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Le Vase des Arts

Un concert qui finit par une fête

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L'art de la jeunesse musicale

Les cuivres jouent Benjamin Britten.

L’Ensemble de l’ESMD (Ecole Supérieure Musique et Danse de Lille) était déjà venu à la Cité de la Musique en 2024, en laissant une forte impression de jeunesse et de diligence. Il est revenu, toujours sous la direction de Arie van Beek. Ce chef néerlandais a commenté chaque étape d’un programme d’oeuvres peu connues du siècle dernier, avec beaucoup d’aisance et humour. Son affection pour ses musiciens était évidente. Au lieu de quitter le plateau à la fin de chaque morceau, il s’est simplement mis sur le côté, en regardant ses musiciens avec une grande bienveillance.

Le concert a commencé dans un grand sérieux avec la Sinfonietta du compositeur anglais Benjamin Britten. Son opus 1, écrit à dix-huit ans en 1932 pour cinq cordistes et cinq ventistes, fait penser à Schönberg, avec toutes les dissonances et arythmies de l’époque. Une entrée en matière appliquée.

L’ambiance de sérieux s’est détendue avec l’arrivée sur scène d’une dizaine de cuivres, de la trompette au tuba, restés debout pour Russian funeral, aussi de Britten, d’un style plus conforme au style de sa maturité. Les cuivres ont vite fait de dynamiser la salle.

L’Ensemble, avec sa quarantaine d’instrumentistes en tout, était presque au complet pour la Suite symphonique Paris 1930 de Jacques Ibert, six tableaux pour traduire la ville en musique fortement teintée de jazz, et se terminant par une Parade foraine vigoureuse qui a déclenché des applaudissements, preuve que le public était acquis.

Après Les Amants Magnifiques de Lully, transcrit  pour orchestre par André Jolivet en élargissant le style ordonné du Baroque pour y intégrer ses avancées modernes, le concert a pris fin avec le Scherzo à la russe de Stravinsky, qui dure seulement quatre minutes. Mais Arie van Beek en a fait une fête pour musiciens et auditeurs, en le répétant plusieurs fois, avec la participation du public pour chanter, chantonner ou murmurer le thème principal. Il a profité pour faire jouer un représentant de chaque pupitre en solo, puis a convoqué tous les instrumentistes qui n’avaient pas participé au Scherzo. Enfin il a interpellé le public : « un musicien, s’il vous plaît ! » Il montré au  jeune homme à l’air un peu intimidé, mais qui s’est porté volontaire, comment battre la mesure avec une main, comme si elle faisait balancer un hamac. Deux, trois battements, et le chef d’orchestre s’est  retiré, laissant son replacement en charge.

Les membres de l’Ensemble qui ne jouaient pas, mais saisissant l’ambiance entre réjouissance et gentil défi, se sont mis à danser une conga qui a serpenté jusqu’à quitter le plateau et commencer à monter dans l’auditorium.

C’était déjà dit dans le titre de ce compte-rendu : le concert de l’Ensemble ESMD de Lille a fini dans la fête.

Un commentaire, une question : denis.mahaffey@levase.fr

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