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Le Vase des Arts

Une classe de 5e met ses poèmes en musique

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L'art de chanter sur scène

Les élèves poètes-chanteurs de 5e du collège Gérard Philipe

La Cité éducative, pour laquelle la Ville de Soissons a obtenu la labellisation, vise à favoriser la réussite éducative des enfants et des jeunes des quartiers prioritaires. Elle a financé un projet pour une classe de 5e du collège Gérard-Philipe.

Poétique Ensemble, imaginé par Mona El Yafi de Diptyque Théâtre, en résidence au Mail, comprend des ateliers d’écriture de poésie animés par Emmanuelle Destrumeau, autrice, scénariste et compositrice-chanteuse.

La professeure de français de la classe de 5E et ses 22 élèves, Myriam Boulehrcha, a participé au déroulement du projet – et a même écrit et composé secrètement une chanson sur la vie des élèves, révélée au spectacle de restitution. Le professeur de musique de la classe et la documentaliste du collège sont intervenus aussi, car la tâche dépassait les limites des ateliers.

En 7 séances de travail avec l’animatrice, entre décembre et mars, les élèves se sont appliqués, d’abord à écrire chacun un poème ; ensuite, à l’aide de deux musiciens, Thomas Dodji Kpade et Christophe Rodomisto, à imaginer une mélodie et la chanter ; puis apprendre leur poème par cœur pour pouvoir le chanter en public ; reconnaître les poèmes des autres ; et enfin s’entraîner à se produire devant le public.

Emmanuelle Destrumeau a proposé que chaque poème soit en forme d’une « lettre qu’on a toujours voulu écrire mais jamais écrite, une lettre à quelqu’un qu’on aime ou à quelque chose, une lettre de colère ou de gratitude. »

Hidaya entre deux camarades de classe chante pour sa mère.

Ces lettres-poèmes ont mêlé le français à la langue maternelle de l’élève. Plusieurs avaient du mal à dépasser le veto tacite qui s’exerce à ce sujet – une langue à la maison, le français à l’école. Ils l’ont vaincu.

Emmanuelle Destrumeau s’avoue avoir « été bouleversée par la maturité et la vivacité d’esprit de ces élèves qui ont tous des parcours de vie de migration très différents, pratiquent des langues maternelles différentes – au moins une quinzaine dans cette classe ! – et se respectent les uns les autres. Pour les uns cela a été l’occasion de poser des questions à leurs parents sur leur village natal et de partager des souvenirs, pour les autres à leurs grand-parents disparus, pour d’autres encore d’écrire à Elon Musk, par exemple, et de faire des recherches sur Internet pour être bien documentés. »

Le jour du spectacle est arrivé. L’ambiance dans l’amphithéâtre rénové du Mail était agitée. Plusieurs élèves étaient habillés dans les vêtements correspondant à leur héritage, tous étaient entre excitation et appréhension, jusqu’au moment du lancement.

L’aspect le plus spectaculaire, et émouvant, a été le recours à tant de langues différentes. Soudain, la barrière entre foyer et école disparaissait. Pour des enfants souvent en difficulté, la victoire a été éclatante : l’Ecole française accueillait les langues du monde. « On célébrait ce qui était en eux » a conclu Myriam Boulehrcha, elle-même d’héritage marocain.

La mère d’Hidaya, dans la salle, a été invitée à se mettre au premier rang. Sa fille lui a chanté « Avec toi la vie est une fête ». Soudain, le théâtre a rencontré la vraie vie !

Une question, un commentaire ? denis.mahaffey@levase.fr

[Cet article paraît dans Le Vase Communnicant n°407.]

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