Jamais l’ancienne chapelle Saint-Charles n’a été aussi belle que pour le concert Autour de l’Offrande musicale. Les éclairagistes de la Cité de la Musique étaient intervenus pour installer des projecteurs en bas des boiseries qui sont la gloire du lieu, pour projeter un faisceau montant de lumière. L’effet était de donner de l’épaisseur au bois sculpté, d’attirer l’attention sur ses détails.

L’explication d’un détail par Frank Theuns
Un récital vers la fin de la saison musicale est devenu un événement annuel. La date tient compte du fait que la salle n’étant pas chauffée, il convient d’assurer une température convenable.
Cette année, avec des artistes du festival de Saint-Michel en Thiérache, le concert fait partie d’une saison autour du clavecin. Le cycle met en valeur des joyaux architecturaux de Laon, Saint-Quentin et Soissons. Saint-Charles y trouve tout naturellement sa place.
Sophie Gent au violon, Bertrand Cuiller au clavecin et Frank Theune à la flûte traversière ont joué des œuvres de Johann-Sebastian Bach et de deux de ses fils, Wilhelm Friedemann Bach et Carl Philipp Emanuel Bach.
Entre les œuvres l’ambiance a été informelle, avec des commentaires par le Belge Frank Theune, qui s’est annoncé « non-francophone » avant de présenter avec aisance l’histoire attribuant le thème fondateur de l’Offrande au roi Frédéric II de Prusse, et la vie de Bach, mettant en lumière l’importance des aspects familiaux.
Le programme a rassemblé des compositions des trois Bach, en commençant par le Trio de C.P.E Bach et en terminant par ce sommet de la musique contrapuntique baroque qu’est la Sonate en trio de J.S. Bach, qui porte aussi le titre Sopr’ il soggetto reale (« sur le sujet royal »). Bach y explore toutes les facettes du thème, en adoptant différentes techniques musicales pour chaque mouvement, jusqu’à le rendre presque méconnaissable au dernier mouvement.

Sophie Gent et Bertrand Cuiller
Les trois musiciens ont commenté ou présenté tel élément du programme. Bertrand Cuiller a expliqué la raison de ses interventions pour accorder le clavecin : la différence entre la rude chaleur de la journée et la fraîcheur de la chapelle Saint-Charles.
Il était possible d’écouter en toute candeur ce récital ; les auditeurs pouvaient aussi choisir d’aller plus loin, par exemple en le faisant suivre d’une écoute détaillée d’enregistrements. Comme pour La Recherche de Proust, qui peut être lu et relu sans que jamais ses subtilités soient épuisées.
Enfin, l’accord entre la musique des Bach et le cadre embelli de la chapelle Saint-Charles a été parfait.