Connectez-vous avec le Vase

Actualités

Ukraine : le reportage exclusif de Thierry Birrer

Le reporter soissonnais Thierry Birrer était en Ukraine du 16 au 23 mars pour couvrir l’invasion russe et la situation des réfugiés.
Il y est de nouveau du 30 mars au 6 avril. Il livre un reportage exclusif pour le Vase Communicant.

Publié

le

La société dans tous ses travers : devant une publicité vantant les mérites d’un proche fastfood à la frontière à Krakovets', cette famille quitte à pied l’Ukraine en passant devant des toilettes installées par les autorités ukrainiennes afin de répondre aux besoins des réfugiés. © Thierry BIRRER

40 ans de photo-reportages sur tous les fronts, des Balkans à la Syrie pour ne citer que ceux-là, Thierry Birrer est le témoin d’un nouvel exode d’une population, celui de la population ukrainienne chassée par l’invasion russe. L’auteur – reporter soissonnais est en effet parti le 16 mars à la frontière polonaise puis moldave. Il travaille pour deux médias étrangers afin de rendre compte de la situation des réfugiés, avec un reportage sur les check-points plus précisément. Thierry a aussi avancé en Ukraine, à l’Ouest du pays, dans le but de « reporter » comme il dit, sur la situation éducative et la défense passive dans les oblasts (NDLR : régions) de Lviv, Ivano-Frankivsk et Odessa. Habituel voisin de la rédaction du Vase Communicant, rue des Cordeliers à Soissons, c’est en photo-reporter de guerre équipé de son gilet pare-balles et son casque « press » qu’il présente son reportage en exclusivité aux lecteurs soissonnais. Un roadbook de 105 pages en poche pour avoir toutes les cartes des oblasts et pouvoir s’orienter sans GPS, sans téléphone et sans électricité, Thierry Birer partage ses rencontres et expose le contexte catastrophique de l’Ukraine en guerre, à l’heure du bouclage de ce journal le 24 mars.

Au poste frontière de Krakovets', une file interrompue de réfugiés ukrainiens dont plus de la moitié sont des enfants viennent d’être déversés par deux bus en provenance de Lviv où sont dans un premier temps regroupés ceux qui fuient des zones de combat. Quasi exclusivement des femmes et des enfants. Plus de la moitié ont moins de 15 ans. Aucune photo ne rendra l’ambiance de Shehyni, Mostyska ou Krakovets', trois bourgades frontalières de l’ouest de l’Ukraine parmi les dizaines qui depuis le 24 février reçoivent des centaines de milliers d’Ukrainiens qui fuient l’invasion et les bombardements. Cet exode est massif, certes, mais surtout particulièrement silencieux. Des milliers de gens, dont largement plus de la moitié d’enfants, piétinent en silence. Des centaines de voitures, des dizaines de camions et des cars s’enchevêtrent sans un seul coup de klaxon. Des heures en silence. A attendre un sandwich, à attendre un bus, à attendre un contrôle, à attendre à la frontière, à attendre un tampon, à attendre la paix. Debout, dans le froid (la température n’a pas dépassé 6° aujourd’hui). Debout à tourner en rond. Et surtout en silence. © Thierry BIRRER

Sur la route de Lviv à Vinnytsia, de la frontière à l’Ouest jusqu’au centre de l’Ukraine :

« Aujourd’hui, ce fut une journée avec des hauts et des bas. Enfin, avec des moments d’une certaine tension et d’autres d’une tension… certaine. Parce que mon assistante ukrainienne à Ivano-Frankivsk a chopé le Covid (oui, c’est un vrai sujet en Ukraine dont plus personne ne parle), j’ai changé mes plans (en prenant le plan C prévu avant de partir). Direction l’Est du pays. En conséquence, j’ai quitté mon logement d’Ivano-Frankivsk alors qu’il était prévu que j’y passe deux jours. Anastasiia a pleuré (NDLR : l’hébergeuse, ange-gardien de Thierry dans cette ville). Non pas parce qu’elle perd une nuitée (dès mon arrivée, j’ai payé les deux nuits et rien demandé en retour – ma façon à moi d’être solidaire du malheur ukrainien) mais parce que, dit-elle, ma présence avait évité l’alerte nocturne. Anastasiia était persuadée que j’avais amené la paix. Non mais ! Aussi quand je lui ai dit “Je pars pour Vinnytsia”, elle a pleuré. Voilà bien ce que c’est qu’une guerre : il n’y a nul besoin de voir une bombe, d’être dans une zone en combats pour être très affecté. J’ai quitté les lieux encore plus vite parce que j’ai senti que de la voir pleurer allait me mettre dans le même état.

Je suis parti 300 km à l’Est. Sachant que j’étais déjà à près de 200 km dans les terres, ça donne la taille du pays puisque Vinnytsia est encore à 400 km de Kyiv (NDLR : Kiev). Ce faisant, j’ai utilisé les routes bituminées les plus pourries qu’il m’a été donné de prendre en 40 ans de reportage. J’ai eu d’énormes frayeurs, pensant perdre à plusieurs reprises un ou plusieurs amortisseurs. La taille des nids de poule sur les routes nationales est ahurissante. Ce qui pose déjà le problème de l’état des routes dans peu de temps puisqu’avec trois millions d’Ukrainiens en moins dans le pays, l’entretien des chaussées ne va pas être la priorité de l’état avant des années. Je n’ai pas crevé, peut-être parce que les pneus étaient neufs. C’est bon, ils ne le sont plus. Je ne le suis pas plus, neuf, puisque ce soir, j’en suis à 2 530 km au compteur en… trois jours exactement (mercredi 19h10 à Soissons, samedi 17h50 à Tultchyn en Podolie – séquence géographie).
Sur la route, j’ai passé des check-points. Toutes les tailles, tous les modèles et c’est parfait puisque c’est le sujet de mon article pour le Frankfurter Allgemeine (NDLR : l’un des trois quotidiens allemands les plus lus pour lequel Thierry fait ses reportages). Je ne les ai pas comptés (des dizaines et des dizaines). Et sur ces check-points, tout ce que la planète compte d’olibrius qui se sentent des velléités de chef de guerre. Le plus con : celui qui ne veut pas que je passe parce que la France ne fait rien pour aider l’Ukraine. Le plus humain : celui qui tient absolument à me serrer dans ses bras parce que j’ai le courage de venir dans sa campagne raconter au monde ce qui se passe en Ukraine. Le plus drôle : celui qui me demande très sérieusement quelle arme j’ai prise avec moi pour continuer vers Odessa. Le plus soûl : celui qui veut que je partage avec lui un verre de vodka. Le plus stupide : celui qui me demande d’ôter le GPS “parce qu’un smartphone prend des photos” mais pas pour la GoPro. Et tout ça sans aucun mandat officiel. Toutes ces personnes vous contrôlent à longueur de champ et vous font ouvrir votre coffre. Bref, la vie dans toutes ses facettes.

Sur la place centrale de Trostyanets’, un monument commémore la mémoire des soldats de la commune tombés dans le Donbass depuis 2014. Vingt hommes de 23 à 56 ans, tués au front en 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020. Le monument date de fin 2020. Pour les habitants de Trostyanets’, la guerre n’a jamais cessé. © Thierry BIRRER, Trostyanets’, 20/03/2022.

J’ai également croisé des gens en pagaille qui fuient du nord-est vers l’ouest (d’où je viens) et le sud (où je vais demain). Identifiés très souvent par la signification “enfant” en ukrainien sur le pare-brise. En passant de la campagne profonde au cœur des villes, Lviv et Ivano-Frankivsk hier et Vinnytsia aujourd’hui, respectivement 750 000, 240 000 et 400 000 habitants, je passe du noir au blanc. La guerre est omniprésente en campagne (alors qu’il n’y a pas un soldat russe à moins de 200 km) et semble ne pas exister au cœur des villes. On déambule, on vadrouille, on boit aux terrasses, on s’aime. Et pas un check-point une fois dans la ville. Alors qu’au cœur de certains villages, il y en a plusieurs. Dans les moments un peu particuliers, je retiens en fin de matinée l’alerte à rejoindre les abris à Terebovlia (15.000 hab.) où personne ne semble s’en préoccuper. J’interroge une dame police qui me répond : “Il y en a souvent du fait d’une base aérienne militaire dans les parages. Au début, les gens quittaient les rues. Comme il n’y a jamais eu une bombe, les gens font confiance à la défense anti-aérienne et ne s’en soucient plus”. Bon, et moi ?…. Je suis resté dehors. J’ai filmé pour pouvoir montrer la séquence lors de mes interventions en milieu scolaire.

Dans les moments encore plus particuliers, je retiens le survol de ma voiture durant une dizaine de secondes par un hélicoptère à un moment où je me trouvais au milieu de nulle part avec un véhicule tous les quarts d’heure. Il n’a pas tiré, j’en déduis qu’il était ukrainien. D’ailleurs, deux-trois minutes plus tard j’ai été survolé par un Mig 29 ukrainien en rase-motte absolu puisqu’à même pas 25 m de hauteur. J’ai pu voir le pilote parce qu’il longeait l’endroit où je m’étais arrêté. Là, j’avoue ça déchire les tympans et ça laisse un peu sonné.

Au sud de Vinnytsia, ce qui dénote, ce sont les stations-service fermées. Fermées parce que vides. Certaines n’ont plus que du diesel. Ou plus que de l’AdBlue. Dans ce cas, pour que les automobilistes comprennent bien, les pompes sont emballées, comme l’étaient les panneaux routiers hier. Ce qui manque quasiment partout, c’est le 95 SP – E10. Je pense que j’ai été très avisé de prendre une réserve de 60 litres. La surprise du soir, c’est le lieu où je loge. Pas un chat nulle part pourtant la ville compte plus de 15 000 habitants. Peut-être parce que l’on n’est qu’à 50 km de la 14e armée russe basée en Transnistrie. Étonnamment, on ne parle que russe dans l’établissement.

J’y suis seul avec deux familles qui ont fui Kyiv et qui se sont installées là parce qu’elles ont de la famille dans la région. Une des deux mamans, Eleanea, est venue me remercier d’être venu là pour raconter ce qui se passe. Elle n’avait jamais vu de voiture française en Ukraine. Son mari est venu me serrer la main. Je ne sais quoi dire. Trop d’émotions. Il est peut-être temps que je rentre. »

Actualités

Après l’incendie, la solidarité prend le Relais

Cet incendie représente 6 à 7 M€ de dommages pour l’entreprise, plus de 2 M€ de machines et 1 à 2 M€ de stocks. Seuls 6 camions sur 30 ont pu être sauvés.

Publié

le

La boutique Ding Fring reste plus que jamais ouverte en soutien aux activités du Relais suite au sinistre qui a détruit l'usine de tri et de stockage.

Dans la nuit du mardi 13 septembre, un incendie a détruit la quasi totalité de l’usine de recyclage de vêtements Le Relais Nord-Est Ile-de-France, sur la zone d’activité du Plateau à Ploisy – Courmelles. Vers 2h30 du matin, un chauffeur de la société en attente sur le site avait donné l’alerte après avoir entendu du bruit, puis le feu s’était totalement développé à l’arrivée des sapeurs-pompiers 20 mn plus tard. Pour ce qui est de son origine, l’enquête est dans les mains des services de gendarmerie.

Emmanuel Pilloy, le PDG du Relais, ne peut que constater l’ampleur des dégâts : « Cet incendie représente 6 à 7 M€ de dommages pour l’entreprise, plus de 2 M€ de machines et 1 à 2 M€ de stocks. Seuls 6 camions sur 30 ont pu être sauvés. » Sur le plan matériel également, c’est tout simplement un bâtiment de 4 500 m2 qui est parti en fumée : « Tout le secteur du tri est HS, confirme Emmanuel Pilloy, les 80 personnes du tri sur les 150 salariés au total ne peuvent pas travailler. »

L’urgence est donc de trouver un nouveau local pour le stockage des vêtements d’une part et pour que la moitié des effectifs actuellement à l’arrêt retrouvent leur activité au plus vite. La collectivité a d’emblée apporté son soutien comme en témoigne Alain Crémont, le président de l’Agglomération : « Dès que GrandSoissons a été informé de la situation, accompagné d’agents de la collectivité, je me suis rendu sur place pour évaluer la situation et échanger avec Emmanuel Pilloy afin de quantifier ses besoins et les différentes temporalités. » Il précise : « A court terme, le service Développement économique a mobilisé ses contacts et son réseau pour présenter des solutions pour un espace d’environ 500 m² qui permettrait de reprendre au plus vite l’activité de stockage, le Relais collectant une trentaine de tonnes de textile par jour. Après un échange avec les logisticiens du secteur pour faire cette place à la collecte, une opportunité a été trouvée. De son côté, le Relais a aussi effectué des démarches qui pourraient aboutir. »

A l’heure du bouclage de ce journal le 22 septembre, une solution est également en cours de résolution pour le stationnement des camions servant à la collecte. Enfin, pour l’activité de tri, trois solutions ont été étudiées sur le territoire et un bâtiment de 5000 m² a été visité par la direction du Relais. « Des discussions sont actuellement en cours avec le propriétaire, confirme le président de l’Agglo. L’objectif de GrandSoissons est évidemment d’accompagner Le Relais, acteur historique de l’insertion sur le Soissonnais, dans cette crise et de permettre une reprise de son activité au plus vite pour ne pas pénaliser les 150 salariés du site du Parc du Plateau. Une fois cette urgence réglée, nous étudierons avec l’entreprise les différentes solutions possibles à plus long terme. »

Le président de GrandSoissons Agglomération, Alain Crémont, et le sous-préfet de Soissons, Joël Dubreuil, prennent connaissance de l’ampleur des dégâts avec la direction du SDIS. 80 pompiers et une trentaine de véhicules ont été déployés au plus fort de l’incendie. (© GrandSoissons Agglomération)

Mais retrouver un site de production de 4 500 m2 n’est bien sûr pas une chose si simple. « Il y a peu de solutions sur Soissons », reconnaît Emmanuel Pilloy, mais dans tous les cas il insiste pour trouver cette solution sur le secteur soissonnais, « ne serait-ce que pour nos travailleurs sociaux qui n’ont pas de grandes facilités de déplacement », dit-il. De fait, le Relais se concentre dans un premier temps sur le court terme : « Remonter notre usine nécessitera un investissement énorme dans des machines et demandera un délai de plus d’un an, continue le directeur. L’urgence est donc de repartir avec d’autres machines, plus petites et d’occasion, que nous trouverons notamment dans les pays de l’Est de l’Europe. Nous aurons ainsi l’outil de production qui redonnera en priorité du travail à nos 80 employés. »

Mais d’ores et déjà, la solidarité joue à plein au sein des 6 structures du Relais réparties dans les Hauts-de-France. Dès le lendemain du sinistre, elles ont envoyé 20 camions pour assurer les collectes de vêtements qui alimentent ensuite les boutiques Ding Fring de la société, à commencer par la boutique soissonnaise de l’avenue de Compiègne. Celle-ci est en effet toujours ouverte et se doit de le rester car elle apporte la rentabilité qui permet tout simplement de payer les salariés. De là, en découle aussi en amont la collecte, autre activité de l’entreprise que l’incendie a mise en difficulté : « Les clés des cadenas des points de collecte ont disparu dans le feu, confie Emmanuel Pilloy. Mais le temps de les faire refaire ou de les changer, les conteneurs débordent. » Le PDG du Relais Nord-Est Ile-de-France a alors un message à faire passer aux donateurs : « La mise en service des conteneurs revient à la normale, mais si un conteneur est encore plein, je vous demande d’attendre un peu plutôt que de les mettre à côté car nous aurons besoin de tous vos textiles pour relancer notre activité. »

Là encore, c’est bien la solidarité, élément fondamental de l’entreprise en insertion professionnelle, qui fait avancer le Relais.

Continuer la lecture

Actualités

La Croix d’Or renaît, la rue Saint-Christophe revit

L’historique hôtel de la Croix d’Or s’est mué en résidence de la Croix d’Or. Tout juste inaugurée, elle participe au renouveau du quartier Saint-Christophe à Soissons, dont la rue vient elle aussi d’être rouverte à la circulation après sa totale rénovation.

Publié

le

Il paraît bien loin le temps où la friche de l’hôtel de la Croix d’Or entachait la rue Saint-Christophe, et cela pendant des décennies. « Une dent creuse » comme il est communément appelé ce type de bâtiment laissé à l’abandon dans une rue commerçante. L’expression ne pouvait pas être plus adéquate puisqu’il ne restait plus que la façade encore debout et un grand vide inoccupé derrière. Le maire Alain Crémont n’hésite pas à le qualifier de « verrue en plein centre-ville qui a commencé à se délabrer depuis sa fermeture en 1973 ».

Et pourtant, l’hôtel de la Croix d’Or a fait la fierté des Soissonnais en son temps. Ouvert au XVIe siècle, il était l’un des établissements historiques de la ville. Reconstruit après la Première Guerre mondiale à la mode Art Déco de l’époque, il connut ses heures de gloire dans la première partie du XXe siècle, jusqu’à sa fermeture définitive au début des années 70. Racheté par la Ville de Soissons en 2016, Alain Crémont rappelle qu’il « a eu la chance d’être le maire qui a pu mener l’opération à son terme, après 37 ans d’attente et de démarches de rachat ». La façade fut alors démolie au printemps 2017 et les premiers coups de pioches de la nouvelle résidence ont été donnés en février 2020, juste avant le premier confinement, ce qui au passage n’a pas aidé à l’avancée rapide du chantier, cela sans compter les découvertes archéologiques successives sur les lieux.

Mais au 6 septembre 2022, voilà que la nouvelle Croix d’Or est enfin inaugurée. Conçue par l’architecte Antoine Daudré-Vignier, il partage son émotion, non sans raison : « En tant que Soissonnais, j’ai toujours connu ce bâtiment en friche et inoccupé. Je voulais donc restituer à Soissons sa matière noble qui est la pierre, tout en faisant des logements de qualité. L’équilibre a alors été trouvé avec cette résidence, sans tomber dans le pastiche pur de l’ancienne Croix d’Or ni dans le contemporain déplacé. Ce fut une belle aventure soissonnaise. » Pour Pascale Sébille, la présidente de Clésence en charge du programme : « La résidence marque notre volonté de ramener les logements en centre-ville et d’éviter les constructions en périphérie. 16 familles ont ainsi pris possession de leurs logements certifiés NF Habitat HQE dans le centre historique de Soissons. »

Le maire souligne à son tour : « Que de chemin parcouru, plus de 6 ans après le rachat. » Il associe d’ailleurs la concrétisation de la résidence à la réouverture de la rue Saint-Christophe après rénovation : « La ville s’embellit et la rue tout juste refaite en est un nouvel exemple, à l’image de tout le centre-ville. Il reste quelques finalisations, précise-t-il, puis nous terminerons avec les plantations… à la Sainte-Catherine. »

16 logements dont certains avec vue sur la cathédrale

La nouvelle résidence de La Croix d’Or, en lieu et place de l’ancien hôtel du même nom, a été inaugurée par Clésence, entreprise sociale pour l’habitat en Hauts-de-France, filiale d’Action Logement. Incluse dans le programme Action Cœur de Ville, elle est construite sur deux étages avec 16 logements modernes, dont certains avec vue sur la cathédrale, sur une surface totale de 1 550 m2. Côté cour : 30 places de stationnement, un local vélo et des espaces verts. Le rez-de-chaussée est en revanche composée de cellules commerciales, dans la continuité de toute la rue commerçante du quartier Saint-Christophe. Pas totalement finalisées, ces cellules ne sont pas encore commercialisées. Livrée en mars 2022, l’opération s’élève à un montant de 3,6 M€.

Continuer la lecture

Actualités

La Perle verte du Valois : exceptionnelle

Avec ses 13 000 hectares, la forêt domaniale de Retz est l’une des plus grandes de France, et la première hêtraie.

Publié

le

En mars 2022 à l’occasion de la visite du chantier de la Cité internationale de la langue française, Roselyne Bachelot, alors ministre de la Culture, avait annoncé publiquement la labellisation de Retz comme « Forêt d’Exception ». Un secret de Polichinelle pourrait-on dire pour les membres du comité de pilotage à la candidature, co-dirigé par la communauté de communes Retz-en-Valois (CCRV), le Centre des monuments nationaux (CMN) et l’agence territoriale de Picardie de l’ONF. Au soir du 3 février, suite à la présentation du dossier, le comité national Forêt d’Exception leur avait bien laissé sous-entendre que leur candidature avait toutes ses chances de décrocher le fameux label. C’est désormais officiel : la forêt de Retz est la 15e forêt de France à être labellisée « Forêt d’Exception ». Le territoire n’attend plus que sa remise protocolaire par le directeur de l’Office National des Forêts.

« L’obtention du label est l’aboutissement du travail depuis quinze années entre les équipes successives de la communauté de communes et de l’ONF, témoigne Alexandre de Montesquiou, le président de la CCRV. Les liens se sont développés pour créer de plus en plus d’actions et d’événements, la tour Mangin en est un exemple, le festival Branche & Ciné en est un autre. » Depuis, l’annonce du président Macron en personne de la création de la Cité internationale de la langue française au château de Villers-Cotterêts a changé toute la donne, elle a eu pour conséquence de dynamiser toutes les actions : « A l’annonce de la création de la Cité, nous nous sommes mis en ordre de marche pour reconduire le lien entre le château et la forêt, confirme le président de Montesquiou. Nous avons postulé pour le label en décembre 2020, avec la contribution logique du CMN qui gère le projet de la Cité. Une quarantaine de personnes, chapeautée par la cheffe de projet Marjorie Levasseur, a travaillé pendant un an pour élaborer le dossier et notamment ses 21 actions qui valoriseront l’identité culturelle et historique de la forêt, son patrimoine naturel et ses capacités de développement touristique et économique. » Un dossier visiblement bien ficelé puisque le comité national a accordé son label à l’unanimité en 1 an et 2 mois, « d’habitude il faut 2 à 3 ans, confie Thierry Gilles, vice-président de la CCRV à la communication et aux ressources humaines, nous étions prêts pour l’ouverture programmée à l’origine de la Cité internationale. Mais rien n’est définitif, ajoute-t-il, le label est à confirmer tous les 5 ans. Nous repasserons en effet l’oral dans 5 ans et il faudra que ce soit encore mieux, ce sera possible en avançant sur toutes nos actions établies. »

Résultat de toutes ces énergies, le label « Forêt d’exception » replace la forêt de Retz au cœur du territoire : « Elle en est un élément majeur, rappelle Alexandre de Montesquiou, surnommée la Perle verte du Valois, elle est le poumon vert, l’équilibre entre le patrimoine et l’environnement. » Thierry Gilles résume à son tour : « Si le château de Villers-Cotterêts est la future Cité internationale, la forêt de Retz est notre Cité végétale. »

Au cœur de la forêt de Retz, l’ermitage Saint-Hubert et son système d’adduction des eaux de la forêt appelé « La Laie des Pots ». Utilisé jusqu’en 1937, ce système permettait de recueillir les eaux de pluie et de les amener jusqu’au château et la ville grâce à un réseau de canalisation en poterie. Il fait aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation grâce à l’Association de sauvegarde du patrimoine de la laie des pots en forêt de Retz. (© ONF Vigne)

Retz rejoint le cercle prestigieux des 15 Forêts d’Exception

Avec ses 13 000 hectares, la forêt domaniale de Retz est l’une des plus grandes de France, et la première hêtraie. Plus précisément composée pour moitié de hêtres, et plus d’1/4 de chênes, la forêt a été la première à être traitée en futaie régulière dans l’histoire forestière de France. De très grande qualité, les bois de Retz, acheminés par le canal de l’Ourcq, ont participé à la construction de Paris.

Le label Forêt d’Exception est maintenant une opportunité unique de co-construire un projet de territoire. Il distingue l’excellence de la gestion de ces forêts, reconnues pour leur patrimoine unique en termes d’histoire, de paysages, de biodiversité ou de bois de grande valeur. Les quinze forêts engagées dans la démarche et labellisées sont : Fontainebleau, Verdun, Grande Chartreuse, Rouen, Montagne de Reims, Bercé, Bassin d’Arcachon, Val Suzon, Tronçais, Sainte-Baume, Boscodon, Aigoual, Volcans de Martinique, la forêt indivise de Haguenau et désormais la forêt de Retz.

Le label Forêt d’Exception constitue donc un outil pour l’action. Il repose sur des projets partagés et des programmes d’actions ayant vocation à couvrir une large palette d’opérations innovantes, dans le respect des enjeux et des contraintes de chaque site. Trois raisons principales ont d’ailleurs conduit les principaux acteurs à prendre conscience de cette évidence de faire entrer Retz dans le cercle prestigieux des Forêts d’Exception : la dynamique des partenaires, les relations de confiance et les habitudes de travail installées, les actions en cours et en projet, la convention cadre entre l’ONF et la CCRV en discussion/la formidable opportunité offerte par la création de la Cité internationale de la langue française au château de Villers-Cotterêts et les projets de développement culturel et touristique associés/l’incroyable potentiel et les richesses de la forêt de Retz, et son lien physique et historique avec le château.

Continuer la lecture

Top du Vase

LE VASE sur votre mobile ?

Installer
×