigie du roi Clovis est fascinant, c’est une œuvre exceptionnelle que les Soissonnais pourront bientôt s’approprier. »

La figure de Clovis et son histoire font bien sûr partie de l’identité même du territoire soissonnais, mais Soissons n’en a pourtant pas l’exclusivité : «La tutelle symbolique du roi des Francs est en effet revendiquée par Reims ou Tolbiac, deux cités dans lesquelles s’est écrite une partie de l’histoire de France, souligne François Hanse. Avec ce tableau, la ville peut enfin acquérir l’exclusivité d’une image, qui plus est loin des standards de l’image d’Epinal, et que les Soissonnais pourront revendiquer. Ce projet s’inscrit dans la droite ligne de Soissons en lumières et de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts : celle de l’histoire de France. A vous d’y croire et à vous d’y contribuer», interpelle l’adjoint à la culture.

Pour cela, une souscription est lancée sur la plateforme de mécénat participatif www.dartagnans.fr pour faire un don du 16 novembre au 20 décembre. Parallèlement, le public pourra manifester son intérêt et sa volonté de soutenir l’acquisition en découvrant le tableau qui est exposé exceptionnellement à l’hôtel

de ville : du 19 au 27 novembre de 14h à 20h. Et pour accompagner le projet, deux événements sont également organisés à l’hôtel de ville de Soissons. Mercredi 16 novembre à 18h : Conférence « Clovis, un tableau inédit pour les collections municipales ». Vendredi 18 novembre à 17h : Vernissage de l’exposition-dossier consacrée au tableau « Le roi Clovis ».

« Le roi Clovis » vu par le directeur des musées

Christophe Brouard, le directeur des musées de Soissons, est au cœur du projet d’acquisition du tableau : « Le Clovis, Clodoveo en italien, proposé par la galerie Sarti est une œuvre rare. Peinte par un peintre italien dont la carrière fut brève mais couronnée de succès, la toile appartient à un courant pictural emblématique de l’histoire de l’art : le caravagisme. Orazio Riminaldi en fut l’un de ses plus brillants représentants et fut de ce fait au service des plus grands (cardinaux romains, princes, etc). Le tableau fut peint durant les années 1625-1630, tandis que l’artiste côtoyait Simon Vouet à Rome dont il s’inspire ici. Cette amitié et la présence de dignitaires français à Rome durant cette période ont également pu inspirer la commande. À moins que celle-ci n’émane directement de la reine Marie de Médicis, qui souhaitait s’attacher les services de Riminaldi, ou d’un membre de la cour de France.

Tel un Clovis triomphant, Clovis est rarement représenté en effigie ; l’épisode du baptême est plus fréquent. Pour autant, le mythe de Clovis “le Très-Chrestien” au 17e siècle, plus particulièrement à la cour de France, nous permet de contextualiser le tableau. Nous nous trouvons certes face à une sorte d’unicum (NDLR : objet historique connu à un seul exemplaire) mais n’a-t-il pas l’allure d’un saint ? Par sa prestance et son aura, le personnage incarne en effet tout autant le robuste chef d’armées que le roi investi d’un rôle nouveau : la francisque dans une main et le vase sous l’autre parachèvent le symbole, à la manière des saintes idoles qui se multiplient au 17e siècle. Iconique, ce tableau est un chef-d’œuvre de cette période. Il se présente de surcroît dans un très bon état de conservation. »

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Cie Link : l’impro, le stand-up et l’électro à Soissons

Link est la toute nouvelle compagnie culturelle créée à Soissons. Attirée par les arts actuels, elle se spécialise dans les cours de stand-up, théâtre d’improvisation et musique électronique. Autour de ces activités, Link pourrait aussi faire le lien avec un futur Comédie Club à Soissons.

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Des ateliers d’arts actuels et des scènes d’impro ouvrent ici au Rock'n Food Bar, montés par la compagnie Link de Clément et Arthur (au premier plan).

A l’origine du projet : Clément Pouilhe, qui à 24 ans a déjà fait ses preuves dans la comédie, l’impro et le stand-up. « L’idée est de rendre plus accessibles ces arts actuels, et plus particulièrement à Soissons, explique-t-il. À part les écoles payantes à Paris, on ne peut que constater qu’il est difficile de sortir des activités classiques, l’envie est de moderniser la culture pour attirer ici un nouveau public. »

Structurée en association, la compagnie Link met en place ses cours sous la forme d’ateliers, totalement encadrés par des professionnels : Clément au théâtre d’improvisation et au stand-up en collaboration avec Charles Pérut pour l’écriture, et Clément Mirnatrek pour la partie musique électronique. Les ateliers se déroulent au Rock’n Food Bar, rue Neuve de l’hôpital à Soissons, qui met son établissement à disposition en dehors de ses heures de service et aménage ses locaux pour la meilleure pratique des arts.

Arthur, Guillaume, Marie et Clément au Rock'n Food Bar qui accueille les ateliers de la compagnie Link.

« Ouverts tout au long de l’année scolaire, les cours peuvent séduire les étudiants soissonnais qui cherchent à étendre leurs activités, précise Arthur Desjardins, le trésorier de la compagnie. Mais ils s’adressent aussi à un public plus large comme les entreprises, les associations ou les commerces qui souhaitent se perfectionner dans la prise de parole par exemple. » De plus, avec la volonté d’élargir son éventail d’arts actuels, Link propose des stages dans le domaine de l’audiovisuel en partenariat avec Afam Prod, ils trouveraient en l’occurrence leur place durant les vacances scolaires.

Au final, quand on parle d’impro et de stand-up, la scène n’est pas bien loin. C’est déjà un événement que la compagnie Link institue une fois par mois, avec des spectacles de théâtre d’improvisation au Rock’n Food Bar. A noter dès à présent la prochaine date dans son agenda : vendredi 25 novembre à 20h. Ce format ne préfigure-t-il pas un futur Comédie Club à Soissons ? « Nous y pensons, ne cache pas Clément, c’est un type de scène au plus proche des gens et en interaction avec le public que nous aimerions monter. Reste à savoir quelle structure pourra nous accueillir… » Mais d’ores et déjà avec Link, Clément et Arthur posent les bases d’une nouvelle compagnie : « C’est l’art, la musique et la culture moderne que nous voulons développer à Soissons, la ville où nous avons aimé grandir, où nous aimons vivre et à laquelle nous sommes heureux d’apporter cette activité. »

Toutes les informations et les adhésions sur les réseaux Facebook/Instagram/Tik Tok @compagnielink — compagnie.link @gmail.com

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