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Piazzolla en visite surprise à la Cité

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L'art des cordistes

Les Solistres autour de Xavier Phillips, violoncelle

Le soir de la fête pour marquer les dix ans de la Cité de la musique de Soissons, des bons à échanger contre des billets avaient été distribués – dans des pochettes noires, comme les verres à champagne, noirs pour l’occasion. Ils étaient pour un concert des Lausanne Soloists, un ensemble de cordistes, actuels et anciens étudiants de la Haute École de Musique de Lausanne. Un rajout au programme de la saison.

Les Lausanne Soloists allaient jouer du Tchaïkovski et du Piazzolla. Comme l’événement n’avait pas été programmé dans la saison culturelle, seuls ceux qui étaient allés en ligne savaient ce qu’ils écouteraient ; d’autres le demandaient à la sortie.

La Sérénade pour cordes est connue presque exclusivement par sa valse, grisante pour les pro-Tchaïkovski, sirupeuse pour les antis. Combien d’auditeurs ont découvert à cette occasion qu’elle fait partie d’une suite à quatre mouvements, dont le troisième, le plus développé, est le cœur de l’œuvre ?

Xavier Phillips sur son viioloncelle-bandonéon

Treize jeunes musiciens, regroupés autour de Xavier Phillips, violoncelliste et directeur de l’ensemble, ont joué sans chef en face et debout, sauf pour les trois violoncellistes et le contrebassiste,. Par choix commun ou par consigne, tous étaient en noir et, à part le chef et un altiste, tous portaient des baskets blancs. Un accord, ou le hasard ? De toute façon un signe de jeunesse.

Le Concerto Aconagua de Piazzolla, du nom de la plus haute montagne de l’Amérique du Sud, est une de ses nombreuses compositions pour le bandonéon, instrument qu’il aimait pour le son, réputé plus mélancolique que celui de l’accordéon, et par là adapté au tango.

Mais l’ensemble de cordes allait jouer une adaptation par le compositeur Philippe Calmel, dans laquelle le bandonéon est remplacé par le violoncelle. Un changement a priori surprenant mais qui, en changeant la sonorité, jette un nouvel éclairage sur la partition. Xavier Philippe a été le soliste.

Comme dans d’autres œuvres de Piazzolla, la partition se partage entre passages frénétiques et d’autres plus lents, plus émouvants. Les musiciens n’ont pas eu de mal à gérer ces changements de rythme, d’humeur. Le soliste a obtenu au violoncelle les vagues à l’âme que Piazzolla produisait avec tant de conviction de son bandonéon.

Un beau concert, entre la Russie du 19e et l’Argentine du 20e. Mais pourquoi ce soudain rajout à la saison ? La raison tient à un des atouts de la CMD : son acoustique exceptionnelle, dont la réputation s’est faite plutôt de bouche à oreille est de plus en plus appréciée, et les Soloists sont venus enregistrer Aconagua. Trois jours de travail, selon Joachim Birman, violoncelliste aussi, ancien étudiant à Lausanne devenu professionnel. Prises, reprises, retouches, il faut du temps pour graver un album.

Le travail fait, le concert donné, retournent-ils à Lausanne ? « Pas encore » explique Joachim. « Nous partons pour Grenoble demain matin à 5 heures. »

Le lendemain soir ils donneront le même programme au festival Stravinsky de Voreppe.

Un commentaire, une question ? denis.mahaffey@levase.fr

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